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	<title>Tais-Toi Donc ! &#187; Célia</title>
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	<description>Le Blog de Shotaro</description>
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		<title>Chapitre VII.2</title>
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		<pubDate>Fri, 19 Mar 2010 06:02:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Shotaro</dc:creator>
				<category><![CDATA[Célia]]></category>
		<category><![CDATA[Romans]]></category>
		<category><![CDATA[Etienne]]></category>
		<category><![CDATA[journalistes]]></category>
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		<description><![CDATA[_ Comment ça un couple ? S&#8217;insurgea Cameron. Etienne rit intérieurement, la jeune femme si sérieuse à la télévision et dans son travail était tellement transparente quand il s&#8217;agissait de sentiments et particulièrement les siens. Il décida d&#8217;en rajouter une couche. _ Eh bien vous êtes bien un couple, n&#8217;est-ce pas ? _ Mais pas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } --><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Comment ça un couple ? S&#8217;insurgea Cameron.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Etienne rit intérieurement, la jeune femme si sérieuse à la télévision et dans son travail était tellement transparente quand il s&#8217;agissait de sentiments et particulièrement les siens. Il décida d&#8217;en rajouter une couche.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Eh bien vous êtes bien un couple, n&#8217;est-ce pas ?</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Mais pas du tout ! Je pensais que vous l&#8217;aviez compris, Etienne, enfin !</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Laissez-moi finir, voyons ! Un couple dans le travail, vous la journaliste et vous, David, son technicien, bref ! Un couple. Ou alors peut-être préférez-vous le terme de binôme, Cameron ? Répondit Etienne l&#8217;oeil malicieux.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Cameron croisa les bras nerveusement en faisant la moue ; Elle s&#8217;était faite avoir encore une fois par ce vieux grigou ! David lui, avait le sourire aux lèvres et secouait la tête, impressionné de la manière dont Etienne réussissait à manipuler Cameron qui n&#8217;était pourtant pas née de la dernière pluie et savait normalement déjouer avec maestria ce genre de piège quand elle se trouvait face à un homme politique.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Que diriez-vous de passer à table, les enfants ? Déclara Etienne.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ On vous suit, Etienne, s&#8217;enthousiasma David</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Mais c&#8217;est incroyable ! Toi dès qu&#8217;il s&#8217;agit de bouffe, t&#8217;es intenable, je ne comprends pas comment tu ne grossis pas ! S&#8217;écria Cameron.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Ah ! Pour ça ! J&#8217;ai toujours été chanceux, je peux manger tout ce que je veux et je ne prends pas un gramme, ma chère !</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Bah ! C&#8217;est dégueulasse !</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Les deux hommes éclatèrent de rire face à la réaction typiquement féminine de la jeune femme. Ils allèrent s&#8217;installer à la table et Etienne après avoir bataillé avec Cameron pour que celle-ci accepte d&#8217;aller s&#8217;asseoir sans apporter son aide, passa en cuisine et ramena des plateaux chargés de canapés frais. Ce soir le repas serait un apéritif dînatoire, Etienne avait préparé tout ça le matin afin que cela se rafraîchisse suffisamment dans le réfrigérateur tout au long de la journée.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Je me pose une question d&#8217;ordre pratique, Etienne, demanda David.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Je vous écoute, mon cher.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Nous sommes au milieu de nulle part, en plein désert, Negra Agua tient plus du village qu&#8217;autre chose, comment vous approvisionnez-vous pour nous servir de tels repas princiers ?</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_C&#8217;est une bonne question, ça, David, tu pourrais être un journaliste, finalement, se moqua Cameron.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Eh bien, je me fournis beaucoup dans mon jardin, à l&#8217;arrière de la maison, fit Etienne.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Je n&#8217;accepte pas cette réponse, déclara le caméraman avec un sourire, car dans ce cas là, une autre question me vient à l&#8217;esprit en prise directe avec la première, où trouvez-vous l&#8217;eau pour faire pousser vos légumes ? Sans compter que je ne connais pas d&#8217;arbre faisant pousser des bouteilles de whisky&#8230;</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Ahahah ! Vous êtes redoutable, jeune homme ! S&#8217;esclaffa le vieux libraire.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Cameron regardait son camarade, elle était réellement impressionnée, il cachait bien son jeu. Dans le milieu des médias télévisés, c&#8217;était en tout cas celui qu&#8217;elle connaissait le mieux, les techniciens étaient rarement reconnus à leur juste valeur par les journalistes. Ils étaient peu considérés, juste bons à tenir une perche pour le son ou une camera pour l&#8217;image. De plus, les journalistes avaient souvent un égo surdimensionné, eux étant les stars et les techniciens  les sous-fifres qu&#8217;ils devaient supporter s&#8217;ils voulaient être filmés. Cameron pour sa part avait toujours été très respectueuse envers ses techniciens, elle essayait toujours d&#8217;installer une bonne ambiance dans l&#8217;équipe afin qu&#8217;il n&#8217;y ait pas de conflit permanent et que le travail soit bien fait. Elle travaillait avec David depuis un peu plus d&#8217;un an et elle s&#8217;était tout de suite bien entendue avec lui. Il faut dire que David avait un bon caractère, il était toujours d&#8217;humeur égale, jamais un mot plus haut que l&#8217;autre, il connaissait parfaitement son métier et savait se faire discret pour palier aux problèmes qui pouvaient survenir pendant un direct sur le terrain. Bref ! Il était, tout comme elle, totalement investit dans la réalisation d&#8217;un bon reportage, elle pour la ligne éditoriale, lui pour tout l&#8217;aspect technique. Ils formaient une bonne équipe professionnelle. Elle se rendait compte aujourd&#8217;hui qu&#8217;au-delà de son savoir faire technique, David avait aussi une fibre journalistique et une capacité d&#8217;analyse intéressante et la question qu&#8217;il venait de poser à Etienne en était un exemple flagrant. Pourtant elle était persuadée qu&#8217;il préférait s&#8217;occuper de ses caméras et micros plutôt que d&#8217;embrasser une carrière de journaliste, en étant technicien de terrain, il jouait sur les deux tableaux, il tripotait ses gadgets électroniques et il vivait les reportages par procuration auprès du journaliste qu&#8217;il assistait. Maintenant qu&#8217;elle y pensait, avec son air de ne pas y toucher, il avait déjà suggéré de bons angles d&#8217;attaque sur les sujets qu&#8217;ils avaient réalisé ensemble. Il avait suffisamment de psychologie pour ne jamais imposer son choix, il proposait ceci ou cela mais laissait l&#8217;entière décision finale à Cameron. Après tout, lui n&#8217;était pas dans la lumière et s&#8217;il se plantait, ça n&#8217;aurait aucune incidence pour son image. Il en était tout autrement pour Cameron, elle était en première ligne et même si elle avait toute latitude pour la ligne éditoriale des sujets qu&#8217;elle faisait, le point de vue extérieur de David lui était important, il avait le recul suffisant pour suggérer sa vision des choses de manière objective et son regard était d’autant plus important qu’il connaissait le milieu du journalisme puisqu’il y  trainait ses guêtres depuis plus de dix ans. Cameron posa les coudes sur la table et le menton sur ses doigts croisés en regardant Etienne avec un sourire. Le vieil homme observa tour à tour la journaliste et le technicien puis déclara avec un sourire :</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Oh ! Mais je vois ! Je vois ! C’est un complot !</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Les jeunes gens ne bronchèrent pas et restèrent à regarder Etienne, un sourire imprimé sur leur visage, David avait d’ailleurs pris la même position que Cameron.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Haha ! Vous êtes impayables vous deux, vous allez bien ensemble, tiens ! Quelle fine équipe ! Eh bien je vais vous répondre, vous avez gagné ! </span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Le vieil homme remonta la manche de chemise sur son bras droit et le présenta sous le nez des deux jeunes gens. Ils découvrirent un petit tatouage circulaire dans lequel étaient inscrits des signes en spirale.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Un Signe ! s’écria Cameron.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Eh oui, un Signe ! Un cadeau de ma fille pour je cite « que tu ne manques de rien, Papa ».</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Ca fonctionne comment ? demanda Cameron toute excitée. David lui restait bouche bée devant le bras du vieux libraire, c’était la première fois qu’il voyait un signe transféré sur un hôte à la base non Magicien.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Eh bien… Célia m’a appris à me concentrer pour activer ce sceau, il crée une copie de lui-même au sol ensuite, je me positionne au milieu, je n’ai plus qu’à énoncer ce que je souhaite et cela apparait.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ C’est… c’est tout ? Lâcha Cameron un peu dépitée.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Eh bien oui ma chère ! C’est Célia la Magicienne, pas moi ! Mais vous verrez dans mes prochains récits que ce petit Signe sur mon bras n’est qu&#8217;une broutille par rapport aux pouvoirs qu’elle a déjà pu me donner que je sois consentant ou pas.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Vous me mettez l’eau à la bouche, Etienne s’exclama David.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Mais dites-moi les enfants, que diriez vous si nous y retournions ? C’est dingue ça ! C’est moi qui dois vous rappeler le planning ! Plaisanta Etienne.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Vous avez parfaitement raison, Etienne ! David ! A tes micros ! Etienne sur votre fauteuil ! Et moi… Eh bien, moi dans mon fauteuil aussi ! Allé hop ! dit Cameron en se levant et en mettant les verres du repas dans les plateaux ayant contenu les petits canapés avant qu’Etienne n’ait pu esquisser un geste. Les deux hommes se regardèrent et se levèrent de concert pour rejoindre leur place assignée, inutile de contredire la demoiselle.</span></p>
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		<title>Chapitre VII.1</title>
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		<pubDate>Sat, 13 Mar 2010 06:00:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Shotaro</dc:creator>
				<category><![CDATA[Célia]]></category>
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		<description><![CDATA[_ Bien ! On va s&#8217;arrêter là, il est déjà tard, qu&#8217;en pensez-vous Étienne ? _ Oui, bonne idée ! Passons à l&#8217;apéritif ! Répondit Étienne en frappant dans ses mains. Cameron jeta un œil à David, celui-ci n&#8217;avait pas bougé, il restait bouche-bée à observer Étienne qui se dirigeait vers la cuisine dans le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } --><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Bien ! On va s&#8217;arrêter là, il est déjà tard, qu&#8217;en pensez-vous Étienne ?</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Oui, bonne idée ! Passons à l&#8217;apéritif ! Répondit Étienne en frappant dans ses mains.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Cameron jeta un œil à David, celui-ci n&#8217;avait pas bougé, il restait bouche-bée à observer Étienne qui se dirigeait vers la cuisine dans le but de sortir des verres pour servir ses invités.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Oh ! David ! Tu rêves ? Fit la jeune femme en faisant un signe de la main devant les yeux du technicien.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Nan&#8230; Je suis soufflé, on n&#8217;est même pas encore dans le cœur de l&#8217;action et il y a déjà tout pour faire une super histoire, tu penses qu&#8217;il était déjà conscient à l&#8217;époque qu&#8217;il allait vivre un truc hors normes ?</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ C&#8217;est un homme intelligent, même s&#8217;il ne mesurait peut-être pas l&#8217;ampleur de ce qui lui arriverait, il devait bien se douter que de vouloir adopter une gamine capable de choses aussi extraordinaires ne lui donnerait pas l&#8217;occasion d&#8217;avoir une vie pépère. En même temps, rappelle-toi qu&#8217;il n&#8217;y a que deux jours que le phénomène des Magiciens est apparu, il ne doit pas avoir conscience de ce que ça allait impliquer comme changements au niveau de la société française d&#8217;une part mais de la planète entière d&#8217;autre part.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Ouais&#8230; C&#8217;est vrai que de notre point de vue, soixante ans plus tard on a suffisamment de recul pour comprendre combien cette rencontre et ces évènements sont extraordinaires, alors qu&#8217;à l&#8217;époque il était la tête dans le guidon, totalement noyé dans la situation&#8230; Je trouve ça hallucinant quand même, quelle vie ! Je ne sais pas si t&#8217;es comme moi, car après tout, t&#8217;as préparé cette interview comme une malade, mais moi j&#8217;ai déjà appris pleins de trucs que je ne savais pas et pourtant j&#8217;ai lu pas mal de bouquins sur leur histoire.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Ouaip ! C&#8217;est pour ça que tu devrais être fier de travailler avec une femme qui a eu cette brillante idée de venir à la rencontre du protagoniste principal de tout ça, fit la jeune femme en bombant fièrement le torse.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Tout à fait Mademoiselle La Reporter, je mesure ma chance à chaque seconde, répondit David en mimant une révérence.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Les jeunes gens éclatèrent de rire ensemble au moment ou Étienne revenait vers eux avec bouteilles et verres disposés sur un plateau.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Eh bien dites-moi ! On s&#8217;amuse ici !</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Oh ! Pardonnez-moi, Étienne, je vous laisse tout faire, j&#8217;aurais dû vous aider, s&#8217;excusa Cameron</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Allons ! Cameron ! Je ne suis pas impotent, vous savez, fit Étienne affichant un air faussement blessé.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">La jeune femme ne saisit pas la plaisanterie du vieil homme et se confondit en excuses, Étienne regarda David qui leva les yeux au ciel sous-entendant qu&#8217;elle était comme ça, assez naïve au final et les deux hommes se mirent à rire. Cameron comprit qu&#8217;elle avait mal interprété la moue d&#8217;Étienne et donna un coup de poing dans l&#8217;épaule de David. Celui-ci protesta pour la forme et Cameron lui expliqua qu&#8217;elle ne pouvait pas faire de même à Étienne même si l&#8217;envie la tenaillait, donc c&#8217;est lui qui prendrait pour deux pour la peine. Ils se mirent tous à rire de bon cœur et entamèrent l&#8217;apéritif qu&#8217;avait ramené Étienne. Le vieux bonhomme avait chargé son plateau de trois whiskies et d&#8217;un bol d&#8217;olives noires cultivées et marinées par ses soins, il était amusé que cette petite jeune femme sirote des whiskies comme lui. Sans avoir de pensées machistes, le whisky était plutôt considéré comme une boisson consommée très majoritairement par des hommes, les femmes préférant souvent les alcools plus doux, plus sucrés, cela amusait Étienne, même mieux, ça l&#8217;intéressait beaucoup. Il était intrigué par cette jeune femme, il se demandait d&#8217;ailleurs, au-delà du fait qu&#8217;elle fut une Magicienne, pourquoi il avait accepté qu&#8217;elle l&#8217;interviewe, ils étaient des centaines, voire peut-être un millier à convoiter ce genre de rendez-vous, il avait toujours refusé. Les raisons de ce refus systématique étaient multiples, il n&#8217;appréciait pas les engagements passés envers les Magiciens du groupe média de tels journalistes, le fait qu&#8217;il n&#8217;aimait pas, simplement, la manière dont tel ou telle journaliste traitait habituellement l&#8217;information, beaucoup trop orientée, déformée, arrangée, ou bien encore les axes de traitement des reportages proposés ne le satisfaisait pas, trop étriqués, trop dirigés sans parler qu&#8217;il n&#8217;aurait aucun droit de regard sur la ligne éditoriale proposée. Étienne  n&#8217;avait rien d&#8217;un vieux buté mais il estimait avoir un droit de regard sur son histoire et celle de Célia, quand il s&#8217;agissait d&#8217;information il n&#8217;avait pas grand pouvoir sur les sujets dispensés, vrais ou faux, aujourd&#8217;hui que la fièvre médiatique sur le père et la fille était retombé, il considérait avoir toute latitude mais qui plus est, le droit, de contrôler leur image, ils ne font plus aujourd&#8217;hui la une des journaux. Étienne pensait à tout cela en dégustant son Jack Daniels et en observant les deux jeunes gens qui se chamaillaient comme des lycéens sur l&#8217;image que donnait  d&#8217;elle Cameron à la télévision. C&#8217;est vrai qu&#8217;elle avait une image télévisée très sérieuse la jeune et fougueuse reporter ! David la charriait en lui demandant comment elle faisait pour avoir l&#8217;air de toujours avoir un balai bien placé quand elle était sur un plateau et Cameron s&#8217;offusquait, bien trop d&#8217;ailleurs, en frappant rageusement l&#8217;épaule du caméraman. Maintenant qu&#8217;il y avait pensé, Étienne était vraiment intrigué sur les raisons qui l&#8217;avaient amenées à accepter la demande de Cameron Hattaway. Bien sûr son intégrité journalistique brillamment mise en avant deux ans plus tôt n&#8217;était pas étrangère à la chose et c&#8217;est même ce qu&#8217;il lui avait dit ce matin quand elle lui avait posé la question, mais il n&#8217;y avait pas que ça, Cameron lui rappelait quelqu&#8217;un, il ne savait pas encore qui exactement, il y avait quelque chose chez la jeune femme qui lui plaisait beaucoup et pour couronner le tout c&#8217;était une Magicienne ! Ca, il ne l&#8217;avait appris que quand il l&#8217;avait rencontrée physiquement deux jours plus tôt. Les Magiciens quand on y prêtait suffisamment attention dégageaient une sorte de tension électrique autour d&#8217;eux que l&#8217;on pouvait ressentir, même quand on en était pas un. Etienne s&#8217;en était rendu compte avec Célia assez tôt et après avoir vécu tant d&#8217;années à ses côtés il pouvait dire immédiatement si la personne qu&#8217;il avait en face de lui était un Magicien ou pas.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Vous êtes bien silencieux, Etienne, fit Cameron.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Vous êtes injuste jeune fille ! Cela fait deux jours que je vous parle toute la journée, répondit-il avec l&#8217;oeil qui frise. Cameron sourit et porta son verre aux lèvres.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Vous savez aussi observer, Monsieur, glissa David.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Vous trouvez, David ?</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Oui, cet après-midi, j&#8217;ai été fasciné par votre récit, vous êtes un conteur fabuleux, nous avions prévu de mettre beaucoup d&#8217;image d&#8217;archives au sein du reportage afin d&#8217;illustrer vos propos mais je pense que nous en mettrons moins, vos mots seuls sont déjà si forts, vos souvenirs si vif soixante ans après ! N&#8217;est-ce-pas, Cammy ?</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Oui ! Je suis d&#8217;accord, on est totalement embarqué par votre histoire, vous êtes ce qu&#8217;on appelle dans notre milieu un bon client, au meilleur sens du terme s&#8217;entend !</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Eh bien ! Mes amis j&#8217;en suis fort content et je suis ravi que vous pensiez toutes ces jolies choses de moi. A ma décharge, la rencontre avec Célia doit être le souvenir le plus fort de toute mon existence et pourtant j&#8217;en ai vécu des expériences extraordinaires mais&#8230; Cette petite fille, toute jolie, toute gentille, rejetée par tout le monde m&#8217;a totalement envoûté et pas de Magie là-dedans, ce fut une Rencontre avec un grand R.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ C&#8217;est vrai qu&#8217;elle aurait pu mal tourner avec ce qu&#8217;elle a subi et je pense que ça aurait été le cas si vous ne l&#8217;aviez pas rencontrée, constata Cameron.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Malheureusement, en France comme aux États-Unis, les orphelins placés dans les foyers des services sociaux tournent souvent mal, remarqua David, pas tous, heureusement ! Mais disons qu&#8217;ils ont plus de propension à tomber dans la délinquance parce que moins encadrés, souvent moins d&#8217;amour de la part de leurs parents adoptifs, des difficultés à s&#8217;intégrer dans la société&#8230; Bref ! C&#8217;est plus difficile pour eux généralement&#8230;</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Vous avez l&#8217;air d&#8217;en connaître un bon bout sur ce sujet, David, s&#8217;étonna Etienne.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Oh ! Il y a quelques années nous avions fait un sujet sur ce thème quand je travaillais dans une boîte de production documentaire. Nous avions interrogé beaucoup de gamins et gamines dans cette situation et même si je ne participais pas à la ligne éditoriale du documentaire, c&#8217;était ce qui m&#8217;était apparu, simplement.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Tout comme votre collègue, vous êtes plein de surprises, mon ami, constata le vieil homme, vous êtes un couple bien singulier en fait !</span></p>
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		<title>Chapitre VI.2</title>
		<link>http://www.taistoidonc.fr/2010/03/07/chapitre-vi-2/</link>
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		<pubDate>Sun, 07 Mar 2010 08:25:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Shotaro</dc:creator>
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		<description><![CDATA[_ Célia ? Célia ?! Tenta Étienne Pas de réponse. Il avait de plus en plus de mal à avancer, les racines grossissaient à vue d&#8217;œil et recouvraient le sol, s&#8217;emmêlait autour des jambes d&#8217;Étienne et sa progression devenait problématique au fur et à mesure qu&#8217;il approchait du mur végétal bouchant le fond du couloir. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
<p>_ Célia ? Célia ?! Tenta Étienne</p>
<p>Pas de réponse. Il avait de plus en plus de mal à avancer, les racines grossissaient à vue d&#8217;œil et recouvraient le sol, s&#8217;emmêlait autour des jambes d&#8217;Étienne et sa progression devenait problématique au fur et à mesure qu&#8217;il approchait du mur végétal bouchant le fond du couloir. Il appelait la petite fille de plus belle alors qu&#8217;il était quasiment immobilisé prisonnier de cet amas botanique, la dame de service avait raison, c&#8217;était une véritable jungle qui s&#8217;était développée ici. Il continuait à appeler la gamine quand tout à coup la danse folle de la marée verte s&#8217;interrompit brusquement et il entendit une petite voix derrière le rideau végétal :</p>
<p>_ C&#8217;est qui ? Demanda la petite voix craintive.</p>
<p>_ Célia ? Célia c&#8217;est toi ? C&#8217;est Étienne ! Tu sais, le monsieur avec qui tu as mangé une glace hier !</p>
<p>_ Étienne ? C&#8217;est vrai, c&#8217;est toi ?</p>
<p>_ Oui, ma puce ! Qu&#8217;est-ce-qui t&#8217;arrive ?</p>
<p>_ Ils sont méchants avec moi !</p>
<p>_ Qui ça, Choupinette ?</p>
<p>_ Les autres enfants ! Ils ne font rien qu&#8217;à m&#8217;embêter et me frapper !</p>
<p>Au fur et à mesure qu&#8217;elle répondait, Étienne sentait les sanglots monter dans la voix de la petite fille. Le jeune libraire n&#8217;était pas habitué aux enfants et ne sut quoi répondre à la gamine pour la réconforter, mais ce fut elle qui reprit :</p>
<p>_ T&#8217;es encore là ?</p>
<p>_ Oui, ma puce, je suis derrière le&#8230; euh&#8230; les&#8230; Je suis derrière les plantes !</p>
<p>A cet instant, comme par magie, Étienne assista à la &#8216;dépousse&#8217; du mur végétal qui le séparait de Célia, c&#8217;était le meilleur terme qu&#8217;il avait trouvé pour qualifier le phénomène. Il avait l&#8217;impression d&#8217;assister à un film qu&#8217;on aurait lu à l&#8217;envers, les plantes reculaient, les racines s&#8217;amincissaient et disparaissaient. Il put bientôt retrouver toute sa mobilité et le rempart végétal se désagrégeait à vue d&#8217;œil La course folle qu&#8217;exécutaient les plantes quelques minutes plus tôt disparaissait aussi vite et bientôt le mur s&#8217;estompa. Étienne découvrit la petite Célia assise et adossée au mur, le front sur les genoux et la tête entourée de ses bras. Aussitôt qu&#8217;il le put, Étienne enjamba les plantes qui finissaient de se résorber et se précipita auprès de la gamine. Il s&#8217;accroupit en face d&#8217;elle et lui toucha doucement le bras. Elle ne broncha pas.</p>
<p>_ Célia ? Fit le jeune homme à voix basse. Pour toute réponse il n&#8217;eut qu&#8217;un léger grognement.</p>
<p>_ Célia, tu vas bien ?</p>
<p>_ Nan ! J&#8217;en ai marre ! Ils sont tous méchants, je les déteste ! Cria la gamine, la tête toujours enfouie dans ses genoux.</p>
<p>_ Allons&#8230; Ce n&#8217;est pas si grave, si ? Ce sont des idiots, tenta le jeune homme.</p>
<p>_ Nan ! C&#8217;est des connards ! Cria à nouveau la gamine.</p>
<p>Un tel langage dans la bouche d&#8217;une si jeune fille aurait du scandaliser le jeune homme mais il fut si surpris qu&#8217;il fut pris d&#8217;une envie irrésistible d&#8217;éclater de rire. Il fit tout pour se retenir mais il finit par pouffer et Célia releva la tête. Elle le regardait avec ses yeux bleus embués de larmes une expression mi-surprise, mi-incrédule sur le visage. Ce drôle d&#8217;air qu&#8217;elle lui adressait finit d&#8217;achever le jeune homme qui partit d&#8217;un grand rire. La gamine sourit d&#8217;abord et éclata de rire elle aussi, ils rirent de bon cœur ensemble pendant un bon moment. Étienne pensa que cela devait faire bien longtemps que cette petite fille n&#8217;avait pas autant ri. Après quelques minutes, ils reprirent leurs esprits et le silence retomba dans le grand couloir nettoyé de toute trace végétale hormis l&#8217;énorme ficus qui trônait dans son pot près de la fenêtre à deux mètres d&#8217;eux. Ils restèrent à se regarder l&#8217;un l&#8217;autre, quand la gamine se jeta dans les bras du jeune homme et se mit à pleurer à chaudes larmes. Elle serrait fortement le libraire et Étienne fut surpris de cette marque d&#8217;affection et réagit de manière assez pataude, il n&#8217;avait pas l&#8217;habitude. Il la lova doucement contre lui, elle avait un gros chagrin à épancher qui devait certainement l&#8217;oppresser depuis longtemps, la détresse de cette pauvre gamine serra le cœur du jeune homme, il savait ce qu&#8217;elle avait endurer en perdant ses parents et il n&#8217;y avait eu personne pour la consoler, aujourd&#8217;hui elle craquait. Cette gamine avait un effet bénéfique sur Étienne, peut-être était-ce ce lien ténu qui les rapprochait, ils étaient orphelins tous les deux. Ils restèrent là, simplement, se dispensant de la tendresse, seuls au monde.</p>
<p>Seuls au monde ils n&#8217;allaient pas le rester longtemps, les pompiers étaient arrivés dans la rue, on entendait maintenant distinctement les deux tons de leur sirène qui résonnaient jusque dans le couloir où ils se trouvaient. Étienne repoussa doucement la gamine et la regarda bien en face en baissant légèrement la tête.</p>
<p>_ Dis, Petite Miss, on va devoir sortir, hein ? Fit Étienne</p>
<p>Célia secoua amplement la tête négativement en faisant faire de grandes valses à ses boucles blondes et son visage se renfrogna.</p>
<p>_ Non&#8230; J&#8217;ai peur&#8230; Articula-t-elle d&#8217;une voix à peine audible.</p>
<p>_ Bah tu as peur de quoi ? Demanda Étienne sur un ton exagérément étonné.</p>
<p>_ Oh ! Dis ! T’es bête toi hein ! Ils m’aiment pas parce que je fais pousser les plantes… En plus t’as vu ? J’y arrive même quand je dors pas maintenant ! Étienne remarqua qu&#8217;elle avait comme de la fierté dans la voix en lui confiant ça.</p>
<p>_ Tu sais, les gens ont peur de ce qu’ils ne comprennent pas et quand ils ont peur, ils ont tendance à être méchants… Répondit Étienne un peu embêté, car après tout il ne comprenait pas grand chose à ce qui se passait lui non plus. Célia dut le sentir car elle lui assena :</p>
<p>_ Ban t&#8217;as pas peur de moi, toi, si ?</p>
<p>_ Non ma puce, je n’ai pas peur de toi, t’es trop mignonne pour que j’aie peur, lui répondit-il avec un grand sourire.</p>
<p>On entendait clairement les conversations des pompiers dans le hall maintenant, ils étaient entrain d&#8217;investir le bâtiment. Étienne attrapa la petite et la prit dans ses bras. Ensemble ils entreprirent de redescendre et si possible de quitter l&#8217;immeuble sans encombres. Étienne ne savait pas si la structure ancienne de ce vieil immeuble en pierre de taille avait bien supporté la farandole végétale qu&#8217;avait provoqué la gamine. De la poussière de plâtre continuait à tomber çà et là du plafond. Quand ils arrivèrent sur le palier du premier étage ils croisèrent deux pompiers qui gravissaient les escaliers à pas de loup, vraisemblablement sur leur garde. Pour se donner une contenance pendant qu&#8217;il les dépassait, Étienne leur expliqua que ce qu&#8217;ils cherchaient se trouvait au second étage. Il ne s&#8217;arrêta pas pour leur parler, il fit même tout ce qu&#8217;il put pour ne pas ralentir sa progression et les deux secouristes les regardèrent descendre l&#8217;escalier, hébétés. Étienne, la petite toujours dans les bras, déboucha dans le hall du foyer qu&#8217;il avait traversé un peu plus tôt et qui était bien plus animé. Il y avait là trois pompiers entrain d&#8217;installer différents appareillages qui, pensa le libraire, devaient certainement les aider à donner les premiers secours pour d&#8217;éventuels blessés. Il passa sans même leur jeter un regard, ouvrit la porte d&#8217;entrée bien vite et se retrouva enfin à l&#8217;extérieur du bâtiment. Étienne se dirigea vers les dames de service qui attendaient le feu vert des secouristes pour réintégrer leur foyer mais il perçut comme une vague d&#8217;effroi et un recul de leur part quand il s&#8217;approcha. Il pensait qu&#8217;elles seraient heureuses de retrouver une de leurs petites protégées saine et sauve mais ce n&#8217;était visiblement pas le cas, au contraire même, Étienne aurait tenu une bombe dans ses bras en lieu et place de la petite fille qu&#8217;il n&#8217;aurait pas fait meilleur effet. Une rumeur enfla au milieu du personnel du foyer et bientôt une bonne femme d&#8217;origine antillaise s&#8217;avança vers le jeune libraire et lui déclara d&#8217;une voix légèrement éraillée :</p>
<p>_ Cette enfant est l’œuvre du malin, elle n’est pas normale, saccager notre établissement de la sorte avec ses… Ses… Ses tours de magie ! N’approchez pas de nous avec ce démon ! Allez vous-en !</p>
<p>_ Mais je… C’est-à-dire, elle vous a été confiée, je ne peux pas l’emmener comme ça et…</p>
<p>_ Allez-vous-en je vous dis !</p>
<p>Toute l’équipe des femmes de service s’avança vers eux d’une manière plutôt menaçante. Célia qui avait la tête enfouie dans le cou du jeune homme pendant tout ce temps la releva et dirigea un regard sévère en direction de ces dames. Elle les stoppa net, et pas de magie derrière ça, elle leur faisait vraiment peur. Étienne fouilla la poche arrière de son pantalon de sa main libre dans le but de trouver une carte de visite professionnelle de sa librairie et la tendit à la dame qui s&#8217;était adressée à lui.</p>
<p>_ Tenez, donnez ceci aux forces de l&#8217;ordre afin qu&#8217;ils sachent où trouver la petite, il y a mon téléphone portable personnel dessus, je ne voudrais pas être accusé d&#8217;enlèvement parce qu&#8217;une bande de froussardes refuse de prendre en charge une gamine qui leur a été confiée&#8230;</p>
<p>La dame attrapa la carte du bout des doigts en fixant sévèrement Étienne et recula bien vite pour retrouver ses collègues. Le libraire tourna les talons et quitta les employées du foyer atterré par un tel comportement, encore une fois de la part de personnes qui, selon lui, devraient déborder de compassion et d&#8217;amour du fait même du métier qu&#8217;elles exerçaient. Quand il arriva dans une rue plus passante il entreprit de héler un taxi afin de rentrer chez lui.</p>
<p>Et voilà ! Il se retrouvait avec une gamine sur les bras ! Étienne se dit qu&#8217;il l&#8217;avait bien cherché et même ! Il était venu la chercher ! Il rentrait chez lui en taxi avec une petite blonde de six ans qu&#8217;il avait extirpé d&#8217;un foyer ruiné par cette même gamine car elle avait fait poussé des plantes dedans ! C&#8217;était une situation surréaliste mais c&#8217;était aussi une situation dangereuse, car il n&#8217;avait aucun papier officiel lui permettant de justifier la présence de Célia à ses côtés. La priorité serait de régulariser tout ça sous peine qu&#8217;il se retrouve en cellule pour enlèvement d&#8217;enfant. Il n&#8217;avait aucune confiance dans les femmes de service pour transmettre ses coordonnées aux forces de l&#8217;ordre, peut-être le feraient-elles ? Mais peut-être aussi sa carte se trouvait-elle déjà dans le caniveau et ne serait donc jamais transmise. La circulation était infernale, beaucoup de quartiers étaient bouclés car les manifestations paranormales continuaient à apparaître sporadiquement dans tout le pays et bien sûr, également à Paris. Les quotidiens y allaient tous de leur théorie pour expliquer ces phénomènes inhabituels, des plus farfelues au plus scientifiques. Ainsi ‘La Croix’ y voyait la manifestation du retour annoncé du fils de Dieu, ‘Le Parisien’ comme à son habitude poussait plus dans la direction du sensationnalisme et dirigeait ses thèses vers le facteur humain, en parlant de  ‘Magiciens’, d’êtres humains spéciaux qui auraient développer des pouvoirs paranormaux. Par contre ils n’avaient pas d’idée (et d’ailleurs évitaient soigneusement d’aborder le sujet) pour expliquer le fait que tous ces miracles avaient débuté en même temps, la veille vers dix heures du matin.</p>
<p>Enfin arrivé chez lui en compagnie de sa jeune invitée, il lui proposa un chocolat chaud qu&#8217;elle accepta avec un plaisir non dissimulé. Il avait beau avoir passé l&#8217;âge depuis longtemps, Étienne aimait à boire régulièrement du chocolat chaud, c&#8217;était un souvenir d&#8217;un temps heureux où sa mère, quand elle pouvait se libérer de la pharmacie, lui préparait son goûter et un excellent chocolat chaud sucré et velouté. Laissant la petite Célia déguster sa boisson, il appela le commissariat afin de se mettre en conformité avec la loi et expliquer sa situation. Il ré-expliqua toute l&#8217;histoire de la veille, le fonctionnaire de police à l&#8217;autre bout du fil retrouva effectivement le dossier qui fut monté à ce moment dans la base de données, puis Étienne raconta l&#8217;épisode d&#8217;aujourd&#8217;hui et transmis à nouveau toutes ces coordonnées à son interlocuteur. Le policier lui répondit que le dossier avait été mis à jour et que la DDASS pourrait débarquer n&#8217;importe quand chez lui afin de récupérer la petite fille. La mort dans l&#8217;âme, Étienne acquiesça et promis toute sa coopération quand le moment serait venu, il raccrocha mollement le téléphone. Célia était assise dans le fauteuil en face de lui, une jolie moustache de lait au chocolat sur sa lèvre supérieure et le fixait de cette manière si particulière qui mettait le libraire mal à l&#8217;aise. Elle resta ainsi un bon moment et Étienne n&#8217;osait pas entamer la conversation, il allait devoir lui expliquer qu&#8217;elle devrait retourner en foyer au milieu des &#8216;connards&#8217;, ça ne lui plairait pas. Et ça ne plaisait pas non plus au jeune homme, il s&#8217;y était attaché à cette jolie petite blonde. Une idée qu&#8217;il pensa d&#8217;abord saugrenue germa dans ses pensées, et si il l&#8217;adoptait ? Après tout, elle avait peu de chance de trouver à nouveau une famille d&#8217;accueil, son nom serait black-listé dans les dossier de la DDASS, répertoriée comme anormale, capable de faire de drôle de choses et peu de familles seraient prêtes à accueillir une petite fille comme ça. En revanche, lui, ça ne lui posait pas de problème même si il n&#8217;avait à ce moment aucune idée de la portée que pourrait prendre cette décision. Il avait une carte à jouer dans sa manche&#8230;</p>
</div>
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		<title>Chapitre IV.2</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Feb 2010 09:00:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Shotaro</dc:creator>
				<category><![CDATA[Célia]]></category>
		<category><![CDATA[Romans]]></category>
		<category><![CDATA[Etienne]]></category>
		<category><![CDATA[magicien]]></category>
		<category><![CDATA[magie]]></category>

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		<description><![CDATA[_Après ce reportage, voyons la situation internationale, car ces phénomènes encore inexpliqués ne sont pas une situation purement française. Ainsi a-t-on pu observer des manifestations similaires un peu partout sur la planète : Europe, États-Unis, Chine, Japon, Australie, Inde, Moyen Orient, aucun grand pays et même des nations plus petites, personne n’a été épargné, Eddy Schuman… [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">_Après ce reportage, voyons la situation internationale, car ces phénomènes encore inexpliqués ne sont pas une situation purement française. Ainsi a-t-on pu observer des manifestations similaires un peu partout sur la planète : Europe, États-Unis, Chine, Japon, Australie, Inde, Moyen Orient, aucun grand pays et même des nations plus petites, personne n’a été épargné, Eddy Schuman…</p>
<p style="text-align: justify;">_Une tornade sur New York, voilà qui est hautement improbable, certains diront même impossible, pourtant, c’est bien une tornade qui a sévit au cœur de la Grosse Pomme. Selon les forces de police, elle est née vers les quatre heures du matin dans la quatre-vingt-seizième rue, à proximité de Central Park. Le sergent Gilmore patrouillait dans ce coin et a été témoin de la scène :</p>
<p style="text-align: justify;">_Tout était calme, et tout à coup, le vent s’est mis à se lever et à souffler de plus en plus fort. Mon collègue David me dit que le vent tournoie et en effet en observant les papiers et différents débris on s’est rendus compte qu’ils tournoyaient de plus en plus vite et David me dit ‘Tu sais quoi ? Ça ressemble à une tornade, un twister !’ Je lui ai dit qu’il délirait et le vent continuait à augmenter en intensité et on était drôlement secoués dans la voiture. Les débris qui étaient entraînés étaient de plus en plus gros et puis la trombe s’est formée. On a démarré vite fait pour s’éloigner de ce monstre. Et de loin on a vu les vitres des immeubles voler en éclats, des voitures être happées et faire la grande danse ! On a même failli s’en prendre une sur la figure ! Et puis hop ! C’était fini ! Plus rien, juste le bruit des débris les plus légers qui finissaient leur course sur le sol… Incroyable ! Plus rien ! Plus de tornade, pfft ! Disparue !</p>
<div style="text-align: justify;">_Les dégâts sont plutôt minimes si on considère les milliards de dollars que coûtent les twisters dans les états du sud. Ici quelques vitres et voitures détruites et là quelques dégâts annexes, mais rien de comparable. En Inde maintenant, Le Gange est sorti de son lit a une vitesse défiant l’imagination et chose encore plus incroyable, le mois d’avril n’est pas le mois des inondations. Ce qui frappe le plus c’est la soudaineté de la chose, en six heures, le fleuve a quitté son lit et l’a regagné aussi vite qu’il en était sortit. D’après les spécialistes de ce genre de phénomène, c’est du jamais vu, et s’ils n’avaient pas eu les images que vous voyez actuellement, ils auraient eu du mal à la croire. La planète est-elle devenue folle ? Des personnes sont-elles à l’origine de ces phénomènes, même si c’est assez difficile à croire ? Avec nous le professeur…</div>
<p style="text-align: justify;">
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<p style="text-align: justify;">*</p>
<p style="text-align: justify;">**</p>
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<p style="text-align: justify;">Le silence qui suivit le discours de la présentatrice laissa Étienne abasourdit. Ce qu&#8217;il venait de voir était tout simplement extraordinaire, non pas les scoops habituels que la télévision avait l&#8217;habitude de déverser en les présentant « extraordinaires », non, cette fois ces événement sortaient réellement de l&#8217;ordinaire et tenaient de l&#8217;impossible physiquement parlant. Le libraire était tellement choqué qu&#8217;il tenait encore son bras tendu, la télécommande dans la main de longues secondes après avoir éteint le poste de télévision. Les journalistes spéculaient quant à savoir le pourquoi du comment de tels évènements, ils se demandaient même si des gens ne seraient pas à l&#8217;origine de tout ce désordre planétaire et lui, lui le jeune libraire plutôt renfermé il savait. Il connaissait même une de ces personnes et c&#8217;était une petite fille de sept ans aux cheveux blonds magnifiques et au regard si profond. Ce petit ange avait fait poussé un arbre énorme sur la place saint-sulpice&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Étienne se demanda si Célia allait bien. Il but une gorgée de whisky et le liquide brûlant dévalant le long de son œsophage le rasséréna un peu. Même s&#8217;il ne le savait pas encore son destin allait basculer radicalement ce jour-là. Il se leva et alla s&#8217;attabler au PC trônant sur le bureau adosser au mur de gauche à côté de l&#8217;entrée. Il surfa pendant plus de deux heures sur l&#8217;Internet sur les sites d&#8217;information continue et les articles, les reportages fleurissaient en temps réel sous ses yeux. Qu&#8217;importait la nationalité des sites qu&#8217;il visitait, les gros titres ne traitait que de ces évènements. Des gamins qui lévitent, déplacent des objets sans les toucher, génèrent de la lumière ou du feu spontanément et bien d&#8217;autres prodiges. C&#8217;est alors que l&#8217;évidence éclata dans son esprit, pas un site n&#8217;avait encore relevé cet état de fait ni même y consacré un article. Il compulsa à nouveau quelques articles au hasard et un peu partout sur la planète et cela confirma ce qu&#8217;il avait remarqué, tous ces phénomènes n&#8217;étaient générés que par des enfants, pas un adulte n&#8217;était mis en cause. Le plus vieux des gamins qu&#8217;il releva dans la multitude d&#8217;article avait quinze ans. Étienne continua un bon moment à vérifier l&#8217;âge des protagonistes dans les différentes dépêches postées sur ces sites quand celui-ci était indiqué et cela confirma ce qu&#8217;il avait remarqué, pas d&#8217;adultes, que des enfants ou des adolescents.</p>
<p style="text-align: justify;">Le libraire se laissa choir sur le dossier de son siège et resta là un bon moment à réfléchir, à intégrer tout ce qu&#8217;il avait appris. C&#8217;était sans précédent, si ces gamins gardaient ces facultés hors normes et rien ne laissait penser que ça ne serait pas le cas, la face du monde allait changer radicalement, il y aurait désormais ceux capables de prodiges et ceux en étant incapables. Il savait déjà que les jours, les semaines et les mois prochains allaient être mouvementés que cela soit d&#8217;un point de vue social, politique et même économique, c&#8217;était tellement énorme qu&#8217;il n&#8217;arrivait pas à appréhender à quel point ce bouleversement bousculerait la planète dans son ensemble. Étienne jeta un œil à sa montre, il était près d&#8217;une heure du matin. Il se rendit compte qu&#8217;il avait faim, il n&#8217;avait rien mangé depuis la glace qu&#8217;il avait partagé avec la petite Célia plus tôt dans la journée. Il se dirigea vers la cuisine américaine pour se sustenter. En passant à côté du fauteuil il eut l&#8217;idée d&#8217;attraper la télécommande afin d&#8217;allumer la télévision mais se ravisa, son esprit était déjà totalement monopolisé par toute cette pagaille, il était inutile d&#8217;en rajouter, le silence lui serait de meilleur conseil et salvateur pour la réflexion. Il passa derrière le bar et ouvrit le réfrigérateur, attrapa un plat préparé et le jeta littéralement dans le four micro-onde. Il mit l&#8217;engin en route sans vraiment s&#8217;attarder sur le temps qu&#8217;il aurait idéalement fallu pour le réchauffer, de la même manière, il le sortit sans attendre que le cycle de réchauffage ne soit arrivé à terme. Plus Étienne réfléchissait à tous ces évènements, plus ses pensées se focalisaient sur Célia. Des gamins généraient du feu, flottaient dans les airs et la petite blonde qu&#8217;il connaissait, elle, faisait pousser les plantes. Il aimait cette idée, cette gamine devait toucher sa fibre écologique, un arbre n&#8217;est pas dangereux après tout ! A part peut-être quand il trône en plein milieu d&#8217;une ville comme Paris. Il se demandait où les services sociaux avaient bien pu emmener cette étrange petite fille qui avait vraiment eu une emprise étrange sur lui, non pas pour le prodige qu&#8217;elle semblait capable de réaliser mais pour le coup de foudre qui semblait s&#8217;être produit entre ces deux-là. Tout à coup, Étienne sentit une angoisse monter à l&#8217;idée qu&#8217;il ne reverrait certainement jamais cette petite fille avec qui il partageait quelque chose. Il n&#8217;aurait pas su définir exactement ce qui les rapprochait, était-ce le fait qu&#8217;ils étaient orphelins tous les deux, ou encore le fait que ce soit lui qui la récupéra près de l&#8217;arbre de la place Saint-Sulpice ou avoir partagé cette glace ? Étienne secoua la tête comme pour chasser ces pensées absurdes, il tenta de se convaincre que cette drôle de sensation qu&#8217;il éprouvait pour cette gamine était née de la situation exceptionnelle dans laquelle il l&#8217;avait rencontrée. Il avait à peine touché son plat et entrepris d&#8217;aller se coucher en se disant que la nuit porte conseil et qu&#8217;il y verrait plus clair le lendemain matin.</p>
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		<title>Chapitre III.2</title>
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		<pubDate>Sat, 23 Jan 2010 09:00:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Shotaro</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Romans]]></category>
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		<description><![CDATA[Elle souffla plusieurs fois de suite pour se calmer et entreprit de se changer pour la nuit. Trois petits coups discrets résonnèrent sur la porte et David invita Cameron à entrer. Il découvrit sa jolie collègue habillée d’un t-shirt beige et d’un panta-court blanc cassé, elle tenait son sac contre elle comme un ultime rempart [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Elle souffla plusieurs fois de suite pour se calmer et entreprit de se changer pour la nuit.<br />
Trois petits coups discrets résonnèrent sur la porte et David invita Cameron à entrer. Il découvrit sa jolie collègue habillée d’un t-shirt beige et d’un panta-court blanc cassé, elle tenait son sac contre elle comme un ultime rempart à l’intimité qu’ils allaient être obligés de partager dans le même lit cette nuit. Son caractère bien trempé refit surface d’un coup et asséna brusquement au jeune caméraman :<br />
« - Je prends la place de droite et ne t’avise pas d’avoir les mains baladeuses sinon je te les coupe !<br />
- Les mains ? fit David avec un petit rire.<br />
Cameron lui lança un regard noir qui figea le sourire de David. Elle alla vers le lit, le défit et s’y installa. Elle remonta la couverture jusqu’au cou et ferma les yeux. Elle les rouvrit en entendant David rire à gorge déployée. Il la regardait goguenard en lui mimant la scène en simulant une couverture sous son menton les yeux fermés et en faisant la moue.et il se remit à rire. Cameron sourit puis éclata de rire face au ridicule de la situation.<br />
- Allé viens te coucher espèce de gamin ! Mais mes mises en garde restent valables, fit-elle<br />
David rejoint Cameron sous la couette et ils restèrent immobiles pendant un long moment. David  se retourna sur le côté puis s’endormit rapidement, alors que Cameron, elle, était trop excité de sa journée, avoir rencontré Etienne Florentin, que celui-ci ait accepté l’interview, tout cela était trop beau pour être vrai et tout ceci tournait dans son esprit. Un bon moment après, elle s’endormit à son tour sans s’en rendre compte.</p>
<p>David ouvrit les yeux, la lumière emplissait déjà la chambre, il n’aurait pas su dire quelle heure il était, l’aube apparaissant très tôt ici. Il prit pied dans la réalité au fur et à mesure qu’il se réveillait, il n’avait pas encore bougé. Il était sur le côté, tourné vers Cameron dont la respiration calme et profonde apportait une sérénité surréaliste dans la pièce. Il observait la petite brunette qui dormait juste à côté de lui quand il prit conscience qu’il avait sa main droite sur elle, sur son ventre précisément et sous le t-shirt pour couronner le tout ! Il retira doucement sa main baladeuse en priant que Cameron ne se réveille pas pendant l’opération sous peine de devoir expliquer quelque chose qu’il avait fait sans en avoir conscience durant son sommeil. Il récupéra sa main sans encombre non sans un petit pincement au cœur, il avait trouvé ça bien agréable quand même… Il entreprit de se rendre à la cuisine afin de préparer du café pour tout le monde, il pouvait bien faire ça pour Etienne. Et pour Cameron… Il quitta la chambre et dans le couloir il jeta un œil à sa montre : Il était six heures et quart. C’était ça, David avait dormi cinq heures, ca lui suffisait, il pouvait être très fatigué ou pas, il dormait entre quatre et six heures, jamais plus. Alors qu’il descendait les escaliers, une délicieuse odeur de café vint lui chatouiller les narines et en s’approchant du bar de la cuisine américaine, il découvrit Etienne entrain de faire des toasts, patientant que le grille-pain lui rende les tartines qu’il y avait mis.<br />
- Vous êtes bien matinal, mon jeune ami, fit Etienne sans détourner le regard du grille-pain.<br />
- Vous en êtes un autre, Etienne, répondit David le sourire aux lèvres.<br />
- Avez-vous bien dormi ? Ici au moins, on est au calme, pas de voisins bruyants qui tapent dans les murs, parfois des coyotes qui hurlent à la Lune, mais c’est tout.<br />
- Comme un bébé ! Je suis en pleine forme !<br />
- Vous m’en voyez ravi ! La cohabitation s’est bien passée ? fit le vieil homme avec un petit sourire.<br />
- Oui, oui ! Impeccable, elle ne ronfle pas si fort en fin de compte, plaisanta David<br />
Etienne éclata de rire en récupérant le pain grillé qui avait jailli de l’appareil et le mit dans une assiette qu’il posa sur le bar. Il servit un café au jeune homme, alla chercher une bouteille de jus d’orange dans le réfrigérateur et leur servit un grand verre chacun. Sur le bar s’étalait les ingrédients d’un copieux petit déjeuner et Etienne en fit le tour pour venir s’asseoir à côté de David et les deux hommes mangèrent en parlant de tout et de rien. Ils passèrent ainsi une demi-heure, David expliquant des choses sur son métier, Etienne expliquant pour quelles raisons il était venu si loin de la cohue urbaine. Vers sept heures Etienne prépara un plateau avec café, pain grillé, jus de fruit, beurre, confiture et le confia à David pour que celui-ci aille réveiller « Mademoiselle La Reporter » lui fit-il avec un clin d’œil.<br />
- Hmm… Elle ne va plus se sentir si on la traite comme une princesse, vous savez ? observa David<br />
- Ah mais pour ma part, je ne la traite de rien, mon jeune ami, c’est vous qui allez lui monter son plateau, pas moi ! répondit Etienne en se dirigeant vers la porte pour aller prendre l’air sur la petite terrasse du devant de la maison.<br />
David resta seul, le plateau sur les bras, il était resté le regard fixé sur la porte par laquelle était sorti le vieil homme. Il baissa les yeux vers le contenu du plateau, songeur, puis il haussa les épaules et monta les escaliers.<br />
David tapota à la porte de la chambre et ne reçut aucune réponse. Il entra, sa collègue dormait toujours, il pouvait entendre sa légère respiration. Il se débarrassa du plateau sur la petite table de nuit en bois laqué noir puis il s’assit sur le bord du lit et resta un moment à regarder Cameron. Sans les défenses qu’elle avait l’habitude de maintenir quand elle était éveillée, elle lui apparaissait ici comme une petite fille, si douce, si fraîche.et si fragile. David ne savait pas très bien comment s’y prendre pour la réveiller, il avait peur de lui faire peur ou tout au moins de la surprendre. Il tendit la main pour lui caresser les cheveux et finit son mouvement sur sa joue. Cameron bougea légèrement et David l’appela doucement par son prénom, il avait toujours la main sur sa joue, elle ouvrit les yeux et son regard se planta tout de suite dans celui de David.<br />
- Hello ! lui fit-il simplement avec un sourire timide.<br />
- Hello… lui répondit-elle aussi simplement.<br />
Il récupéra sa main et lui annonça qu’il lui amenait le petit déjeuner il attrapa le plateau et lui présenta. Elle se mit en position assise et il lui posa le copieux petit déjeuner sur les genoux. Il lui servit un café et un verre de jus d’orange puis il resta là, simplement à la regarder pendant qu’elle détaillait ce qui se trouvait sur le plateau.<br />
- C’est très gentil<br />
- Je t’en prie, répondit David.<br />
- Tu diras merci à Etienne, lança-t-elle au jeune homme sans le regarder.<br />
David sourit, sa jeune amie gardait toute sa capacité d’analyse, même au saut du lit ; Elle était redoutable. David annonça qu’il allait faire sa toilette mais Cameron l’attrapa par le bras et lui demanda de rester un moment. Il se rassit et se mirent à discuter, tranquillement, gentiment, calmement, pas de chamailleries, pas de mises en boîte, pas de pics.<br />
Etienne s’était assis dans un vieux fauteuil à bascule en bois et regardait le paysage. Il adorait se poser comme ça, le matin, et ne devenir pour quelques minutes que le spectateur du monde, s’en extraire littéralement. Dans ces moments il ne pensait à rien et ne faisait qu’écouter le vent, sentir le soleil sur sa peau mais ce matin, c’était différents, il se demandait si les deux jeunes gens au premier étage avaient arrêté de se mettre en opposition, comportement qui le laissait pensif. Ce genre de séduction le laissait perplexe, ces deux là se plaisaient, ça se voyait comme le nez au milieu de la figure, il l’avait perçu très vite quand ils étaient arrivés hier après-midi mais il semblait que  seuls eux-mêmes ne s’en rendaient pas compte. Il resta, là, assis, tranquille et rassuré d’avoir fait un choix aussi judicieux en acceptant la demande d’interview de mademoiselle Cameron Hattaway, il avait développé une confiance en elle, il la sentait intègre et, le plus important, passionnée.<br />
Etienne se leva au bout d’une vingtaine de minutes et rentra dans la maison, il comptait préparer le repas pour ce midi. Quand il fut dans le salon, Cameron était entrain de descendre les escaliers, ramenant le plateau du petit déjeuner, ils se saluèrent. Cameron posa son fardeau sur le bar de la cuisine et grimpa sur un des tabourets, l’homme passa de l’autre côté et se planta en face d’elle, son visage affichant un sourire tendre à l’attention de la jeune femme.<br />
- Etienne… commença-t-elle.<br />
- Oui, ma jeune amie ? fit il.<br />
Elle lui attrapa les mains et les serra entre les siennes.<br />
- Merci !<br />
Elle avait prononcé ce mot à la limite de l’audible et Etienne lui fit un grand sourire et lui caressa la joue.<br />
- Mais de rien, mon enfant.</p>
<p>Plus tard, David et Cameron tous frais lavés, s’affairèrent à remettre en place le plateau, le jeune technicien mettant sous tension tout le matériel, quant à la journaliste, elle vérifia ce qui avait été abordé la veille pour sa part et avisa de ce qu’elle comptait demander à Etienne d’aborder ce matin. Le héros de l’histoire pour sa part, avait terminé la préparation du repas pour le midi et s’affairait à la vaisselle. Bientôt tout était prêt, Cameron et Etienne regagnèrent leur place respective, David fit le décompte et lança l’interview.</p>
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