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	<title>Tais-Toi Donc ! &#187; magie</title>
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	<description>Le Blog de Shotaro</description>
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		<title>Chapitre VII.2</title>
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		<pubDate>Fri, 19 Mar 2010 06:02:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Shotaro</dc:creator>
				<category><![CDATA[Célia]]></category>
		<category><![CDATA[Romans]]></category>
		<category><![CDATA[Etienne]]></category>
		<category><![CDATA[journalistes]]></category>
		<category><![CDATA[magicienne]]></category>
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		<description><![CDATA[_ Comment ça un couple ? S&#8217;insurgea Cameron. Etienne rit intérieurement, la jeune femme si sérieuse à la télévision et dans son travail était tellement transparente quand il s&#8217;agissait de sentiments et particulièrement les siens. Il décida d&#8217;en rajouter une couche. _ Eh bien vous êtes bien un couple, n&#8217;est-ce pas ? _ Mais pas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } --><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Comment ça un couple ? S&#8217;insurgea Cameron.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Etienne rit intérieurement, la jeune femme si sérieuse à la télévision et dans son travail était tellement transparente quand il s&#8217;agissait de sentiments et particulièrement les siens. Il décida d&#8217;en rajouter une couche.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Eh bien vous êtes bien un couple, n&#8217;est-ce pas ?</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Mais pas du tout ! Je pensais que vous l&#8217;aviez compris, Etienne, enfin !</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Laissez-moi finir, voyons ! Un couple dans le travail, vous la journaliste et vous, David, son technicien, bref ! Un couple. Ou alors peut-être préférez-vous le terme de binôme, Cameron ? Répondit Etienne l&#8217;oeil malicieux.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Cameron croisa les bras nerveusement en faisant la moue ; Elle s&#8217;était faite avoir encore une fois par ce vieux grigou ! David lui, avait le sourire aux lèvres et secouait la tête, impressionné de la manière dont Etienne réussissait à manipuler Cameron qui n&#8217;était pourtant pas née de la dernière pluie et savait normalement déjouer avec maestria ce genre de piège quand elle se trouvait face à un homme politique.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Que diriez-vous de passer à table, les enfants ? Déclara Etienne.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ On vous suit, Etienne, s&#8217;enthousiasma David</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Mais c&#8217;est incroyable ! Toi dès qu&#8217;il s&#8217;agit de bouffe, t&#8217;es intenable, je ne comprends pas comment tu ne grossis pas ! S&#8217;écria Cameron.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Ah ! Pour ça ! J&#8217;ai toujours été chanceux, je peux manger tout ce que je veux et je ne prends pas un gramme, ma chère !</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Bah ! C&#8217;est dégueulasse !</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Les deux hommes éclatèrent de rire face à la réaction typiquement féminine de la jeune femme. Ils allèrent s&#8217;installer à la table et Etienne après avoir bataillé avec Cameron pour que celle-ci accepte d&#8217;aller s&#8217;asseoir sans apporter son aide, passa en cuisine et ramena des plateaux chargés de canapés frais. Ce soir le repas serait un apéritif dînatoire, Etienne avait préparé tout ça le matin afin que cela se rafraîchisse suffisamment dans le réfrigérateur tout au long de la journée.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Je me pose une question d&#8217;ordre pratique, Etienne, demanda David.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Je vous écoute, mon cher.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Nous sommes au milieu de nulle part, en plein désert, Negra Agua tient plus du village qu&#8217;autre chose, comment vous approvisionnez-vous pour nous servir de tels repas princiers ?</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_C&#8217;est une bonne question, ça, David, tu pourrais être un journaliste, finalement, se moqua Cameron.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Eh bien, je me fournis beaucoup dans mon jardin, à l&#8217;arrière de la maison, fit Etienne.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Je n&#8217;accepte pas cette réponse, déclara le caméraman avec un sourire, car dans ce cas là, une autre question me vient à l&#8217;esprit en prise directe avec la première, où trouvez-vous l&#8217;eau pour faire pousser vos légumes ? Sans compter que je ne connais pas d&#8217;arbre faisant pousser des bouteilles de whisky&#8230;</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Ahahah ! Vous êtes redoutable, jeune homme ! S&#8217;esclaffa le vieux libraire.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Cameron regardait son camarade, elle était réellement impressionnée, il cachait bien son jeu. Dans le milieu des médias télévisés, c&#8217;était en tout cas celui qu&#8217;elle connaissait le mieux, les techniciens étaient rarement reconnus à leur juste valeur par les journalistes. Ils étaient peu considérés, juste bons à tenir une perche pour le son ou une camera pour l&#8217;image. De plus, les journalistes avaient souvent un égo surdimensionné, eux étant les stars et les techniciens  les sous-fifres qu&#8217;ils devaient supporter s&#8217;ils voulaient être filmés. Cameron pour sa part avait toujours été très respectueuse envers ses techniciens, elle essayait toujours d&#8217;installer une bonne ambiance dans l&#8217;équipe afin qu&#8217;il n&#8217;y ait pas de conflit permanent et que le travail soit bien fait. Elle travaillait avec David depuis un peu plus d&#8217;un an et elle s&#8217;était tout de suite bien entendue avec lui. Il faut dire que David avait un bon caractère, il était toujours d&#8217;humeur égale, jamais un mot plus haut que l&#8217;autre, il connaissait parfaitement son métier et savait se faire discret pour palier aux problèmes qui pouvaient survenir pendant un direct sur le terrain. Bref ! Il était, tout comme elle, totalement investit dans la réalisation d&#8217;un bon reportage, elle pour la ligne éditoriale, lui pour tout l&#8217;aspect technique. Ils formaient une bonne équipe professionnelle. Elle se rendait compte aujourd&#8217;hui qu&#8217;au-delà de son savoir faire technique, David avait aussi une fibre journalistique et une capacité d&#8217;analyse intéressante et la question qu&#8217;il venait de poser à Etienne en était un exemple flagrant. Pourtant elle était persuadée qu&#8217;il préférait s&#8217;occuper de ses caméras et micros plutôt que d&#8217;embrasser une carrière de journaliste, en étant technicien de terrain, il jouait sur les deux tableaux, il tripotait ses gadgets électroniques et il vivait les reportages par procuration auprès du journaliste qu&#8217;il assistait. Maintenant qu&#8217;elle y pensait, avec son air de ne pas y toucher, il avait déjà suggéré de bons angles d&#8217;attaque sur les sujets qu&#8217;ils avaient réalisé ensemble. Il avait suffisamment de psychologie pour ne jamais imposer son choix, il proposait ceci ou cela mais laissait l&#8217;entière décision finale à Cameron. Après tout, lui n&#8217;était pas dans la lumière et s&#8217;il se plantait, ça n&#8217;aurait aucune incidence pour son image. Il en était tout autrement pour Cameron, elle était en première ligne et même si elle avait toute latitude pour la ligne éditoriale des sujets qu&#8217;elle faisait, le point de vue extérieur de David lui était important, il avait le recul suffisant pour suggérer sa vision des choses de manière objective et son regard était d’autant plus important qu’il connaissait le milieu du journalisme puisqu’il y  trainait ses guêtres depuis plus de dix ans. Cameron posa les coudes sur la table et le menton sur ses doigts croisés en regardant Etienne avec un sourire. Le vieil homme observa tour à tour la journaliste et le technicien puis déclara avec un sourire :</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Oh ! Mais je vois ! Je vois ! C’est un complot !</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Les jeunes gens ne bronchèrent pas et restèrent à regarder Etienne, un sourire imprimé sur leur visage, David avait d’ailleurs pris la même position que Cameron.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Haha ! Vous êtes impayables vous deux, vous allez bien ensemble, tiens ! Quelle fine équipe ! Eh bien je vais vous répondre, vous avez gagné ! </span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Le vieil homme remonta la manche de chemise sur son bras droit et le présenta sous le nez des deux jeunes gens. Ils découvrirent un petit tatouage circulaire dans lequel étaient inscrits des signes en spirale.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Un Signe ! s’écria Cameron.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Eh oui, un Signe ! Un cadeau de ma fille pour je cite « que tu ne manques de rien, Papa ».</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Ca fonctionne comment ? demanda Cameron toute excitée. David lui restait bouche bée devant le bras du vieux libraire, c’était la première fois qu’il voyait un signe transféré sur un hôte à la base non Magicien.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Eh bien… Célia m’a appris à me concentrer pour activer ce sceau, il crée une copie de lui-même au sol ensuite, je me positionne au milieu, je n’ai plus qu’à énoncer ce que je souhaite et cela apparait.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ C’est… c’est tout ? Lâcha Cameron un peu dépitée.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Eh bien oui ma chère ! C’est Célia la Magicienne, pas moi ! Mais vous verrez dans mes prochains récits que ce petit Signe sur mon bras n’est qu&#8217;une broutille par rapport aux pouvoirs qu’elle a déjà pu me donner que je sois consentant ou pas.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Vous me mettez l’eau à la bouche, Etienne s’exclama David.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Mais dites-moi les enfants, que diriez vous si nous y retournions ? C’est dingue ça ! C’est moi qui dois vous rappeler le planning ! Plaisanta Etienne.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Vous avez parfaitement raison, Etienne ! David ! A tes micros ! Etienne sur votre fauteuil ! Et moi… Eh bien, moi dans mon fauteuil aussi ! Allé hop ! dit Cameron en se levant et en mettant les verres du repas dans les plateaux ayant contenu les petits canapés avant qu’Etienne n’ait pu esquisser un geste. Les deux hommes se regardèrent et se levèrent de concert pour rejoindre leur place assignée, inutile de contredire la demoiselle.</span></p>
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		<title>Chapitre VII.1</title>
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		<pubDate>Sat, 13 Mar 2010 06:00:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Shotaro</dc:creator>
				<category><![CDATA[Célia]]></category>
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		<description><![CDATA[_ Bien ! On va s&#8217;arrêter là, il est déjà tard, qu&#8217;en pensez-vous Étienne ? _ Oui, bonne idée ! Passons à l&#8217;apéritif ! Répondit Étienne en frappant dans ses mains. Cameron jeta un œil à David, celui-ci n&#8217;avait pas bougé, il restait bouche-bée à observer Étienne qui se dirigeait vers la cuisine dans le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } --><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Bien ! On va s&#8217;arrêter là, il est déjà tard, qu&#8217;en pensez-vous Étienne ?</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Oui, bonne idée ! Passons à l&#8217;apéritif ! Répondit Étienne en frappant dans ses mains.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Cameron jeta un œil à David, celui-ci n&#8217;avait pas bougé, il restait bouche-bée à observer Étienne qui se dirigeait vers la cuisine dans le but de sortir des verres pour servir ses invités.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Oh ! David ! Tu rêves ? Fit la jeune femme en faisant un signe de la main devant les yeux du technicien.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Nan&#8230; Je suis soufflé, on n&#8217;est même pas encore dans le cœur de l&#8217;action et il y a déjà tout pour faire une super histoire, tu penses qu&#8217;il était déjà conscient à l&#8217;époque qu&#8217;il allait vivre un truc hors normes ?</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ C&#8217;est un homme intelligent, même s&#8217;il ne mesurait peut-être pas l&#8217;ampleur de ce qui lui arriverait, il devait bien se douter que de vouloir adopter une gamine capable de choses aussi extraordinaires ne lui donnerait pas l&#8217;occasion d&#8217;avoir une vie pépère. En même temps, rappelle-toi qu&#8217;il n&#8217;y a que deux jours que le phénomène des Magiciens est apparu, il ne doit pas avoir conscience de ce que ça allait impliquer comme changements au niveau de la société française d&#8217;une part mais de la planète entière d&#8217;autre part.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Ouais&#8230; C&#8217;est vrai que de notre point de vue, soixante ans plus tard on a suffisamment de recul pour comprendre combien cette rencontre et ces évènements sont extraordinaires, alors qu&#8217;à l&#8217;époque il était la tête dans le guidon, totalement noyé dans la situation&#8230; Je trouve ça hallucinant quand même, quelle vie ! Je ne sais pas si t&#8217;es comme moi, car après tout, t&#8217;as préparé cette interview comme une malade, mais moi j&#8217;ai déjà appris pleins de trucs que je ne savais pas et pourtant j&#8217;ai lu pas mal de bouquins sur leur histoire.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Ouaip ! C&#8217;est pour ça que tu devrais être fier de travailler avec une femme qui a eu cette brillante idée de venir à la rencontre du protagoniste principal de tout ça, fit la jeune femme en bombant fièrement le torse.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Tout à fait Mademoiselle La Reporter, je mesure ma chance à chaque seconde, répondit David en mimant une révérence.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Les jeunes gens éclatèrent de rire ensemble au moment ou Étienne revenait vers eux avec bouteilles et verres disposés sur un plateau.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Eh bien dites-moi ! On s&#8217;amuse ici !</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Oh ! Pardonnez-moi, Étienne, je vous laisse tout faire, j&#8217;aurais dû vous aider, s&#8217;excusa Cameron</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Allons ! Cameron ! Je ne suis pas impotent, vous savez, fit Étienne affichant un air faussement blessé.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">La jeune femme ne saisit pas la plaisanterie du vieil homme et se confondit en excuses, Étienne regarda David qui leva les yeux au ciel sous-entendant qu&#8217;elle était comme ça, assez naïve au final et les deux hommes se mirent à rire. Cameron comprit qu&#8217;elle avait mal interprété la moue d&#8217;Étienne et donna un coup de poing dans l&#8217;épaule de David. Celui-ci protesta pour la forme et Cameron lui expliqua qu&#8217;elle ne pouvait pas faire de même à Étienne même si l&#8217;envie la tenaillait, donc c&#8217;est lui qui prendrait pour deux pour la peine. Ils se mirent tous à rire de bon cœur et entamèrent l&#8217;apéritif qu&#8217;avait ramené Étienne. Le vieux bonhomme avait chargé son plateau de trois whiskies et d&#8217;un bol d&#8217;olives noires cultivées et marinées par ses soins, il était amusé que cette petite jeune femme sirote des whiskies comme lui. Sans avoir de pensées machistes, le whisky était plutôt considéré comme une boisson consommée très majoritairement par des hommes, les femmes préférant souvent les alcools plus doux, plus sucrés, cela amusait Étienne, même mieux, ça l&#8217;intéressait beaucoup. Il était intrigué par cette jeune femme, il se demandait d&#8217;ailleurs, au-delà du fait qu&#8217;elle fut une Magicienne, pourquoi il avait accepté qu&#8217;elle l&#8217;interviewe, ils étaient des centaines, voire peut-être un millier à convoiter ce genre de rendez-vous, il avait toujours refusé. Les raisons de ce refus systématique étaient multiples, il n&#8217;appréciait pas les engagements passés envers les Magiciens du groupe média de tels journalistes, le fait qu&#8217;il n&#8217;aimait pas, simplement, la manière dont tel ou telle journaliste traitait habituellement l&#8217;information, beaucoup trop orientée, déformée, arrangée, ou bien encore les axes de traitement des reportages proposés ne le satisfaisait pas, trop étriqués, trop dirigés sans parler qu&#8217;il n&#8217;aurait aucun droit de regard sur la ligne éditoriale proposée. Étienne  n&#8217;avait rien d&#8217;un vieux buté mais il estimait avoir un droit de regard sur son histoire et celle de Célia, quand il s&#8217;agissait d&#8217;information il n&#8217;avait pas grand pouvoir sur les sujets dispensés, vrais ou faux, aujourd&#8217;hui que la fièvre médiatique sur le père et la fille était retombé, il considérait avoir toute latitude mais qui plus est, le droit, de contrôler leur image, ils ne font plus aujourd&#8217;hui la une des journaux. Étienne pensait à tout cela en dégustant son Jack Daniels et en observant les deux jeunes gens qui se chamaillaient comme des lycéens sur l&#8217;image que donnait  d&#8217;elle Cameron à la télévision. C&#8217;est vrai qu&#8217;elle avait une image télévisée très sérieuse la jeune et fougueuse reporter ! David la charriait en lui demandant comment elle faisait pour avoir l&#8217;air de toujours avoir un balai bien placé quand elle était sur un plateau et Cameron s&#8217;offusquait, bien trop d&#8217;ailleurs, en frappant rageusement l&#8217;épaule du caméraman. Maintenant qu&#8217;il y avait pensé, Étienne était vraiment intrigué sur les raisons qui l&#8217;avaient amenées à accepter la demande de Cameron Hattaway. Bien sûr son intégrité journalistique brillamment mise en avant deux ans plus tôt n&#8217;était pas étrangère à la chose et c&#8217;est même ce qu&#8217;il lui avait dit ce matin quand elle lui avait posé la question, mais il n&#8217;y avait pas que ça, Cameron lui rappelait quelqu&#8217;un, il ne savait pas encore qui exactement, il y avait quelque chose chez la jeune femme qui lui plaisait beaucoup et pour couronner le tout c&#8217;était une Magicienne ! Ca, il ne l&#8217;avait appris que quand il l&#8217;avait rencontrée physiquement deux jours plus tôt. Les Magiciens quand on y prêtait suffisamment attention dégageaient une sorte de tension électrique autour d&#8217;eux que l&#8217;on pouvait ressentir, même quand on en était pas un. Etienne s&#8217;en était rendu compte avec Célia assez tôt et après avoir vécu tant d&#8217;années à ses côtés il pouvait dire immédiatement si la personne qu&#8217;il avait en face de lui était un Magicien ou pas.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Vous êtes bien silencieux, Etienne, fit Cameron.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Vous êtes injuste jeune fille ! Cela fait deux jours que je vous parle toute la journée, répondit-il avec l&#8217;oeil qui frise. Cameron sourit et porta son verre aux lèvres.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Vous savez aussi observer, Monsieur, glissa David.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Vous trouvez, David ?</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Oui, cet après-midi, j&#8217;ai été fasciné par votre récit, vous êtes un conteur fabuleux, nous avions prévu de mettre beaucoup d&#8217;image d&#8217;archives au sein du reportage afin d&#8217;illustrer vos propos mais je pense que nous en mettrons moins, vos mots seuls sont déjà si forts, vos souvenirs si vif soixante ans après ! N&#8217;est-ce-pas, Cammy ?</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Oui ! Je suis d&#8217;accord, on est totalement embarqué par votre histoire, vous êtes ce qu&#8217;on appelle dans notre milieu un bon client, au meilleur sens du terme s&#8217;entend !</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Eh bien ! Mes amis j&#8217;en suis fort content et je suis ravi que vous pensiez toutes ces jolies choses de moi. A ma décharge, la rencontre avec Célia doit être le souvenir le plus fort de toute mon existence et pourtant j&#8217;en ai vécu des expériences extraordinaires mais&#8230; Cette petite fille, toute jolie, toute gentille, rejetée par tout le monde m&#8217;a totalement envoûté et pas de Magie là-dedans, ce fut une Rencontre avec un grand R.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ C&#8217;est vrai qu&#8217;elle aurait pu mal tourner avec ce qu&#8217;elle a subi et je pense que ça aurait été le cas si vous ne l&#8217;aviez pas rencontrée, constata Cameron.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Malheureusement, en France comme aux États-Unis, les orphelins placés dans les foyers des services sociaux tournent souvent mal, remarqua David, pas tous, heureusement ! Mais disons qu&#8217;ils ont plus de propension à tomber dans la délinquance parce que moins encadrés, souvent moins d&#8217;amour de la part de leurs parents adoptifs, des difficultés à s&#8217;intégrer dans la société&#8230; Bref ! C&#8217;est plus difficile pour eux généralement&#8230;</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Vous avez l&#8217;air d&#8217;en connaître un bon bout sur ce sujet, David, s&#8217;étonna Etienne.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Oh ! Il y a quelques années nous avions fait un sujet sur ce thème quand je travaillais dans une boîte de production documentaire. Nous avions interrogé beaucoup de gamins et gamines dans cette situation et même si je ne participais pas à la ligne éditoriale du documentaire, c&#8217;était ce qui m&#8217;était apparu, simplement.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Tout comme votre collègue, vous êtes plein de surprises, mon ami, constata le vieil homme, vous êtes un couple bien singulier en fait !</span></p>
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		<title>Chapitre VI.2</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Mar 2010 08:25:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Shotaro</dc:creator>
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		<description><![CDATA[_ Célia ? Célia ?! Tenta Étienne Pas de réponse. Il avait de plus en plus de mal à avancer, les racines grossissaient à vue d&#8217;œil et recouvraient le sol, s&#8217;emmêlait autour des jambes d&#8217;Étienne et sa progression devenait problématique au fur et à mesure qu&#8217;il approchait du mur végétal bouchant le fond du couloir. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
<p>_ Célia ? Célia ?! Tenta Étienne</p>
<p>Pas de réponse. Il avait de plus en plus de mal à avancer, les racines grossissaient à vue d&#8217;œil et recouvraient le sol, s&#8217;emmêlait autour des jambes d&#8217;Étienne et sa progression devenait problématique au fur et à mesure qu&#8217;il approchait du mur végétal bouchant le fond du couloir. Il appelait la petite fille de plus belle alors qu&#8217;il était quasiment immobilisé prisonnier de cet amas botanique, la dame de service avait raison, c&#8217;était une véritable jungle qui s&#8217;était développée ici. Il continuait à appeler la gamine quand tout à coup la danse folle de la marée verte s&#8217;interrompit brusquement et il entendit une petite voix derrière le rideau végétal :</p>
<p>_ C&#8217;est qui ? Demanda la petite voix craintive.</p>
<p>_ Célia ? Célia c&#8217;est toi ? C&#8217;est Étienne ! Tu sais, le monsieur avec qui tu as mangé une glace hier !</p>
<p>_ Étienne ? C&#8217;est vrai, c&#8217;est toi ?</p>
<p>_ Oui, ma puce ! Qu&#8217;est-ce-qui t&#8217;arrive ?</p>
<p>_ Ils sont méchants avec moi !</p>
<p>_ Qui ça, Choupinette ?</p>
<p>_ Les autres enfants ! Ils ne font rien qu&#8217;à m&#8217;embêter et me frapper !</p>
<p>Au fur et à mesure qu&#8217;elle répondait, Étienne sentait les sanglots monter dans la voix de la petite fille. Le jeune libraire n&#8217;était pas habitué aux enfants et ne sut quoi répondre à la gamine pour la réconforter, mais ce fut elle qui reprit :</p>
<p>_ T&#8217;es encore là ?</p>
<p>_ Oui, ma puce, je suis derrière le&#8230; euh&#8230; les&#8230; Je suis derrière les plantes !</p>
<p>A cet instant, comme par magie, Étienne assista à la &#8216;dépousse&#8217; du mur végétal qui le séparait de Célia, c&#8217;était le meilleur terme qu&#8217;il avait trouvé pour qualifier le phénomène. Il avait l&#8217;impression d&#8217;assister à un film qu&#8217;on aurait lu à l&#8217;envers, les plantes reculaient, les racines s&#8217;amincissaient et disparaissaient. Il put bientôt retrouver toute sa mobilité et le rempart végétal se désagrégeait à vue d&#8217;œil La course folle qu&#8217;exécutaient les plantes quelques minutes plus tôt disparaissait aussi vite et bientôt le mur s&#8217;estompa. Étienne découvrit la petite Célia assise et adossée au mur, le front sur les genoux et la tête entourée de ses bras. Aussitôt qu&#8217;il le put, Étienne enjamba les plantes qui finissaient de se résorber et se précipita auprès de la gamine. Il s&#8217;accroupit en face d&#8217;elle et lui toucha doucement le bras. Elle ne broncha pas.</p>
<p>_ Célia ? Fit le jeune homme à voix basse. Pour toute réponse il n&#8217;eut qu&#8217;un léger grognement.</p>
<p>_ Célia, tu vas bien ?</p>
<p>_ Nan ! J&#8217;en ai marre ! Ils sont tous méchants, je les déteste ! Cria la gamine, la tête toujours enfouie dans ses genoux.</p>
<p>_ Allons&#8230; Ce n&#8217;est pas si grave, si ? Ce sont des idiots, tenta le jeune homme.</p>
<p>_ Nan ! C&#8217;est des connards ! Cria à nouveau la gamine.</p>
<p>Un tel langage dans la bouche d&#8217;une si jeune fille aurait du scandaliser le jeune homme mais il fut si surpris qu&#8217;il fut pris d&#8217;une envie irrésistible d&#8217;éclater de rire. Il fit tout pour se retenir mais il finit par pouffer et Célia releva la tête. Elle le regardait avec ses yeux bleus embués de larmes une expression mi-surprise, mi-incrédule sur le visage. Ce drôle d&#8217;air qu&#8217;elle lui adressait finit d&#8217;achever le jeune homme qui partit d&#8217;un grand rire. La gamine sourit d&#8217;abord et éclata de rire elle aussi, ils rirent de bon cœur ensemble pendant un bon moment. Étienne pensa que cela devait faire bien longtemps que cette petite fille n&#8217;avait pas autant ri. Après quelques minutes, ils reprirent leurs esprits et le silence retomba dans le grand couloir nettoyé de toute trace végétale hormis l&#8217;énorme ficus qui trônait dans son pot près de la fenêtre à deux mètres d&#8217;eux. Ils restèrent à se regarder l&#8217;un l&#8217;autre, quand la gamine se jeta dans les bras du jeune homme et se mit à pleurer à chaudes larmes. Elle serrait fortement le libraire et Étienne fut surpris de cette marque d&#8217;affection et réagit de manière assez pataude, il n&#8217;avait pas l&#8217;habitude. Il la lova doucement contre lui, elle avait un gros chagrin à épancher qui devait certainement l&#8217;oppresser depuis longtemps, la détresse de cette pauvre gamine serra le cœur du jeune homme, il savait ce qu&#8217;elle avait endurer en perdant ses parents et il n&#8217;y avait eu personne pour la consoler, aujourd&#8217;hui elle craquait. Cette gamine avait un effet bénéfique sur Étienne, peut-être était-ce ce lien ténu qui les rapprochait, ils étaient orphelins tous les deux. Ils restèrent là, simplement, se dispensant de la tendresse, seuls au monde.</p>
<p>Seuls au monde ils n&#8217;allaient pas le rester longtemps, les pompiers étaient arrivés dans la rue, on entendait maintenant distinctement les deux tons de leur sirène qui résonnaient jusque dans le couloir où ils se trouvaient. Étienne repoussa doucement la gamine et la regarda bien en face en baissant légèrement la tête.</p>
<p>_ Dis, Petite Miss, on va devoir sortir, hein ? Fit Étienne</p>
<p>Célia secoua amplement la tête négativement en faisant faire de grandes valses à ses boucles blondes et son visage se renfrogna.</p>
<p>_ Non&#8230; J&#8217;ai peur&#8230; Articula-t-elle d&#8217;une voix à peine audible.</p>
<p>_ Bah tu as peur de quoi ? Demanda Étienne sur un ton exagérément étonné.</p>
<p>_ Oh ! Dis ! T’es bête toi hein ! Ils m’aiment pas parce que je fais pousser les plantes… En plus t’as vu ? J’y arrive même quand je dors pas maintenant ! Étienne remarqua qu&#8217;elle avait comme de la fierté dans la voix en lui confiant ça.</p>
<p>_ Tu sais, les gens ont peur de ce qu’ils ne comprennent pas et quand ils ont peur, ils ont tendance à être méchants… Répondit Étienne un peu embêté, car après tout il ne comprenait pas grand chose à ce qui se passait lui non plus. Célia dut le sentir car elle lui assena :</p>
<p>_ Ban t&#8217;as pas peur de moi, toi, si ?</p>
<p>_ Non ma puce, je n’ai pas peur de toi, t’es trop mignonne pour que j’aie peur, lui répondit-il avec un grand sourire.</p>
<p>On entendait clairement les conversations des pompiers dans le hall maintenant, ils étaient entrain d&#8217;investir le bâtiment. Étienne attrapa la petite et la prit dans ses bras. Ensemble ils entreprirent de redescendre et si possible de quitter l&#8217;immeuble sans encombres. Étienne ne savait pas si la structure ancienne de ce vieil immeuble en pierre de taille avait bien supporté la farandole végétale qu&#8217;avait provoqué la gamine. De la poussière de plâtre continuait à tomber çà et là du plafond. Quand ils arrivèrent sur le palier du premier étage ils croisèrent deux pompiers qui gravissaient les escaliers à pas de loup, vraisemblablement sur leur garde. Pour se donner une contenance pendant qu&#8217;il les dépassait, Étienne leur expliqua que ce qu&#8217;ils cherchaient se trouvait au second étage. Il ne s&#8217;arrêta pas pour leur parler, il fit même tout ce qu&#8217;il put pour ne pas ralentir sa progression et les deux secouristes les regardèrent descendre l&#8217;escalier, hébétés. Étienne, la petite toujours dans les bras, déboucha dans le hall du foyer qu&#8217;il avait traversé un peu plus tôt et qui était bien plus animé. Il y avait là trois pompiers entrain d&#8217;installer différents appareillages qui, pensa le libraire, devaient certainement les aider à donner les premiers secours pour d&#8217;éventuels blessés. Il passa sans même leur jeter un regard, ouvrit la porte d&#8217;entrée bien vite et se retrouva enfin à l&#8217;extérieur du bâtiment. Étienne se dirigea vers les dames de service qui attendaient le feu vert des secouristes pour réintégrer leur foyer mais il perçut comme une vague d&#8217;effroi et un recul de leur part quand il s&#8217;approcha. Il pensait qu&#8217;elles seraient heureuses de retrouver une de leurs petites protégées saine et sauve mais ce n&#8217;était visiblement pas le cas, au contraire même, Étienne aurait tenu une bombe dans ses bras en lieu et place de la petite fille qu&#8217;il n&#8217;aurait pas fait meilleur effet. Une rumeur enfla au milieu du personnel du foyer et bientôt une bonne femme d&#8217;origine antillaise s&#8217;avança vers le jeune libraire et lui déclara d&#8217;une voix légèrement éraillée :</p>
<p>_ Cette enfant est l’œuvre du malin, elle n’est pas normale, saccager notre établissement de la sorte avec ses… Ses… Ses tours de magie ! N’approchez pas de nous avec ce démon ! Allez vous-en !</p>
<p>_ Mais je… C’est-à-dire, elle vous a été confiée, je ne peux pas l’emmener comme ça et…</p>
<p>_ Allez-vous-en je vous dis !</p>
<p>Toute l’équipe des femmes de service s’avança vers eux d’une manière plutôt menaçante. Célia qui avait la tête enfouie dans le cou du jeune homme pendant tout ce temps la releva et dirigea un regard sévère en direction de ces dames. Elle les stoppa net, et pas de magie derrière ça, elle leur faisait vraiment peur. Étienne fouilla la poche arrière de son pantalon de sa main libre dans le but de trouver une carte de visite professionnelle de sa librairie et la tendit à la dame qui s&#8217;était adressée à lui.</p>
<p>_ Tenez, donnez ceci aux forces de l&#8217;ordre afin qu&#8217;ils sachent où trouver la petite, il y a mon téléphone portable personnel dessus, je ne voudrais pas être accusé d&#8217;enlèvement parce qu&#8217;une bande de froussardes refuse de prendre en charge une gamine qui leur a été confiée&#8230;</p>
<p>La dame attrapa la carte du bout des doigts en fixant sévèrement Étienne et recula bien vite pour retrouver ses collègues. Le libraire tourna les talons et quitta les employées du foyer atterré par un tel comportement, encore une fois de la part de personnes qui, selon lui, devraient déborder de compassion et d&#8217;amour du fait même du métier qu&#8217;elles exerçaient. Quand il arriva dans une rue plus passante il entreprit de héler un taxi afin de rentrer chez lui.</p>
<p>Et voilà ! Il se retrouvait avec une gamine sur les bras ! Étienne se dit qu&#8217;il l&#8217;avait bien cherché et même ! Il était venu la chercher ! Il rentrait chez lui en taxi avec une petite blonde de six ans qu&#8217;il avait extirpé d&#8217;un foyer ruiné par cette même gamine car elle avait fait poussé des plantes dedans ! C&#8217;était une situation surréaliste mais c&#8217;était aussi une situation dangereuse, car il n&#8217;avait aucun papier officiel lui permettant de justifier la présence de Célia à ses côtés. La priorité serait de régulariser tout ça sous peine qu&#8217;il se retrouve en cellule pour enlèvement d&#8217;enfant. Il n&#8217;avait aucune confiance dans les femmes de service pour transmettre ses coordonnées aux forces de l&#8217;ordre, peut-être le feraient-elles ? Mais peut-être aussi sa carte se trouvait-elle déjà dans le caniveau et ne serait donc jamais transmise. La circulation était infernale, beaucoup de quartiers étaient bouclés car les manifestations paranormales continuaient à apparaître sporadiquement dans tout le pays et bien sûr, également à Paris. Les quotidiens y allaient tous de leur théorie pour expliquer ces phénomènes inhabituels, des plus farfelues au plus scientifiques. Ainsi ‘La Croix’ y voyait la manifestation du retour annoncé du fils de Dieu, ‘Le Parisien’ comme à son habitude poussait plus dans la direction du sensationnalisme et dirigeait ses thèses vers le facteur humain, en parlant de  ‘Magiciens’, d’êtres humains spéciaux qui auraient développer des pouvoirs paranormaux. Par contre ils n’avaient pas d’idée (et d’ailleurs évitaient soigneusement d’aborder le sujet) pour expliquer le fait que tous ces miracles avaient débuté en même temps, la veille vers dix heures du matin.</p>
<p>Enfin arrivé chez lui en compagnie de sa jeune invitée, il lui proposa un chocolat chaud qu&#8217;elle accepta avec un plaisir non dissimulé. Il avait beau avoir passé l&#8217;âge depuis longtemps, Étienne aimait à boire régulièrement du chocolat chaud, c&#8217;était un souvenir d&#8217;un temps heureux où sa mère, quand elle pouvait se libérer de la pharmacie, lui préparait son goûter et un excellent chocolat chaud sucré et velouté. Laissant la petite Célia déguster sa boisson, il appela le commissariat afin de se mettre en conformité avec la loi et expliquer sa situation. Il ré-expliqua toute l&#8217;histoire de la veille, le fonctionnaire de police à l&#8217;autre bout du fil retrouva effectivement le dossier qui fut monté à ce moment dans la base de données, puis Étienne raconta l&#8217;épisode d&#8217;aujourd&#8217;hui et transmis à nouveau toutes ces coordonnées à son interlocuteur. Le policier lui répondit que le dossier avait été mis à jour et que la DDASS pourrait débarquer n&#8217;importe quand chez lui afin de récupérer la petite fille. La mort dans l&#8217;âme, Étienne acquiesça et promis toute sa coopération quand le moment serait venu, il raccrocha mollement le téléphone. Célia était assise dans le fauteuil en face de lui, une jolie moustache de lait au chocolat sur sa lèvre supérieure et le fixait de cette manière si particulière qui mettait le libraire mal à l&#8217;aise. Elle resta ainsi un bon moment et Étienne n&#8217;osait pas entamer la conversation, il allait devoir lui expliquer qu&#8217;elle devrait retourner en foyer au milieu des &#8216;connards&#8217;, ça ne lui plairait pas. Et ça ne plaisait pas non plus au jeune homme, il s&#8217;y était attaché à cette jolie petite blonde. Une idée qu&#8217;il pensa d&#8217;abord saugrenue germa dans ses pensées, et si il l&#8217;adoptait ? Après tout, elle avait peu de chance de trouver à nouveau une famille d&#8217;accueil, son nom serait black-listé dans les dossier de la DDASS, répertoriée comme anormale, capable de faire de drôle de choses et peu de familles seraient prêtes à accueillir une petite fille comme ça. En revanche, lui, ça ne lui posait pas de problème même si il n&#8217;avait à ce moment aucune idée de la portée que pourrait prendre cette décision. Il avait une carte à jouer dans sa manche&#8230;</p>
</div>
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		<title>Chapitre VI.1</title>
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		<pubDate>Sat, 27 Feb 2010 07:17:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Shotaro</dc:creator>
				<category><![CDATA[Célia]]></category>
		<category><![CDATA[Romans]]></category>
		<category><![CDATA[arbre]]></category>
		<category><![CDATA[magicienne]]></category>
		<category><![CDATA[magie]]></category>
		<category><![CDATA[orphelinat]]></category>
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<p style="text-align: center;"><strong>III</strong></p>
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<p style="text-align: justify;">Le lendemain Étienne se rendit à sa boutique et sa rue était le théâtre d&#8217;une cohue incroyable mêlant force de l&#8217;ordre, pompiers et médias, il eut un mal fou à atteindre son pas de porte, il s&#8217;engouffra à l&#8217;intérieur bien vite et même la porte fermée il entendait encore la rumeur de toute cette agitation. Il savait pertinemment qu&#8217;il ne pourrait pas ouvrir aujourd&#8217;hui, le badaud aurait beaucoup de mal à flâner au milieu des camions de CRS, de pompiers et autres régies mobiles des chaînes de télévision. Sans grande conviction, il tenta de continuer le classement et le rangement qu&#8217;il avait commencer la veille mais bien malgré lui, un seul sujet hantait ses pensées : La petite Célia. Il avait tant de questions qu&#8217;il aurait aimé lui poser et il était même inquiet pour elle. Elle s&#8217;était à nouveau retrouvée abandonnée et remisée, c&#8217;était bien le terme, au sein d&#8217;un orphelinat, seule. Plus Étienne tentait de se concentrer sur son rangement, moins il avançait et au bout d&#8217;un moment il dut se rendre à l&#8217;évidence qu&#8217;il n&#8217;arriverait à rien aujourd&#8217;hui, il décida de jeter le classement au diable. Il s&#8217;attabla à son bureau et chercha des information sur le service qui s&#8217;occupait des orphelins dans le but de retrouver la petite fille. En peu de temps il trouva l&#8217;adresse de l&#8217;organisme, il enfila sa veste, boucla sa boutique, traversa à nouveau la cohue et entreprit de se rendre rue de Tocqueville dans le XVIIe arrondissement, au siège de la DDASS.</p>
<p style="text-align: justify;">Le taxi le déposa devant un immense bâtiment plutôt sinistre et bizarrement, ça ne surprit pas Étienne, ce qui l&#8217;aurait surpris c&#8217;est un bâtiment très accueillant et chaleureux. La même réflexion lui revient à l&#8217;esprit, pourquoi donc, ces services qui devraient aider et apporter du réconfort aux jeunes pousses de la société apparaissaient-ils donc si austères et si peu humains ? Étienne n&#8217;avait pas de réponse satisfaisante à apporter à cette question. Il régla le chauffeur et se retrouva sur le trottoir, il n&#8217;avait aucune idée de la manière dont il allait s&#8217;y prendre pour retrouver Célia. A priori il se doutait que ça ne devait pas être évident de rentrer en contact avec une gamine avec laquelle on n&#8217;a aucun lien de parenté. Il resta un moment devant l&#8217;entrée cherchant un angle d&#8217;attaque à opposer à la personne qui le recevrait mais il se rendit vite compte qu&#8217;il n&#8217;avait pas d&#8217;argument valable hormis celui de sa volonté de prendre des nouvelles de la petite puce blonde qu&#8217;il avait rencontré la veille. Il finit par se dire qu&#8217;être honnête pourrait, après tout, être la meilleure solution. Il entra.</p>
<p style="text-align: justify;">Le hall était plutôt spacieux, un bureau d&#8217;accueil était installé au fond de celui-ci, une petite dame plutôt boulotte à l&#8217;air sévère était absorbée dans la contemplation de l&#8217;écran de son ordinateur, tapotant une touche de temps en temps. Étienne se dirigea vers le comptoir et salua l&#8217;employée.</p>
<p style="text-align: justify;">_ C&#8217;est pour quoi ? Lui assena-t-elle sans lever les yeux de son écran.</p>
<p style="text-align: justify;">_ Bonjour Madame, répéta Étienne, je suis à la recherche d&#8217;une petite fille&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">_ Pour ça il faut vous rendre au second étage et demander à remplir un formulaire de demande d’adoption, bureau 217, lâcha-t-elle mécaniquement.</p>
<p style="text-align: justify;">Étienne fut choqué par sa réponse, quand on vient pour effectuer une demande d&#8217;adoption demande-t-on « Je suis à la recherche d&#8217;une petite fille » comme on chercherait un produit de consommation ?</p>
<p style="text-align: justify;">_ Non, non, vous m&#8217;avez mal compris, Madame, je souhaiterais rendre visite à une petite fille que je connais mais je ne sais malheureusement pas dans quel foyer elle a été placée.</p>
<p style="text-align: justify;">La petite dame leva la tête et fixa le libraire d&#8217;un intense dur renforcé par ses petites lunettes rondes cerclées d&#8217;acier pendant un moment qui lui parut une éternité. Étienne supposait qu&#8217;elle le jaugeait, elle remonta ses lunettes sur son petit nez triangulaire, se redressa et déclara :</p>
<p style="text-align: justify;">_ Vous êtes de la famille ?</p>
<p style="text-align: justify;">_ Euh&#8230; C&#8217;est-à-dire que non, en fait je&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">_ Ah mais dans ce cas, ça risque d&#8217;être compliqué, Monsieur !</p>
<p style="text-align: justify;">_ En même temps, Madame, elle est orpheline et par définition elle n&#8217;a plus de famille, fit Étienne avec un sourire gêné.</p>
<p style="text-align: justify;">_ Alors vous êtes qui par rapport à elle ? Assena-t-elle.</p>
<p style="text-align: justify;">_ Eh bien je l’ai rencontré hier prés de la place Saint-Sulpice, vous savez, où l’arbre a poussé de manière inexpliquée. Elle avait été abandonnée là par les gens qui s’occupaient d’elle et j’aurais voulu prendre de ses nouvelles. C&#8217;est moi qui l&#8217;ai ramenée au commissariat afin que vous puissiez la prendre en charge, je m&#8217;appelle Étienne Florentin.</p>
<p style="text-align: justify;">_ Comment s&#8217;appelle la petite ?</p>
<p style="text-align: justify;">_ Célia, Célia Meyer, répondit Étienne</p>
<p style="text-align: justify;">La grosse dame pianota sur le clavier de son ordinateur et resta un moment à déchiffrer la réponse que lui cracha la base de donnée, elle se tourna enfin vers le jeune homme.</p>
<p style="text-align: justify;">_ Le problème c’est que je ne peux pas vous laisser approcher cette gamine alors que je ne sais même pas qui vous êtes…. Si ça se trouve vous êtes un pédophile, qui sait ?</p>
<p style="text-align: justify;">_ Je vous remercie pour la comparaison, mais je ne peux pas vous en vouloir de protéger vos petits. Ce que je vous demande, c’est de simplement me donner l’adresse du foyer où elle est hébergée. Vous n’avez rien à craindre, je ne dirai pas que j’ai obtenu le renseignement ici, vous êtes dégagée de toute responsabilité. Si barrage il doit y avoir, ce sont vos collègues de l’orphelinat qui s’en chargeront. S’il vous plait, soyez sympa ? Je suis même prêt à vous laisser une copie de ma pièce d&#8217;identité si vous voulez&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Elle le dévisagea longuement encore une fois comme si elle essayait de savoir si il était sincère. Le jeune libraire dut tout compte fait lui faire bonne impression, elle arracha un feuillet de son bloc et griffonna l&#8217;adresse de l&#8217;orphelinat où avait été placée la petite Célia et elle lui tendit toujours son regard sévère inscrit sur son visage comme la mère qui cède à son petit garçon sans pour autant être entièrement d&#8217;accord. Étienne la remercia poliment et tourna les talons en direction de la sortie.</p>
<p style="text-align: justify;">Étienne se rendit dans le dixième arrondissement où se trouvait le foyer dans lequel avait été placée la petite fille Lorsqu&#8217;il sortit de la bouche de métro, il sentit une fièvre électrique parmi la foule qui allait et venait sur les trottoir, il n&#8217;aurait pas su définir exactement cette drôle d&#8217;atmosphère qui régnait. Peut-être qu&#8217;un nouvel événement paranormal s&#8217;était manifesté ? A cette idée il tressaillit, et si Célia avait recommencé ? Y avait-il un nouvel arbre qui avait poussé quelque part dans le quartier ? Sans vraiment le vouloir il accéléra le pas en direction du foyer qui se trouvait au numéro 11 de la rue des Récollets si bien qu&#8217;il y arriva au trot. Il y avait un attroupement devant l&#8217;immeuble. Il semblait y avoir des employés du foyer, reconnaissable à leur blouse orangée,visiblement bien secouées mais aussi beaucoup d&#8217;enfants. L&#8217;immeuble semblait avoir été évacué et au loin on entendait la sirène caractéristique des véhicules de secours qui, Étienne en était persuadé, avaient la même destination que lui. Il s&#8217;approcha d&#8217;une des femmes de service du foyer afin de s&#8217;informer de ce qui se passait.</p>
<p style="text-align: justify;">_ Mais qu&#8217;est-ce-qui se passe ici ?</p>
<p style="text-align: justify;">_ Ah ! Monsieur ! Des choses ! Des choses comme ils ont parlé à la télé ! C&#8217;est la jungle là-dedans ! Le monde devient fou, Monsieur !</p>
<p style="text-align: justify;">La grosse dame d&#8217;origine antillaise était visiblement très choquée mais Étienne avait noté le fait qu&#8217;elle parle de jungle ce qui souleva une vive émotion en lui.</p>
<p style="text-align: justify;">_ La jungle ?</p>
<p style="text-align: justify;">_ Oui, Monsieur ! Toute une aile du bâtiment, des plantes partout !</p>
<p style="text-align: justify;">Étienne était fixé, Célia avait dû faire un joli rêve botanique. Il s&#8217;engouffra dans l&#8217;entrée du bâtiment, ignorant les mises en garde de la dame qui lui criait de ne pas y aller car c&#8217;était dangereux, il ne l&#8217;écoutait déjà plus, ne pensant qu&#8217;à retrouver la petite fille.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans le grand hall, Étienne observa les différentes portes qui à priori cachait les services administratif ainsi que les différents services comme la cantine ou la salle de jeu pour les enfants. A gauche un grand escalier montait dans les étages et semblait desservir chaque aile du bâtiment. Étienne s&#8217;y engagea, montant à pas de loup son attention focalisée sur chaque bruit afin d&#8217;éventuellement entendre la petite ou un mouvement quelconque qui lui permettrait de se diriger dans la bonne direction et de retrouver Célia avant l&#8217;arrivée de la police et des pompiers. Il arriva au premier étage, regarda à gauche puis à droite, il semblait que ce fut un étage dédié aux chambres des gamins placés ici. Un gros craquement sinistre provenant d&#8217;au-dessus de lui fit sursauter le jeune homme, de la poussière de plâtre tomba du plafond. Le libraire continua son ascension vers le second étage, sur le palier il scruta à gauche et ce qu&#8217;il vit à droite le laissa sans voix. D’énormes branches ou racines tapissaient le fond du couloir du sol au plafond. Comme sur la place Saint-Sulpice, cet amas végétal grandissait à vue d’œil et se resserrait à chaque instant. Étienne avançait prudemment et sa progression devenait de plus en plus difficile au fur et à mesure qu&#8217;il approchait ce bouchon végétal. Il s&#8217;empêtrait les pieds dans les fines racines qui courait sur le sol.</p>
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		<title>Morgan, Jeune Magicien (3/3)</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Feb 2010 09:00:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Shotaro</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Salut ! L&#8217;histoire de Morgan est une sorte de spin-off de mon roman principal &#8216;Célia, Le Jour où La Magie s&#8217;éveilla&#8217;. J&#8217;ai écrit l&#8217;histoire du jeune Morgan quand j&#8217;avais transposé l&#8217;univers de Célia dans un forum de RPG, c&#8217;était le personnage que je jouais et cela explique également l&#8217;écriture particulière de ce texte avec les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align: justify;"><strong><em>Salut !</p>
<p>L&#8217;histoire de Morgan est une sorte de spin-off de mon roman principal &#8216;Célia, Le Jour où La Magie s&#8217;éveilla&#8217;. J&#8217;ai écrit l&#8217;histoire du jeune Morgan quand j&#8217;avais transposé l&#8217;univers de Célia dans un forum de RPG, c&#8217;était le personnage que je jouais et cela explique également l&#8217;écriture particulière de ce texte avec les caractères gras, les pensées des personnages encadrées par des étoiles etc. Ainsi, Morgan évolue dans le même univers que celui décrit dans &#8216;Célia&#8217; mais 10 ans après. C&#8217;est un écrit inachevé et qui ne le restera certainement , autant être clair. Peut-être pourrais-je intégrer son histoire dans le roman principal ? Mais j&#8217;en doute. Voici la troisième et dernière partie :</em></strong></div>
<p style="text-align: justify;">Morgan se mêla à la cinquantaine de personnes qui attendaient, dont un groupe d&#8217;une quinzaine d&#8217;enfants de son âge qui devait partir pour un voyage quelconque. Il se demanda si ces gosses ne seraient pas son pass pour monter dans le train. Les billets devaient être en possession de l&#8217;adulte qui s&#8217;occupaient d&#8217;eux, et dans la cohue des gamins surexcités à l&#8217;idée de partir, il devait pouvoir passer sous le nez des policiers. Eh oui, des crédits avaient été débloqués il y a huit ans pour développer de nouvelles brigades au sein de la Police du Rail, chargées de contrôler les montées dans les véhicules ferroviaires, ils étaient armés comme tous policiers normaux, ces brigades ressemblaient comme deux gouttes d&#8217;eau aux brigades de policiers classiques. Morgan avisait les gens qui l&#8217;entouraient pour savoir grâce à qui il pourrait monter dans le train et il semblait clair que le groupe de gosses turbulents semblait la meilleure solution. Imperceptiblement, il chercha à se rapprocher de ce groupe, il ne fallait pas qu&#8217;il soit à la traine.</p>
<p style="text-align: justify;">
C&#8217;est à ce moment qu&#8217;il eut cette sensation. Comme lorsqu&#8217;il signait et cristallisait sa Magie, mais c&#8217;était différent, plus diffus, mais pas moins puissant pour autant, comme une sorte de bruit de fond. C&#8217;était légèrement oppressant, impressionnant plutôt, impressionnant au sens premier du terme, ça le gavait littéralement d&#8217;impressions, même s&#8217;il n&#8217;aurait pas su les décrire exactement. Il chercha des yeux autour de lui ce qui pourrait être à l&#8217;origine de son malaise, mais rien ne lui laissa penser que quelquechose ou quelqu&#8217;un pouvait en être à l&#8217;origine. Morgan s&#8217;éloigna du groupe de personne et la sensation qui l&#8217;envahissait diminua trés rapidement alors qu&#8217;il n&#8217;était pas à plus d&#8217;un mètre des premières personnes, puis, il se rapprocha à nouveau du groupe et aussitôt la sensation revint. Morgan était perplexe, que se passait-il? Un Magicien? Un Magicien dans cette petite foule? Il n&#8217;avait jamais rencontré d&#8217;autre Magicien jusque là. Plus il y réfléchissait et plus Morgan était convaincu que la sensation qu&#8217;il ressentait était dûe à un Magicien noyé dans cette foule.</p>
<p style="text-align: justify;">
Les policiers du rail ouvrirent les barrières et commencèrent à effectuer leurs contrôles pour l&#8217;accès au train. Morgan se rapprocha du petit groupes d&#8217;enfants et attendit un noeud dans l&#8217;estomac de pouvoir s&#8217;engouffrer dans la brêche qu&#8217;il souhaitait. L&#8217;adulte qui s&#8217;occupait du groupe s&#8217;avança vers un des policiers et présenta les titres de transport puis bientôt laissa passer le groupe. Morgan les suivit de prés, et au moment où il allait passer la barrière, il sentit une main se poser sur son épaule et entendit :</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>&laquo;&nbsp;- Bonjour Messieurs! Dites-moi, mon petit frère ici présent a perdu son billet, comment peut-on faire pour que cette tête d&#8217;ahuri puisse monter dans le train avec moi?&nbsp;&raquo;</strong><br />
Morgan leva les yeux vers le jeune homme qui le tenait par l&#8217;épaule, les yeux ronds comme des soucoupes, il n&#8217;eut même pas le réflexe de se dégager. Le plus gradé des policiers s&#8217;avança vers eux :</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>&laquo;&nbsp;- Venez par ici, on va voir ce qu&#8217;on peut faire&#8230;</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Ah merci Sergent! A cet âge-là les enfants sont vraiment peu soigneux! Je suppose qu&#8217;on ne pourra pas se faire rembourser le ticket de train perdu?</strong><strong><br />
</strong><strong>- Ah non, là je crois que vous en êtes de votre poche.&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Se tournant vers Morgan, le jeune homme poursuivit :</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>&laquo;&nbsp;- T&#8217;en feras jamais d&#8217;autres, toi! Depuis que Maman est à l&#8217;hôpital tu ne fais que des bêtises! Allé! Donne donc ta carte d&#8217;identité au sergent!</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Vous allez à Paris?</strong> demanda le Sergent.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Oui, notre mère est hospitalisée à l&#8217;hôpital Georges Pompidou, elle expérimente un nouveau traitement contre le cancer à l&#8217;Institut National du Cancer&#8230;</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Oh ben c&#8217;est pas trés drôle tout ça&#8230;</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Oh vous savez Sergent, son cancer a été dépisté à temps, on a bon espoir qu&#8217;elle s&#8217;en sorte.</strong><strong><br />
</strong><strong>- Ben j&#8217;vous l&#8217;souhaite!&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Morgan restait interdit, il ne savait pas quoi faire, s&#8217;il se sauvait il mettait son projet en péril ainsi que ce jeune homme qui était entrain de l&#8217;aider. Celui-ci se tourna alors de nouveau vers lui :<br />
<strong>- Eh ben alors? T&#8217;as quand même pas perdu ta carte d&#8217;identité avec? Si??</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Euh&#8230; Non, non&#8230;&nbsp;&raquo;</strong> bredouilla Morgan, il fouilla dans son blouson et extirpa son portefeuille et donna sa carte d&#8217;identité au jeune homme</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Ah ben quand même!</strong> Le jeune homme tendit la carte au sergent.<br />
<strong>- Bruno Le Menn&#8230; et la petite tête en l&#8217;air&#8230; Yvonnick Le Menn&#8230; Bien! Je vous établis donc un titre de transport pour Paris.&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le sergent pianota les deux noms sur son ordinateur portable et consulta le fichier des personnes recherchées ainsi que celui des &#8216;Spéciaux&#8217; recherchés, sa requête ne retourna rien. Morgan récupéra sa carte d&#8217;identité et constata qu&#8217;en effet, dessus il s&#8217;appelait dorénavant Yvonnick Le Menn, mais ce nom s&#8217;effaçait peu à peu et il pouvait distinguer son vrai nom apparaître en dessous.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Range-moi ça! Un ticket de train ça suffit, alors ne va pas perdre ta carte d&#8217;identité pour couronner le tout!</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Morgan s&#8217;exécuta sans rien dire. Le jeune homme, aprés avoir payé le billet, attrapa Morgan par la main et l&#8217;entraîna vers le train. Ils arrivèrent à hauteur de leur wagon, grimpèrent dedans puis après un troc avec d&#8217;autres voyageurs pour obtenir des places côte à côte, ils s&#8217;installèrent et attendirent le départ du train.</p>
<p style="text-align: justify;">
Morgan était silencieux, il n&#8217;osait même pas regarder le jeune homme à côté de lui. De son côté, le jeune homme mince, au visage anguleux, les cheveux d&#8217;un noir profond et les yeux marrons, regardait droit devant lui sans dire un mot.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Le TGV avait quitté la gare depuis dix minutes maintenant, et les deux garçons ne s&#8217;étaient pas encore adressés la parole. Le jeune homme regardait toujours devant lui, le regard fixe, absent. Ses mains formaient des signes avec une grande agilité.<br />
<strong>**C&#8217;est pas possible? Il est entrain de faire de la magie avec tous les gens qui nous entoure!! Il est fou! On va avoir des ennuis à ce train là!**</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<strong>&#8216;- Merci pour&#8230;&nbsp;&raquo;</strong> commença Morgan, mais l&#8217;autre lui intima le silence avec un &laquo;&nbsp;Chut!&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Morgan s&#8217;éxecuta et baissa la tête.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>**Gast! Où je m&#8217;embarque déjà? Ca fait trois heures que je suis libre et j&#8217;ai déjà des ennuis, enfin non, ce ne sont pas des ennuis, mais c&#8217;est une situation bizarre quand même&#8230; Mais qu&#8217;est-ce qu&#8217;il fabrique??**</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Morgan sentit une élévation de l&#8217;énergie magique de son compagnon quand celui-ci relâcha son sort, ses signes terminés, seulement, il ne remarqua rien de changé, qu&#8217;avait-il bien pu faire? C&#8217;est à ce moment que le jeune homme prit la parole :<br />
<strong>&laquo;&nbsp;- Je m&#8217;appelle Sylvain Borisek, je suis comme tu t&#8217;en doute quelqu&#8217;un comme toi, un Magicien comme ils disent de manière polie. Et toi tu t&#8217;appelle Morgan n&#8217;est-ce pas?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Mais?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Comment je le sais?</strong> Sylvain eut un petit rire. <strong>J&#8217;ai modifié ta carte d&#8217;identité, non?</strong><strong><br />
</strong><strong>- Ah oui c&#8217;est vrai&#8230; Merci d&#8217;ailleurs, je ne     sais pas comment j&#8217;aurais pu monter à bord sans votre aide.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Pas de &laquo;&nbsp;vous&nbsp;&raquo; s&#8217;il te plait, tu peux me tutoyer. C&#8217;est normal de s&#8217;entraider, on ne peut pas dire qu&#8217;on soit trés populaire vis-à-vis des normaux hein?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Non&#8230; Ils ne nous aiment pas beaucoup&#8230; Mais dites-moi&#8230; Euh&#8230; Dis-moi, qu&#8217;as-tu fais avec tes signes?&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pour seule réponse, Sylvain se mit à chanter à tue-tête la comptine &laquo;&nbsp;Une souris verte&nbsp;&raquo;, puis à hurler comme un damné. Morgan ouvrit des yeux ronds et regarda autour de lui s&#8217;attendant à voir réagir les gens, mais il n&#8217;en fut rien. Chacun vacquait aux occupations que l&#8217;on trouve quand on prend le train, lire, écouter de la musique, discuter etc&#8230;<br />
<strong>&laquo;&nbsp;-Tu comprends?&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Morgan acquiesca de la tête, il n&#8217;aurait pas pu répondre, il était soufflé, ce Magicien avait-il envoûté toutes les personnes du wagon? Sylvain le regardait amusé et répondit à ses questions :</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>&laquo;&nbsp;- J&#8217;ai créé une bulle qui nous isole du reste du train. Pour les autres nous faisons comme tout le monde, nous discutons, nous lisons etc&#8230; Bref! On sera tranquille pour discuter ces prochaines quatre heures&#8230;</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Wow! T&#8217;as l&#8217;air d&#8217;avoir un sacré pouvoir! Moi je serais incapable de faire tout ça!</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Que tu dis mon jeune ami, que tu dis&#8230;</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Quoi? Tu veux dire que je pourrais faire tout ça?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Pas maintenant c&#8217;est un fait, mais sache que nous autres Magiciens ne sommes pas cantonnés à notre pouvoir principal. Disons que le pouvoir qui se manifeste le premier est l&#8217;aptitude naturelle, mais La Magie est en nous et avec de l&#8217;entrainement on peut faire ce qu&#8217;on veut ou presque, il faut trouver les bons moyens&#8230;&nbsp;&raquo;</strong><br />
Morgan était abasourdi par ces révélations, il avait bien constater qu&#8217;avec le temps il était capable de soulever des objets de plus en plus lourds sans se faire mal, mais de là à faire tout à fait autre chose il était surpris, d&#8217;ailleurs en y réfléchissant, il n&#8217;avait jamais pensé qu&#8217;il en était capable. Il y a quelques mois il avait tenté de soulever un lourd rocher en forêt, il avait signé cinq minutes durant et lâché son sort, il avait bien cru que sa tête allait exploser, il avait eu un mal fou a contrôler l&#8217;energie magique qui s&#8217;élevait en lui, elle grimpait, elle grimpait et un mal de tête aigu montait en puissance au fur et à mesure que l&#8217;énergie magique le quittait pour aller agir sur le rocher. Celui-ci avait légèrement bouger avant que Morgan n&#8217;arrête son sort, il dut y mettre une conviction énorme puis il tomba à genoux, terrassé par son mal de tête, un goût métallique dans la bouche.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>&laquo;&nbsp;- Alors? C&#8217;est quoi ton aptitude principale?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Moi? Eh bien je suis capable de soulever des objets par la force de la pensée en signant.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Ah! Tu es un Signeur tout comme moi. Mais dis-moi qu&#8217;est-ce qu&#8217;un gamin de ton age fait monté dans un train illégalement en direction de Paris?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Euh&#8230; Je rentre chez mon père, j&#8217;étais chez mes grands-parents là&#8230;</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Ah oui d&#8217;accord&#8230; Et tu n&#8217;as pas d&#8217;argent pour te payer le billet&#8230;&nbsp;&raquo;</strong> dit Sylvain sur un ton ironique.<br />
Morgan baissa de nouveau la tête, mal à l&#8217;aise. Sylvain reprit avec un sourire :<br />
<strong>&laquo;&nbsp;- Tinquiète! Je m&#8217;en fiche en fait, tu vis ta vie, je ne suis pas flic&#8230;</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Ok&#8230; Et toi alors? Qu&#8217;est-ce que t&#8217;es capable de faire? Parce que d&#8217;aprés ce que j&#8217;ai vu jusqu&#8217;à maintenant, t&#8217;as l&#8217;air drôlement puissant!</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Oh tu sais, je suis encore un petit Magicien moi aussi, j&#8217;expérimente, je cherche, j&#8217;évolue&#8230; Je peux générer des illusions comme tu as pu le voir par toi même, créer des bulles illusoires plus complexes comme celle-ci. et bien d&#8217;autres choses&#8230;&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
A priori, Sylvain ne souhaitait pas trop en dire sur l&#8217;étendue de ses capacités, mais le simple fait de savoir que les possibilités étaient plus grandes que ce qu&#8217;il avait cru jusqu&#8217;à maintenant, mettait du baume au coeur de Morgan.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>&laquo;&nbsp;- Dis, tu pourrais m&#8217;apprendre à développer d&#8217;autres techniques?</strong><strong><br />
</strong><strong>- Eh bien, en réalité il n&#8217;y a pas vrament de technique, il faut comprendre ta Magie, être à son écoute en quelque sorte&#8230; Chacun d&#8217;entre nous aborde sa Magie différemment, tout ceci réside dans la manière que chacun réfléchit, modélise, signe etc.. Les cheminements de pensée sont trés importants dans ce processus et nous pensons tous différemment, notamment les Magiciens. Ne t&#8217;attends tout de même pas à devenir aussi puissant que moi demain, tout ceci est long et demande un apprentissage et un développement psychologique important afin de maîtriser le flux de magie&#8230; Tu comprends ce que je veux dire?&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Morgan n&#8217;était pas sûr de réellement comprendre ce dont parlait Sylvain, mais il était néanmoins décidé à essayer de faire évoluer sa Magie.</p>
<p style="text-align: justify;">
Les deux garçons parlèrent ainsi tout le long du voyage, Morgan réussit même à générer quelques étincelles grâce aux conseils de Sylvain, mais cela l&#8217;avait laminé et ce fichu mal de tête l&#8217;avait repris. Bientôt, le train arrivait en vue de la gare Montparnasse et de la capitale. Morgan allait débarquer à Paris avec la vie devant lui et de nouvelles ambitions, il était un Magicien et il deviendrait l&#8217;un des plus puissants et on écoute toujours les puissants. Il pourrait peut-être faire changer les choses et les comportements&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Le train arriva en gare Montparnasse. Morgan avait le coeur serré, lorsqu&#8217;il descendrait du train il se retrouverait face à lui-même, seul dans la grande ville. Sylvain forma quelques brefs signes et se pencha vers Morgan :<br />
<strong>&laquo;&nbsp;- Fais attention à ce que tu fais et dis, dorénavant la bulle n&#8217;est plus.&nbsp;&raquo;</strong><br />
Morgan acquiesça. Sylvain se leva et commença à réunir ses affaires, le train ralentissait de plus en plus, dans peu de temps il s&#8217;immobiliserait à son terminus. Morgan quant à lui attrapa son sac à dos et le posa sur ses genoux. Des personnes étaient déjà debout dans le couloir prêtes à descendre, ça avait toujours amusé Morgan cette réaction, si les portes du train n&#8217;étaient pas fermées, il était sûr que certaines d&#8217;entr&#8217;elles sauteraient sur le quai en manquant de se rompre le cou pour gagner trente secondes. Sylvain lui, restait assis, calme. Le train s&#8217;immobilisa enfin et on entendit le <em>Pshiiiii!!</em> caractéristique du déverrouillage pneumatique des portes. Les gens à la queue-leuleu commencèrent à descendre de la rame., c&#8217;est à ce moment que Sylvain se leva et attendit que quelqu&#8217;un le laisse dégager de sa place. Morgan se leva lui aussi.<br />
Ils descendirent du train et sur le quai Sylvain tendit la main en direction de Morgan :<br />
<strong>&laquo;&nbsp;- Eh bien Morgan, je te souhaite bonne chance dans ta nouvelle vie et ravi d&#8217;avoir passer ces quatre heures avec toi!</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Ma nouvelle vie? Mais que&#8230;</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Hop! Je ne veux pas en savoir plus! Tu fais ce que tu as à faire, tu m&#8217;as l&#8217;air d&#8217;un petit gars avec la tête sur les épaules et je n&#8217;ai pas à juger de la vie que tu souhaites mener. Je sais parfaitement par quoi tu es passé, la vie n&#8217;est pas facile pour des gens comme nous. J&#8217;espère sincèrement que tu t&#8217;en sortiras.&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Morgan serra la main de Sylvain et il se retrouva avec quelquechose dans la main. Il baissa les yeux pour voir de quoi il s&#8217;agissait et trouva un papier pliés en quatre qui semblait contenir quelquechose. Il releva la tête vers Sylvain mais à sa grande surprise il avait disparu. Morgan regarda autour de lui mais ne le vit pas.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>** Bizarre ce type quand même&#8230;.**</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Morgan entreprit de regarder ce qu&#8217;i se trouvait dans le papier et le déplia. A sa grande surprise il découvrit cinq billet de 50 Euros et sur le papier un mot griffonné :</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><em>Si tu ne sais pas où dormir, tu trouveras de l&#8217;aide à cette adresse :<br />
Hotel Le Petit Excelsior<br />
3 rue de la parcheminerie<br />
75005 Paris<br />
Ils nous connaissent&#8230;</em></p>
<p style="text-align: justify;">
<p>Morgan resta songeur devant ce mot de Sylvain mais quelque part il le rassurait franchement, si jamais il était vraiment en galère, il saurait toujours où aller. En relevant la tête il s&#8217;aperçut qu&#8217;il était le seul sur le quai, les centaines de personnes qui étaient descendues du train étaient allées se précipiter dans les bouches de métro et couraient certainement vers leur prochain train où partout ailleurs dans cette grande ville. Il se dirigea vers la gare et s&#8217;enquit des choix qui s&#8217;offraient à lui en consultant les panneaux. La gare était un rien lugubre malgré l&#8217;agitation qui y régnait. Elle était entièrement façonnée en béton et poutrelles métalliques ce qui la rendait froide et distante. Sur les panneaux on pouvait se diriger vers plusieurs moyens de transport comme le bus, le métro ou le R.E.R., ou alors sortir tout simplement.</p>
<p style="text-align: justify;">
Morgan décida de sortir pour découvrir cette ville connue dans le monde entier mais que lui n&#8217;avait jamais foulée. Il se retrouva bientôt sur une place entourée d&#8217;arrêts de bus, au pied de la tour du même nom que la gare et du quartier : La Tour Mont-parnasse.</p>
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		<title>Chapitre IV.2</title>
		<link>http://www.taistoidonc.fr/2010/02/08/chapitre-iv-2/</link>
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		<pubDate>Mon, 08 Feb 2010 09:00:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Shotaro</dc:creator>
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		<category><![CDATA[magicien]]></category>
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		<description><![CDATA[_Après ce reportage, voyons la situation internationale, car ces phénomènes encore inexpliqués ne sont pas une situation purement française. Ainsi a-t-on pu observer des manifestations similaires un peu partout sur la planète : Europe, États-Unis, Chine, Japon, Australie, Inde, Moyen Orient, aucun grand pays et même des nations plus petites, personne n’a été épargné, Eddy Schuman… [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">_Après ce reportage, voyons la situation internationale, car ces phénomènes encore inexpliqués ne sont pas une situation purement française. Ainsi a-t-on pu observer des manifestations similaires un peu partout sur la planète : Europe, États-Unis, Chine, Japon, Australie, Inde, Moyen Orient, aucun grand pays et même des nations plus petites, personne n’a été épargné, Eddy Schuman…</p>
<p style="text-align: justify;">_Une tornade sur New York, voilà qui est hautement improbable, certains diront même impossible, pourtant, c’est bien une tornade qui a sévit au cœur de la Grosse Pomme. Selon les forces de police, elle est née vers les quatre heures du matin dans la quatre-vingt-seizième rue, à proximité de Central Park. Le sergent Gilmore patrouillait dans ce coin et a été témoin de la scène :</p>
<p style="text-align: justify;">_Tout était calme, et tout à coup, le vent s’est mis à se lever et à souffler de plus en plus fort. Mon collègue David me dit que le vent tournoie et en effet en observant les papiers et différents débris on s’est rendus compte qu’ils tournoyaient de plus en plus vite et David me dit ‘Tu sais quoi ? Ça ressemble à une tornade, un twister !’ Je lui ai dit qu’il délirait et le vent continuait à augmenter en intensité et on était drôlement secoués dans la voiture. Les débris qui étaient entraînés étaient de plus en plus gros et puis la trombe s’est formée. On a démarré vite fait pour s’éloigner de ce monstre. Et de loin on a vu les vitres des immeubles voler en éclats, des voitures être happées et faire la grande danse ! On a même failli s’en prendre une sur la figure ! Et puis hop ! C’était fini ! Plus rien, juste le bruit des débris les plus légers qui finissaient leur course sur le sol… Incroyable ! Plus rien ! Plus de tornade, pfft ! Disparue !</p>
<div style="text-align: justify;">_Les dégâts sont plutôt minimes si on considère les milliards de dollars que coûtent les twisters dans les états du sud. Ici quelques vitres et voitures détruites et là quelques dégâts annexes, mais rien de comparable. En Inde maintenant, Le Gange est sorti de son lit a une vitesse défiant l’imagination et chose encore plus incroyable, le mois d’avril n’est pas le mois des inondations. Ce qui frappe le plus c’est la soudaineté de la chose, en six heures, le fleuve a quitté son lit et l’a regagné aussi vite qu’il en était sortit. D’après les spécialistes de ce genre de phénomène, c’est du jamais vu, et s’ils n’avaient pas eu les images que vous voyez actuellement, ils auraient eu du mal à la croire. La planète est-elle devenue folle ? Des personnes sont-elles à l’origine de ces phénomènes, même si c’est assez difficile à croire ? Avec nous le professeur…</div>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">*</p>
<p style="text-align: justify;">**</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Le silence qui suivit le discours de la présentatrice laissa Étienne abasourdit. Ce qu&#8217;il venait de voir était tout simplement extraordinaire, non pas les scoops habituels que la télévision avait l&#8217;habitude de déverser en les présentant « extraordinaires », non, cette fois ces événement sortaient réellement de l&#8217;ordinaire et tenaient de l&#8217;impossible physiquement parlant. Le libraire était tellement choqué qu&#8217;il tenait encore son bras tendu, la télécommande dans la main de longues secondes après avoir éteint le poste de télévision. Les journalistes spéculaient quant à savoir le pourquoi du comment de tels évènements, ils se demandaient même si des gens ne seraient pas à l&#8217;origine de tout ce désordre planétaire et lui, lui le jeune libraire plutôt renfermé il savait. Il connaissait même une de ces personnes et c&#8217;était une petite fille de sept ans aux cheveux blonds magnifiques et au regard si profond. Ce petit ange avait fait poussé un arbre énorme sur la place saint-sulpice&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Étienne se demanda si Célia allait bien. Il but une gorgée de whisky et le liquide brûlant dévalant le long de son œsophage le rasséréna un peu. Même s&#8217;il ne le savait pas encore son destin allait basculer radicalement ce jour-là. Il se leva et alla s&#8217;attabler au PC trônant sur le bureau adosser au mur de gauche à côté de l&#8217;entrée. Il surfa pendant plus de deux heures sur l&#8217;Internet sur les sites d&#8217;information continue et les articles, les reportages fleurissaient en temps réel sous ses yeux. Qu&#8217;importait la nationalité des sites qu&#8217;il visitait, les gros titres ne traitait que de ces évènements. Des gamins qui lévitent, déplacent des objets sans les toucher, génèrent de la lumière ou du feu spontanément et bien d&#8217;autres prodiges. C&#8217;est alors que l&#8217;évidence éclata dans son esprit, pas un site n&#8217;avait encore relevé cet état de fait ni même y consacré un article. Il compulsa à nouveau quelques articles au hasard et un peu partout sur la planète et cela confirma ce qu&#8217;il avait remarqué, tous ces phénomènes n&#8217;étaient générés que par des enfants, pas un adulte n&#8217;était mis en cause. Le plus vieux des gamins qu&#8217;il releva dans la multitude d&#8217;article avait quinze ans. Étienne continua un bon moment à vérifier l&#8217;âge des protagonistes dans les différentes dépêches postées sur ces sites quand celui-ci était indiqué et cela confirma ce qu&#8217;il avait remarqué, pas d&#8217;adultes, que des enfants ou des adolescents.</p>
<p style="text-align: justify;">Le libraire se laissa choir sur le dossier de son siège et resta là un bon moment à réfléchir, à intégrer tout ce qu&#8217;il avait appris. C&#8217;était sans précédent, si ces gamins gardaient ces facultés hors normes et rien ne laissait penser que ça ne serait pas le cas, la face du monde allait changer radicalement, il y aurait désormais ceux capables de prodiges et ceux en étant incapables. Il savait déjà que les jours, les semaines et les mois prochains allaient être mouvementés que cela soit d&#8217;un point de vue social, politique et même économique, c&#8217;était tellement énorme qu&#8217;il n&#8217;arrivait pas à appréhender à quel point ce bouleversement bousculerait la planète dans son ensemble. Étienne jeta un œil à sa montre, il était près d&#8217;une heure du matin. Il se rendit compte qu&#8217;il avait faim, il n&#8217;avait rien mangé depuis la glace qu&#8217;il avait partagé avec la petite Célia plus tôt dans la journée. Il se dirigea vers la cuisine américaine pour se sustenter. En passant à côté du fauteuil il eut l&#8217;idée d&#8217;attraper la télécommande afin d&#8217;allumer la télévision mais se ravisa, son esprit était déjà totalement monopolisé par toute cette pagaille, il était inutile d&#8217;en rajouter, le silence lui serait de meilleur conseil et salvateur pour la réflexion. Il passa derrière le bar et ouvrit le réfrigérateur, attrapa un plat préparé et le jeta littéralement dans le four micro-onde. Il mit l&#8217;engin en route sans vraiment s&#8217;attarder sur le temps qu&#8217;il aurait idéalement fallu pour le réchauffer, de la même manière, il le sortit sans attendre que le cycle de réchauffage ne soit arrivé à terme. Plus Étienne réfléchissait à tous ces évènements, plus ses pensées se focalisaient sur Célia. Des gamins généraient du feu, flottaient dans les airs et la petite blonde qu&#8217;il connaissait, elle, faisait pousser les plantes. Il aimait cette idée, cette gamine devait toucher sa fibre écologique, un arbre n&#8217;est pas dangereux après tout ! A part peut-être quand il trône en plein milieu d&#8217;une ville comme Paris. Il se demandait où les services sociaux avaient bien pu emmener cette étrange petite fille qui avait vraiment eu une emprise étrange sur lui, non pas pour le prodige qu&#8217;elle semblait capable de réaliser mais pour le coup de foudre qui semblait s&#8217;être produit entre ces deux-là. Tout à coup, Étienne sentit une angoisse monter à l&#8217;idée qu&#8217;il ne reverrait certainement jamais cette petite fille avec qui il partageait quelque chose. Il n&#8217;aurait pas su définir exactement ce qui les rapprochait, était-ce le fait qu&#8217;ils étaient orphelins tous les deux, ou encore le fait que ce soit lui qui la récupéra près de l&#8217;arbre de la place Saint-Sulpice ou avoir partagé cette glace ? Étienne secoua la tête comme pour chasser ces pensées absurdes, il tenta de se convaincre que cette drôle de sensation qu&#8217;il éprouvait pour cette gamine était née de la situation exceptionnelle dans laquelle il l&#8217;avait rencontrée. Il avait à peine touché son plat et entrepris d&#8217;aller se coucher en se disant que la nuit porte conseil et qu&#8217;il y verrait plus clair le lendemain matin.</p>
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		<title>Morgan, Jeune Magicien (2/3)</title>
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		<pubDate>Thu, 04 Feb 2010 09:00:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Shotaro</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecrits inachevés]]></category>
		<category><![CDATA[Romans]]></category>
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		<category><![CDATA[fuite]]></category>
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		<description><![CDATA[Salut ! L&#8217;histoire de Morgan est une sorte de spin-off de mon roman principal &#8216;Célia, Le Jour où La Magie s&#8217;éveilla&#8217;. J&#8217;ai écrit l&#8217;histoire du jeune Morgan quand j&#8217;avais transposé l&#8217;univers de Célia dans un forum de RPG, c&#8217;était le personnage que je jouais et cela explique également l&#8217;écriture particulière de ce texte avec les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align: justify;"><strong><em>Salut !</p>
<p>L&#8217;histoire de Morgan est une sorte de spin-off de mon roman principal &#8216;Célia, Le Jour où La Magie s&#8217;éveilla&#8217;. J&#8217;ai écrit l&#8217;histoire du jeune Morgan quand j&#8217;avais transposé l&#8217;univers de Célia dans un forum de RPG, c&#8217;était le personnage que je jouais et cela explique également l&#8217;écriture particulière de ce texte avec les caractères gras, les pensées des personnages encadrées par des étoiles etc. Ainsi, Morgan évolue dans le même univers que celui décrit dans &#8216;Célia&#8217; mais 10 ans après. C&#8217;est un écrit inachevé et qui ne le restera certainement , autant être clair. Peut-être pourrais-je intégrer son histoire dans le roman principal ? Mais j&#8217;en doute. Voici la seconde partie :</em></strong></div>
<p style="text-align: justify;">A l&#8217;intérieur, il fouilla dans ses poches et en tira un trousseau de clefs, il monta les trois étages quatre à quatre et à peine la porte d&#8217;entrée de chez lui ouverte il s&#8217;y engouffra et la referma immédiatement derrière lui, Il n&#8217;avait pas envie de tomber sur la vieille Le Vouedec leur voisine. Morgan se dirigea dans le salon et s&#8217;effondra dans le canapé, abasourdi. C&#8217;était ici et maintenant que son avnir allait se jouer, soit il attendait le retour de sa mère et accepterait l&#8217;énorme engueulade (il n&#8217;y avait pas d&#8217;autre mot) qui l&#8217;attendait, soit il préparait son sac et en route pour l&#8217;aventure (Ce n&#8217;était pas spécialement une partie de plaisir qui s&#8217;annonçait pour autant), il avait son destin en main et à quatorze ans, c&#8217;est trés lourd à porter&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Morgan se tenait dans l&#8217;embrasure de la porte et observait sa chambre. Au fond se trouvait son lit qui ressemblait plus à un champ de bataille, ses draps et couvertures étalés de manière anarchique, il ne faisait pas son lit et sa mère ne s&#8217;en occupait pas davantage. A côté il y avait son bureau sur lequel régnait un désordre tout aussi anarchqiue, des livres de cours se battaient âprement pour trouver une place au milieu de la dizaine de crayons et stylos, de feuilles volantes et de l&#8217;ordinateur sans âge que son père avait récupéré auprés d&#8217;un de ses collègues de travail. Morgan ne pouvait pas faire grand chose avec, l&#8217;évolution galopante de l&#8217;informatique l&#8217;avait rendu obsolète depuis bien longtemps. Sur la chaise était entassées plusieurs couches de vêtements, de temps en temps sa mère venait les récupérer afin de les laver mais il avait le droit à une sévère réflexion au cours du repas du soir. Ce n&#8217;était pas pour autant qu&#8217;il emmenait régulièrement son linge sale dans le panier prévu à cet effet dans la salle de bain, Morgan ne souhaitait pas énerver sa mère, il n&#8217;y pensait tout simplement pas et croyait que nombre de garçons de son âge avaient le même comportement, seulement les relations avec leur famille devait être un peu meilleures que celles qu&#8217;il entretenait avec ses parents.</p>
<p>Il attrapa le grand sac à dos qui tranait sous son lit et l&#8217;ouvrit sur sa chaise de bureau. Il entreprit ensuite de le remplir avec les affaires qui étaient rangées dans la grande armoire contre le mur opposé de celui du bureau, puis il tria les affaires entassées sur la chaise et enfourna dans le sac celles qu&#8217;il souhaitait emmener avec lui. Il farfouillé dans les couverture sur son lit afin de retrouver le vieux walkman qu&#8217;il possédait, il devait d&#8217;ailleurs être le dernier gosse sur Terre à écouter sa musique sur un baladeur à cassette. Il lui était même devenu trés difficile de trouver des cassettes vierges dans les magasins, aujourd&#8217;hui c&#8217;était le tout numérique et les baladeurs à disque dur étaient devenus la norme. Il le laissa tomber dans le sac et y jeta presque tout de suite le chargeur pour les piles. Morgan avisa la chambre et chercha ce qu&#8217;il avait pu oublier. Son regard s&#8217;arrêta sur son bureau ou presque caché par le désordre, trônait une photo de ses parents. Elle avait plus de dix ans cette photo, il n&#8217;avait pas quatre ans, ils étaient heureux à l&#8217;époque&#8230; C&#8217;était avant qu&#8217;il soit capable de ces choses. Il prit la photo et la rangea dans une poche latérale de son sac, aprés tout, lui les aimait ses parents, même si la réciproque n&#8217;était peut-être pas vraie, c&#8217;était en tout cas ce qu&#8217;il ressentait&#8230;</p>
<p>Morgan se rendit à la cuisine et fit la razzia sur tous types de gâteaux secs, sucrés, salés peu importe, il avait conscience qu&#8217;il ne remangerait pas un bon repas chaud avant un moment. Il remplit son sac de ses victuailles et le jeta sur son épaule, se dirigea vers l&#8217;entrée et attrapa une bouteille d&#8217;eau au passage dans le pack qui y était rangé. Au moment ou il allait serrer la poignée et sortir il s&#8217;arrêta net. Il y avait du monde sur le palier! C&#8217;était la vieille Le Vouedec qui était en pleine discussion. En jetant un oeil dans le judas, Morgan vit que la vieille voisine entretenait le facteur. Cette bonne femme recevait un nombre incroyable de colis, à croire qu&#8217;elle commandait dans tous les magasines de vente par correspondance, le facteur montait lui livrer ses paquets tous les jours. Morgan avait toujours connu le facteur sur le palier, jamais la vieille ne l&#8217;avait invité à boire un café chez elle pour le remercier de sa peine. Cela dit, le café ne devait pas être une boisson trés prisée chez la Le Vouedec, la bouteille de rouge y avait trés certainement volé la place., même à neuf heures du matin. L&#8217;aprés-midi la vieille faisait une longue sieste devant les séries à l&#8217;eau de rose qu&#8217;elle ne manquait pour rien au monde, bref! Elle cuvait en regardant la télé.</p>
<p style="text-align: justify;">
Et elle causait, elle causait!</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>** Mais laisse-le donc continuer sa tournée vieille folle!!**</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Morgan trépignait intérieurement, si ça continuait, il allait se retrouver entre deux feux, impossible de sortir et sa mère pouvait rentrer à tout moment. Il retourna s&#8217;asseoir dans le canapé, il pouvait entendre le babillage de la vieille Le Vouedec de là. Bizarrement, il était plutôt calme, il n&#8217;appréhendait pas ce qu&#8217;il était sur le point de faire : Fuguer. Eh oui! Il allait fuguer, quitter Lorient, ses parents, le collège, cet abruti de Dugast et vivre sa vie. Il pensait monter à la capitale. Paris! Une grande ville, quoi de mieux qu&#8217;une grande ville pour s&#8217;y cacher et surtout pour y passer inaperçu? Car il avait le secret espoir que ses parents allait tout faire pour le retrouver, ça le mettait d&#8217;ailleurs mal à l&#8217;aise. Ils seraient certainement effondrés de voir que leur petit garçon avait disparu, il espérait que tel serait le cas, ça le rassurerait de se rendre compte qu&#8217;aprés tout, ils l&#8217;aimaient.</p>
<p style="text-align: justify;">Il se rendit compte en sortant de ses réflexions que le palier semblait être redevenu calme, il se leva et alla regarder par le judas et s&#8217;aperçut que la vieille était rentrée et que le facteur n&#8217;était plus là non plus et reparti à sa distribution de courrier. Morgan attrapa son sac, le jeta sur son épaule, ouvrit précocioneusement la porte pour lui éviter de grincer, la referma tout aussi délicatement et commença à descendre les escaliers pas à pas.</p>
<p style="text-align: justify;">
Arrivé dans l&#8217;entrée, il posa la main sur la poignée de la lourde porte vitrée en fer et eut un moment d&#8217;hésitation, imperceptible, mais qui était là quand même. Il l&#8217;ouvrit et se retrouva sur le trottoir. Il ne sut quelle direction prendre, c&#8217;était ça la liberté. Il pouvait aller où bon lui semblait et bêtement, lui, il ne savait pas.</p>
<p style="text-align: justify;">
Il décida de partir dans la direction d&#8217;où il était venu pour éviter de croiser sa mère qui devait être sur le chemin du retour. Madame Le Gallo avait dû brosser un beau portrait de Morgan, le tout bien emprunt de la haine qu&#8217;elle nourrissait pour les Magiciens. Ostensiblement, Morgan se dirigeait vers la gare.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">En arrivant devant la gare, Morgan se rendit compte qu&#8217;il avait, dans sa hâte, totalement oublié de prendre de l&#8217;argent. Il ne devait pas avoir plus de 10 euros en poche, ça allait être dur de payer un billet jusqu&#8217;à Paris avec une somme si dérisoire. Il ne voyait qu&#8217;une solution, faire le passager clandestin. Il entra dans la gare et leva les yeux vers le panneau d&#8217;affichage annonçant les trains en partance. Il repéra un TGV qui faisait la liaison directe pour Paris et qui partait à 9h30, seulement il déchanta vite en consultant sa montre, il était 9h40.<br />
<strong>**Gast! Je l&#8217;ai loupé de rien! Si seulement cette vieille bique de Le Vouedec avait fermé son grand clapet sans emmerder le facteur avec ses histoires!!**</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le prochain train en direction de Paris partait à 11h43, mais il n&#8217;était pas direct, il passait par Nantes. C&#8217;était d&#8217;abord un trajet en train Corail puis la correspondance en TGV. Cela n&#8217;allait déjà pas être facile, mais si en plus il fallait changer de train! C&#8217;était au dessus des forces de Morgan. Il chercha alors le prochain TGV direct pour Paris et il y en avait un qui partait à 11h59 et arrivait à la gare Montparnasse à 16h1O. C&#8217;était celui-là qu&#8217;il allait prendre, mais échapper aux contrôleurs pendant plus de quatre heures n&#8217;allait pas se faire sans mal, ça risquait même de tourner en sport de haut niveau. Mais avant toute chose, sa première difficulté serait de monter à bord. Depuis presque dix ans une loi avait été votée par le gouvernement qui renforçait sensiblement la sécurité pour l&#8217;accès aux lieux publics ainsi qu&#8217;aux transports comme le train ou l&#8217;avion.</p>
<p style="text-align: justify;">
La loi était passée comme une lettre à la poste, en effet, un gamin avait fichu un bazar pas possible à l&#8217;Hôtel Matignon, il y avait eu des blessés et le jeune, lui, avait été abattu. C&#8217;était un jeune Réciteur qui voulait s&#8217;en prendre au premier ministre de l&#8217;époque. Cette esclandre avait donné des idées à d&#8217;autres Magiciens, ainsi avait-on vu fleurir nombre d&#8217;attaques terroristes contre les représentants de l&#8217;Etat ou ses institutions. Morgan se souvenait mal de cette époque, il n&#8217;avait que cinq ans à l&#8217;époque, mais il en avait tellement entendu parler par la suite qu&#8217;il connaissait bien le sujet. C&#8217;est également à cette époque qu&#8217;avait été mis en place une politique de regroupement des Magiciens dans des villes dédiées, le gouvernement souhaitait pouvoir contrôler ses concitoyens hors normes. Ce n&#8217;étaient pas véritablement des prisons ou des camps, cela ressemblait plus à ces villes de retraités hypersécurisées comme on en trouve aux Etats-Unis ou dans le sud de la France, sauf que là, on sécurisait surtout les gens normaux.</p>
<p>Morgan se dirigea vers les quais et alla s&#8217;asseoir sur un banc, faisant mine d&#8217;attendre un train, qui s&#8217;étonnerait d&#8217;un garçon assis dans une gare avec un sac à dos à ses pieds? Il attendait forcément son train. Il ouvrit son sac et farfouilla aprés un paquet de gâteaux sec et en mangea quelques-uns, but une gorgée d&#8217;eau et resta là, impassible, patient, calme, absent même. La pluie avait cessé, le ciel restait lourd et chargé, d&#8217;un gris profond variant légèrement en fonction de l&#8217;épaisseur de la couche de nuages qui défilait au-dessus de sa tête. Ce qui l&#8217;entourait lui semblait hyperréaliste, les couleurs humides ressortaient de manière saturée sous ce ciel de plomb. Il était 1Oh15. Cette fichue montre n&#8217;avançait pas!</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Aprés avoir fait les cents pas plus d&#8217;une fois un peu partout dans la gare et ses alentours, en prenant bien soin de ne pas se faire remarquer, Morgan entra une énième fois dans la gare pour enfin, tenter de monter à bord du TGV qui le conduirait à Paris, il était 11h40. Il y avait déjà du monde qui attendait sur le quai devant les barrières qui en condamnait l&#8217;accès. En effet pour lutter contre les différents attentats menés par les Magiciens dissidents hostiles à la discrimination des <em>spéciaux</em>, servie par le laxisme calculé du pouvoir en place, l&#8217;accès aux trains n&#8217;était plus libre comme on avait pu le connaître avant l&#8217;Eveil de La Magie. Désormais, il fallait montrer patte blanche et avoir un ticket en bonne et due forme pour pouvoir grimper à bord des wagons. Les réservations étaient obligatoires sur tous les trains et bien entendu, également à bord des TGV.</p>
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		<title>Morgan, Jeune Magicien (1/3)</title>
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		<pubDate>Thu, 28 Jan 2010 09:00:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Shotaro</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecrits inachevés]]></category>
		<category><![CDATA[Romans]]></category>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Salut !</p>
<p>L&#8217;histoire de Morgan est une sorte de spin-off de mon roman principal &#8216;Célia, Le Jour où La Magie s&#8217;éveilla&#8217;. J&#8217;ai écrit l&#8217;histoire du jeune Morgan quand j&#8217;avais transposé l&#8217;univers de Célia dans un forum de RPG, c&#8217;était le personnage que je jouais et cela explique également l&#8217;écriture particulière de ce texte avec les caractères gras, les pensées des personnages encadrées par des étoiles etc. Ainsi, Morgan évolue dans le même univers que celui décrit dans &#8216;Célia&#8217; mais 10 ans après. C&#8217;est un écrit inachevé et qui ne le restera certainement , autant être clair. Peut-être pourrais-je intégrer son histoire dans le roman principal ? Mais j&#8217;en doute. Voici la première partie :</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Comme tous les matins, Morgan traînait dans le port de plaisance à proximité du collège Auguste Brizeux où il était scolarisé. Ses cours ne commençaient que dans une heure, mais il était mieux ici, au milieu des bateaux, que chez lui. Les discussions qu&#8217;ils pouvaient avoir avec ses parents se résumaient au strict minimum, c&#8217;était de plus en plus pesant. Peut-être était-ce dû à ce que l&#8217;on appelait la crise d&#8217;adolescence, mais il supportait de moins en moins cette situation alors il partait de plus en plus tôt de chez lui préférant flâner dehors.</p>
<p>Il marchait en regardant les bateaux de plaisance qui se balançaient doucement au gré de la faible houle qui régnait dans le port, le temps était humide et froid, le crachin qui tombait depuis la veille au soir lui glaçait les os et rendait l&#8217;atmosphère épaisse. Les lampadaires de l&#8217;éclairage public qui déversaient littéralement leur lumière orangée sur la scène et le calme ambiant donnaient l&#8217;impression à Morgan d&#8217;évoluer dans un décor de cinéma. C&#8217;était ainsi tous les matins ou presque, il passait de moins en moins de temps chez lui et de plus en plus à flâner, seul, s&#8217;évadant par la pensée.</p>
<p style="text-align: justify;">
Il s&#8217;assit sur une bite d&#8217;amarrage et resta là, immobile, prenant tout simplement le temps de vivre, de prendre conscience de ce qui l&#8217;entourait, de l&#8217;air, de l&#8217;eau, de la planète entière, c&#8217;était comme ça qu&#8217;il s&#8217;évadait de son quotidien peu enviable. C&#8217;était d&#8217;autant plus drôle qu&#8217;il se rapproche de la Nature, que lui, en tant que Magicien, était plutôt une exception contre-nature. En tout cas, c&#8217;est ce que tout le monde semblait penser.</p>
<p style="text-align: justify;">
L&#8217;heure du début des cours approchait, il allait devoir laisser la Nature et s&#8217;immerger une nouvelle fois dans le monde des Hommes, retrouver tous ces regards suspicieux, ces moqueries de la part des filles et cette oppression permanente. Il lui arrivait fréquemment de se demander si, après tout, ce n&#8217;était pas lui qui était un peu trop paranoïaque, mais rapidement une situation de conflit lui rappelait que non.</p>
<p style="text-align: justify;">
Il se leva mollement, il avait du mal à quitter la danse sereine des bateaux, puis réajustant son sac sur l&#8217;épaule, tourna les talons et se dirigea vers le collège.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">A mesure qu&#8217;il s&#8217;approchait du collège, la foule augmentait. Les voitures des parents qui amenaient leur progéniture encombraient la rue et provoquaient le même embouteillage tous les matins. Morgan slaloma rapidement entre les véhicules et entra dans le collège. Dans la cour les gamins s&#8217;égayaient dans tous les sens, ils criaient, couraient, bref! Tout ce qu&#8217;il faut pour arriver en classe bien énervés.</p>
<p style="text-align: justify;">
Morgan se dirigea directement dans le coin à l&#8217;écart où il avait l&#8217;habitude de s&#8217;asseoir en attendant la sonnerie, que cela soit celle du début des cours comme ce matin, ou celle de la fin de récréation. Il se posa nonchalamment sur les marches d&#8217;escalier, le crachin le frigorifiant toujours. La plupart des élèves, eux, se précipitaient sous le préau afin d&#8217;échapper à cette pluie glaciale. Alors qu&#8217;il observait ses camarades il fut tiré de ses pensées par une voix goguenarde :<br />
<em>&laquo;&nbsp;Alors? T&#8217;es dans ton seau? Tu trempes??&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: justify;">Il leva la tête en direction de la voix et reconnut Elvan Dugast entouré de ses inséparables lieutenants bêtes à manger du foin. Dugast était une petite frappe comme on en a tous connu à l&#8217;école. D&#8217;habitude Morgan était du genre à éviter les conflits, non pas par lâcheté, mais ça ne l&#8217;intéressait tout simplement pas de perdre son temps avec des imbéciles comme Elvan. Mais aujourd&#8217;hui, il en avait assez de subir les humiliations de cette grosse brute, il allait le calmer si il était excité.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>&laquo;&nbsp;_ Qu&#8217;est-ce que tu veux Dugast&#8230;</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>_ Oh! Mais l&#8217;a pas l&#8217;air jouasse le mutant! Hein les gars?&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: justify;">Gros rires gras trahissant l&#8217;intelligence de la part de son public.<br />
<em>&laquo;&nbsp;_ J&#8217;t'aime pas Salaùn, j&#8217;t'ai jamais aimé d&#8217;ailleurs&#8230;</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>_ Eh ben t&#8217;es pas le seul, prends un ticket. Si c&#8217;est tout ce que t&#8217;as à dire, lâche-moi et dégage&#8230;</em><em><br />
</em><em>_ De quoi? Mais t&#8217;es fou toi?       Comment tu me parles? T&#8217;as envie de bien commencer la journée toi!&nbsp;&raquo;</em><br />
Joignant le geste à la parole, Dugast empoigna le blouson de Morgan et s&#8217;apprêtait à le frapper. Morgan émailla un sourire sur son visage et regarda Elvan droit dans les yeux. Sa main droite le long du corps, il commençait à signer et sentait cette sensation agréable de la montée d&#8217;énergie que procurait la formulation de la Magie.<br />
<em>&laquo;&nbsp;_ Ecoute Dugast, tu me traites tout le temps de mutant alors que t&#8217;as jamais vu de quoi j&#8217;étais capable, tu sais simplement ce que t&#8217;as entendu ailleurs. Lâche-moi, où je vais te faire une demo personnalisée&#8230;</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>_Ah parce que tu crois que tu me fais peur morpion? Je vais te montrer va!&nbsp;&raquo;</em><br />
Morgan finit ses signes et lâcha sa Magie. Elvan Dugast fut brutalement projeté dans les airs, il fit un vol plané de cinq ou six mètres et s&#8217;écrasa lourdement sur le sol. Il tenait encore à la main un morceau du blouson de Morgan qui s&#8217;était arraché lorsqu&#8217;il fut propulsé. Les benêts suiveurs du chef étaient estomaqués lorsque Morgan passa devant eux pour se diriger vers Dugast. Celui-ci se relevait difficilement, tout son côté gauche endolori, il pleurait, humiliation terrible pour le caïd du collège. Toute une gamme d&#8217;émotions passait tour à tour dans son regard, la rage, la peur, la haine, Il eut un mouvement de recul lorsqu&#8217;il se rendit compte que Morgan se dirigeait vers lui et hurla :</p>
<p style="text-align: justify;"><em>&laquo;&nbsp;_ Dégage! M&#8217;approche pas sale mutant! M&#8217;APPROCHE PAS!!</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>_ Eh ben alors? T&#8217;es dans ton seau? Tu trempes, Dugast?&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>_ Monsieur Salaùn !&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: justify;">Morgan tourna la tête et vit le regard sévère de madame Le Gallo, la directrice du collège qui le toisait derrière ses petites lunettes en métal.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>&laquo;&nbsp;_ Que se passe-t-il ici?</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>_ C&#8217;est Salaùn M&#8217;dame! Il a pété un boulon! Y veut m&#8217;faire du mal C&#8217;est une saleté de mutant! Y m&#8217;a envoyé valser sans m&#8217;toucher!&nbsp;&raquo;</em> cracha Dugast.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>&laquo;&nbsp;_ Mais vous avez perdu la tête monsieur Salaùn! Ce n&#8217;est déjà pas facile de gérer des gens tels que&#8230; Tels que vous! Mais si vous devenez agressifs je serai obligé de prévenir les autorités, vous m&#8217;entendez?</em><em><br />
</em><em>_ Mais M&#8217;dame La Directrice&#8230;</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>_ Ca suffit! Suivez-moi dans mon bureau, je vais convoquer vos parents. Les pauvres! Je ne voudrais pas être à leur place!&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: justify;">Morgan était atterré, elle ne lui avait pas laissé une chance de s&#8217;expliquer! Il était un Magicien, alors bien sûr, il était obligatoirement le fautif. Ca n&#8217;était plus possible, il fallait qu&#8217;elle entende sa version.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>&laquo;&nbsp;_ Attendez! M&#8217;dame, c&#8217;est pas ma faute. J&#8217;ai rien demandé moi, cet imbécile de Dugast passe son t&#8230;</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>_ J&#8217;ai dit, ça suffit!</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>_ Mais écoutez-moi, gast!</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>_ Ah parce que tu jures en plus? Bravo! Belle éducation! Tu vas me suivre immédiatement sale gosse!&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: justify;">Madame Le Gallo, se pencha vers lui, l&#8217;attrapa par le bras et l&#8217;entraîna avec elle. Morgan signa et bouscula la directrice. Elle se retourna prête à lui crier dessus, mais il ne lui en laissa pas le temps, il claqua des doigts et les lunettes de madame Le Gallo furent éjectées de son visage et s&#8217;envolèrent. Il signa tout de suite derrière et la repoussa si violemment qu&#8217;elle finit sur les fesses. Elle était muette de stupéfaction (Il faut dire qu&#8217;elle aussi ne connaissait des Magiciens ce qu&#8217;elle avait pu en voir dans les médias). Morgan ne demanda pas son reste et s&#8217;enfuit à toutes jambes.</p>
<p style="text-align: justify;">
Il allait partir, loin, trés loin. Quitter Lorient. Il ne savait pas où il irait, mais il s&#8217;éloignerait de ses parents, de ce collège, de cette région qui ne lui avait apporté que tristesse et amertume depuis qu&#8217;il était devenu un Magicien. Oui, il était temps qu&#8217;il vole de ses propres ailes, quatorze ans c&#8217;était peut-être un peu jeune, mais il n&#8217;en supporterait pas d&#8217;avantage, si ça continuait il pourrait devenir beaucoup plus violent que ces quelques bousculades qu&#8217;il avait exécuté aujourd&#8217;hui.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Morgan traversa la rue devant le collège sans même regarder si une voiture arrivait. Le véhicule pila de justesse et le conducteur baissa sa vitre pour lui hurler dessus mais il ne l&#8217;entendit même pas, il était déjà loin. Naturellement il se dirigea vers le quai des Indes pour rejoindre son cher port de plaisance. Hors d&#8217;haleine, il se réfugia derrière une petite vedette en cale sèche pour rénovation afin de reprendre son souffle&#8230;<br />
<strong>**Gast! Qu&#8217;est-ce que j&#8217;ai fait? Maman va me tuer! Mais pourquoi elle a pas voulu m&#8217;écouter cette vieille rombière?! Ils vont m&#8217;envoyer en pension c&#8217;est sûr! Ou dans un de ces instituts pour les &laquo;&nbsp;spéciaux&nbsp;&raquo; comme ils ont déjà montré à la télé !**</strong><br />
En effet depuis quelques mois, des institutions spécialisées avaient vu le jour où les parents dépassés par les évènements envoyaient leur progéniture magique afin qu&#8217;ils soient &laquo;&nbsp;guéris&nbsp;&raquo; quand ils en ressortiraient. Morgan n&#8217;osait pas penser aux méthodes employées pour arriver à un tel résultat. Lui savait qu&#8217;il n&#8217;était pas atteint d&#8217;un mal que l&#8217;on pouvait guérir, il savait qu&#8217;il était comme ça, comme s&#8217;il était né ainsi. Il était un Magicien et ça s&#8217;arrêtait là.</p>
<p>Il était entrain de fixer son blouson en lambeaux, il ne pouvait pas s&#8217;empêcher de sourire en pensant à la tête de Dugast quand il s&#8217;était senti soulevé et qu&#8217;il avait entamé son court vol d&#8217;initiation. Le trou béant dans le blouson le frigorifiait vraiment, il n&#8217;était pas du genre frileux, mais là, c&#8217;était vraiment trop froid et le crachin qui ne cessait pas n&#8217;arrangeait pas les choses. Il pensa rentrer chez lui pour se changer mais que dirait sa mère de le voir à la maison si tôt?<br />
<strong>**Oh mais elle doit aller faire des courses ce matin! J&#8217;aurais bien une heure devant moi pour faire mon sac et&#8230; Et partir&#8230;**</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Sa décision de partir n&#8217;était pas récente, cela faisait un moment qu&#8217;il y songeait mais il ne pensait pas que cela se passerait de cette manière. Et dire que tout ça c&#8217;était la faute de ce gros balourd de Dugast. Morgan ne savait pas s&#8217;il devait lui en vouloir ou au contraire le remercier d&#8217;avoir précipiter les choses ainsi, car peut-être n&#8217;aurait-il jamais eu le courage de rompre avec tout ce qu&#8217;il avait toujours connu.</p>
<p style="text-align: justify;">
Il se mit en route et en cherchant son sac au sol, il se rendit compte qu&#8217;il était resté au bas des marches dans la cour du collège. Il était hors de question d&#8217;y retourner le chercher. Serrant les haillons de son blousons au tour de lui, il se rendit vers la rue Olivier de Clisson où se trouvait l&#8217;appartement qu&#8217;il occupait avec ses parents, c&#8217;était à peine à cinq minutes du collège. Tout en marchant il fut pris d&#8217;une angoisse : Il était clair que la directrice avait dû appeler sa mère, elle n&#8217;irait pas faire de courses ce matin, mais avec un peu de chance elle irait au collège pour s&#8217;expliquer avec madame Le Gallo. Il changea alors d&#8217;itinéraire et préféra arriver par le chemin le plus long étant presque sûr que sa mère passerait certainement par les boulevards du Maréchal Joffre et Philippe Leclerc, elle n&#8217;était pas trés douée pour se repérer dans la ville, bien qu&#8217;elle y habitât depuis de nombreuses années maintenant, elle s&#8217;arrangeait toujours pour prendre le chemin le plus simple dans son idée même si ce n&#8217;était pas toujours le plus court. Morgan décida donc de passer totalement à l&#8217;opposé et prit par la rue de la Patrie, rue de Liège et rue du Couedic.</p>
<p style="text-align: justify;">
Une fois engagé dans la rue Olivier Clisson, il marcha sur le trottoir opposé de celui de son appartement, sur le qui-vive, prêt à se cacher derrière une voiture au moment ou il verrait sa mère. Il fut bientôt devant le numéro 88 et décida d&#8217;attendre un petit moment, il ne s&#8217;agissait pas de croiser sa mère dans l&#8217;escalier. Il se rencogna sous le porche d&#8217;un immeuble un peu avant le sien et resta là, faisant mine de s&#8217;abriter de la pluie, mais ne quittant pas l&#8217;entrée de son propre immeuble des yeux. Grand bien lui prit d&#8217;être si prudent, au bout de quelques minutes il vit sa mère sortir et ouvrir un parapluie, un air plus que sévère sur le visage. D&#8217;où il était, Morgan croyait même déceler de la déception, ce qui le surprit un peu puisqu&#8217;il pensait que ses parents n&#8217;attendaient pas grand chose de lui. Ceci le déstabilisa un peu, il n&#8217;était plus aussi sûr de sa décision de partir tout à coup, des larmes lui montaient aux yeux, la plus grande confusion l&#8217;envahissait. Sa mère prit à droite en direction du boulevard Joffre comme il s&#8217;y était attendu. Il resta un moment pelotonné contre le porche, ne sachant plus trop quoi faire. Puis tout ce qu&#8217;il avait subi depuis dix ans, le regard suspicieux de tous ces gens à son encontre et même de ses propres parents lui redonna ce courage qui l&#8217;avait quitté un bref instant. Morgan traversa la rue et trottina rapidement vers l&#8217;entrée de son immeuble.</p>
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		<title>Chapitre III.2</title>
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		<pubDate>Sat, 23 Jan 2010 09:00:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Shotaro</dc:creator>
				<category><![CDATA[Célia]]></category>
		<category><![CDATA[Romans]]></category>
		<category><![CDATA[Etienne]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
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		<category><![CDATA[magie]]></category>

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		<description><![CDATA[Elle souffla plusieurs fois de suite pour se calmer et entreprit de se changer pour la nuit. Trois petits coups discrets résonnèrent sur la porte et David invita Cameron à entrer. Il découvrit sa jolie collègue habillée d’un t-shirt beige et d’un panta-court blanc cassé, elle tenait son sac contre elle comme un ultime rempart [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Elle souffla plusieurs fois de suite pour se calmer et entreprit de se changer pour la nuit.<br />
Trois petits coups discrets résonnèrent sur la porte et David invita Cameron à entrer. Il découvrit sa jolie collègue habillée d’un t-shirt beige et d’un panta-court blanc cassé, elle tenait son sac contre elle comme un ultime rempart à l’intimité qu’ils allaient être obligés de partager dans le même lit cette nuit. Son caractère bien trempé refit surface d’un coup et asséna brusquement au jeune caméraman :<br />
« - Je prends la place de droite et ne t’avise pas d’avoir les mains baladeuses sinon je te les coupe !<br />
- Les mains ? fit David avec un petit rire.<br />
Cameron lui lança un regard noir qui figea le sourire de David. Elle alla vers le lit, le défit et s’y installa. Elle remonta la couverture jusqu’au cou et ferma les yeux. Elle les rouvrit en entendant David rire à gorge déployée. Il la regardait goguenard en lui mimant la scène en simulant une couverture sous son menton les yeux fermés et en faisant la moue.et il se remit à rire. Cameron sourit puis éclata de rire face au ridicule de la situation.<br />
- Allé viens te coucher espèce de gamin ! Mais mes mises en garde restent valables, fit-elle<br />
David rejoint Cameron sous la couette et ils restèrent immobiles pendant un long moment. David  se retourna sur le côté puis s’endormit rapidement, alors que Cameron, elle, était trop excité de sa journée, avoir rencontré Etienne Florentin, que celui-ci ait accepté l’interview, tout cela était trop beau pour être vrai et tout ceci tournait dans son esprit. Un bon moment après, elle s’endormit à son tour sans s’en rendre compte.</p>
<p>David ouvrit les yeux, la lumière emplissait déjà la chambre, il n’aurait pas su dire quelle heure il était, l’aube apparaissant très tôt ici. Il prit pied dans la réalité au fur et à mesure qu’il se réveillait, il n’avait pas encore bougé. Il était sur le côté, tourné vers Cameron dont la respiration calme et profonde apportait une sérénité surréaliste dans la pièce. Il observait la petite brunette qui dormait juste à côté de lui quand il prit conscience qu’il avait sa main droite sur elle, sur son ventre précisément et sous le t-shirt pour couronner le tout ! Il retira doucement sa main baladeuse en priant que Cameron ne se réveille pas pendant l’opération sous peine de devoir expliquer quelque chose qu’il avait fait sans en avoir conscience durant son sommeil. Il récupéra sa main sans encombre non sans un petit pincement au cœur, il avait trouvé ça bien agréable quand même… Il entreprit de se rendre à la cuisine afin de préparer du café pour tout le monde, il pouvait bien faire ça pour Etienne. Et pour Cameron… Il quitta la chambre et dans le couloir il jeta un œil à sa montre : Il était six heures et quart. C’était ça, David avait dormi cinq heures, ca lui suffisait, il pouvait être très fatigué ou pas, il dormait entre quatre et six heures, jamais plus. Alors qu’il descendait les escaliers, une délicieuse odeur de café vint lui chatouiller les narines et en s’approchant du bar de la cuisine américaine, il découvrit Etienne entrain de faire des toasts, patientant que le grille-pain lui rende les tartines qu’il y avait mis.<br />
- Vous êtes bien matinal, mon jeune ami, fit Etienne sans détourner le regard du grille-pain.<br />
- Vous en êtes un autre, Etienne, répondit David le sourire aux lèvres.<br />
- Avez-vous bien dormi ? Ici au moins, on est au calme, pas de voisins bruyants qui tapent dans les murs, parfois des coyotes qui hurlent à la Lune, mais c’est tout.<br />
- Comme un bébé ! Je suis en pleine forme !<br />
- Vous m’en voyez ravi ! La cohabitation s’est bien passée ? fit le vieil homme avec un petit sourire.<br />
- Oui, oui ! Impeccable, elle ne ronfle pas si fort en fin de compte, plaisanta David<br />
Etienne éclata de rire en récupérant le pain grillé qui avait jailli de l’appareil et le mit dans une assiette qu’il posa sur le bar. Il servit un café au jeune homme, alla chercher une bouteille de jus d’orange dans le réfrigérateur et leur servit un grand verre chacun. Sur le bar s’étalait les ingrédients d’un copieux petit déjeuner et Etienne en fit le tour pour venir s’asseoir à côté de David et les deux hommes mangèrent en parlant de tout et de rien. Ils passèrent ainsi une demi-heure, David expliquant des choses sur son métier, Etienne expliquant pour quelles raisons il était venu si loin de la cohue urbaine. Vers sept heures Etienne prépara un plateau avec café, pain grillé, jus de fruit, beurre, confiture et le confia à David pour que celui-ci aille réveiller « Mademoiselle La Reporter » lui fit-il avec un clin d’œil.<br />
- Hmm… Elle ne va plus se sentir si on la traite comme une princesse, vous savez ? observa David<br />
- Ah mais pour ma part, je ne la traite de rien, mon jeune ami, c’est vous qui allez lui monter son plateau, pas moi ! répondit Etienne en se dirigeant vers la porte pour aller prendre l’air sur la petite terrasse du devant de la maison.<br />
David resta seul, le plateau sur les bras, il était resté le regard fixé sur la porte par laquelle était sorti le vieil homme. Il baissa les yeux vers le contenu du plateau, songeur, puis il haussa les épaules et monta les escaliers.<br />
David tapota à la porte de la chambre et ne reçut aucune réponse. Il entra, sa collègue dormait toujours, il pouvait entendre sa légère respiration. Il se débarrassa du plateau sur la petite table de nuit en bois laqué noir puis il s’assit sur le bord du lit et resta un moment à regarder Cameron. Sans les défenses qu’elle avait l’habitude de maintenir quand elle était éveillée, elle lui apparaissait ici comme une petite fille, si douce, si fraîche.et si fragile. David ne savait pas très bien comment s’y prendre pour la réveiller, il avait peur de lui faire peur ou tout au moins de la surprendre. Il tendit la main pour lui caresser les cheveux et finit son mouvement sur sa joue. Cameron bougea légèrement et David l’appela doucement par son prénom, il avait toujours la main sur sa joue, elle ouvrit les yeux et son regard se planta tout de suite dans celui de David.<br />
- Hello ! lui fit-il simplement avec un sourire timide.<br />
- Hello… lui répondit-elle aussi simplement.<br />
Il récupéra sa main et lui annonça qu’il lui amenait le petit déjeuner il attrapa le plateau et lui présenta. Elle se mit en position assise et il lui posa le copieux petit déjeuner sur les genoux. Il lui servit un café et un verre de jus d’orange puis il resta là, simplement à la regarder pendant qu’elle détaillait ce qui se trouvait sur le plateau.<br />
- C’est très gentil<br />
- Je t’en prie, répondit David.<br />
- Tu diras merci à Etienne, lança-t-elle au jeune homme sans le regarder.<br />
David sourit, sa jeune amie gardait toute sa capacité d’analyse, même au saut du lit ; Elle était redoutable. David annonça qu’il allait faire sa toilette mais Cameron l’attrapa par le bras et lui demanda de rester un moment. Il se rassit et se mirent à discuter, tranquillement, gentiment, calmement, pas de chamailleries, pas de mises en boîte, pas de pics.<br />
Etienne s’était assis dans un vieux fauteuil à bascule en bois et regardait le paysage. Il adorait se poser comme ça, le matin, et ne devenir pour quelques minutes que le spectateur du monde, s’en extraire littéralement. Dans ces moments il ne pensait à rien et ne faisait qu’écouter le vent, sentir le soleil sur sa peau mais ce matin, c’était différents, il se demandait si les deux jeunes gens au premier étage avaient arrêté de se mettre en opposition, comportement qui le laissait pensif. Ce genre de séduction le laissait perplexe, ces deux là se plaisaient, ça se voyait comme le nez au milieu de la figure, il l’avait perçu très vite quand ils étaient arrivés hier après-midi mais il semblait que  seuls eux-mêmes ne s’en rendaient pas compte. Il resta, là, assis, tranquille et rassuré d’avoir fait un choix aussi judicieux en acceptant la demande d’interview de mademoiselle Cameron Hattaway, il avait développé une confiance en elle, il la sentait intègre et, le plus important, passionnée.<br />
Etienne se leva au bout d’une vingtaine de minutes et rentra dans la maison, il comptait préparer le repas pour ce midi. Quand il fut dans le salon, Cameron était entrain de descendre les escaliers, ramenant le plateau du petit déjeuner, ils se saluèrent. Cameron posa son fardeau sur le bar de la cuisine et grimpa sur un des tabourets, l’homme passa de l’autre côté et se planta en face d’elle, son visage affichant un sourire tendre à l’attention de la jeune femme.<br />
- Etienne… commença-t-elle.<br />
- Oui, ma jeune amie ? fit il.<br />
Elle lui attrapa les mains et les serra entre les siennes.<br />
- Merci !<br />
Elle avait prononcé ce mot à la limite de l’audible et Etienne lui fit un grand sourire et lui caressa la joue.<br />
- Mais de rien, mon enfant.</p>
<p>Plus tard, David et Cameron tous frais lavés, s’affairèrent à remettre en place le plateau, le jeune technicien mettant sous tension tout le matériel, quant à la journaliste, elle vérifia ce qui avait été abordé la veille pour sa part et avisa de ce qu’elle comptait demander à Etienne d’aborder ce matin. Le héros de l’histoire pour sa part, avait terminé la préparation du repas pour le midi et s’affairait à la vaisselle. Bientôt tout était prêt, Cameron et Etienne regagnèrent leur place respective, David fit le décompte et lança l’interview.</p>
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		<title>Chapitre III.1</title>
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		<pubDate>Tue, 19 Jan 2010 09:00:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Shotaro</dc:creator>
				<category><![CDATA[Célia]]></category>
		<category><![CDATA[Romans]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
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		<category><![CDATA[magie]]></category>
		<category><![CDATA[reportage]]></category>

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		<description><![CDATA[report - C’est dans la boîte ! annonça David. Cameron était fascinée. Elle connaissait pourtant l’histoire de leur rencontre mais racontée par les mots d’un des protagonistes elle avait l’impression de la redécouvrir entièrement. - C’était bien ? demanda Etienne. - Parfait, Etienne, vraiment ! lui répondit la journaliste avec un sourire. - Si je suis trop bavard, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align: center;">report</div>
<p style="text-align: justify;">
<p>- C’est dans la boîte ! annonça David.<br />
Cameron était fascinée. Elle connaissait pourtant l’histoire de leur rencontre mais racontée par les mots d’un des protagonistes elle avait l’impression de la redécouvrir entièrement.<br />
- C’était bien ? demanda Etienne.<br />
- Parfait, Etienne, vraiment ! lui répondit la journaliste avec un sourire.<br />
- Si je suis trop bavard, vous couperez au montage de toute façon !<br />
- Je pense que nous allons avoir le problème inverse, Etienne. Oui, nous allons devoir couper afin de réaliser le montage des documentaires et la difficulté sera de choisir ce que nous aurons à couper. Vous ne nous avez raconté que votre rencontre pour le moment, mais c’est tellement intense ! Je suis ravie et je vous remercie vraiment du fond du cœur de nous permettre de réaliser tout ceci, Etienne.<br />
- Je suis content que cela vous plaise, Cameron, fit simplement Etienne, que diriez-vous d’un petit café avant d’aller dormir, il se fait tard, déjà. La jeune femme accepta volontiers.<br />
David jeta un œil à sa montre et il fut surpris de voir qu’il était déjà plus de minuit. Il entreprit d’éteindre tout l’appareillage du plateau et de noter les différents réglages qu’il avait appliqués à ces derniers afin d’obtenir la même ambiance lumineuse et sonore le lendemain. Pendant ce temps, Cameron avait rejoint le bar et discutait avec Etienne qui était entrain de faire le café. Le fait qu’il commence à travailler avant la jeune femme et qu’il termine après elle ne gênait aucunement David, c’était son rôle de technicien après tout. Pendant que les caméras tournaient, son rôle se limitait à surveiller le taux de remplissage des disques durs des caméras numériques et à veiller que le son passait bien. Pour le coup, ce soir, il avait tellement été absorbé par le récit d’Etienne qu’il n’avait pas franchement tenu son rôle aussi bien qu’il aurait dû, il avait même failli louper le remplacement des disques au bout des quatre-vingt dix premières minutes. Il faut dire qu’Etienne avait un véritable talent de conteur et savait captiver son auditoire, David avait d’ailleurs rarement connu Cameron aussi peu bavarde lors d’une interview, elle avait préféré elle aussi laisser s’exprimer le vieil homme. David avait été étonné qu’il n’eût pas à déployer le générateur d’appoint qu’il avait amené avec eux, la maison d’Etienne fournissait suffisamment d’électricité pour alimenter les projecteurs, toute la panoplie de la petite régie qu’il avait installée ainsi que l’équipement de la maison. Il s’en étonna auprès du propriétaire des lieux qui lui fit une réponse laconique :<br />
- Vous savez, c’est ma fille qui s’est occupé de l’installation de la maison…<br />
David répondit par un sourire et une moue qui exprimait qu’il avait compris. Le jeune technicien rejoignit Cameron qui était entrain de souffler sur son café, il se jucha sur le tabouret de bar à côté d’elle, attrapa un morceau de sucre et le trempa dans son café avant d’en croquer la moitié. Quant à l’autre moitié qui lui restait dans entre les doigts, il le lâcha dans le liquide noir.<br />
- Quel rituel ! remarqua la journaliste.<br />
- Je fais ça depuis que je suis gamin, c’était déjà le cas avec mon chocolat chaud, j’ai poursuivi avec le café…<br />
- C’est presqu’un T.O.C. alors ? se moqua-t-elle.<br />
Pour toute réponse, David lui aboya dessus en imitant le chien, ce qui surprit réellement la jeune femme. David et Etienne partirent d’un grand rire et Cameron fit la moue.<br />
- Allons, Cammy, déstresse un peu ! Regarde ! Nous sommes dans un cadre incroyable, reçus chez une célébrité mondiale comme des rois et tu es entrain de faire une des interviews qui comptera le plus dans ta carrière, si ce n’est la plus importante ! Elle est pas belle la vie ? fit David en tapotant l’épaule de la jeune femme.<br />
Cameron lança un regard à Etienne et leva les yeux au ciel d’un air de dire « Quel gamin ! ». Etienne repartit à rire, « ouais, un véritable petit couple ces deux-là » pensa-t-il.<br />
- Dites-moi les enfants, je pense à quelque chose, là. Vous allez dormir ci mais je n’ai que deux chambres, la mienne et l’autre, fit le vieil homme d’un regard malicieux, ça ne vous dérange pas de dormir ensemble ?<br />
Cameron ouvrit de grands yeux derrière la tasse de café qu’elle était entrain de finir et ne sut que répondre dans un premier temps et plutôt que de bafouiller quelque chose, elle laissa l’initiative de la réponse à David, elle ne fut pas déçue de son choix.<br />
- J’espère que tu ne ronfles pas, Cammy, fit simplement David. Il reçut, comme à chaque fois qu’il la mettait gentiment en boîte de la sorte, un coup de poing rageur dans l’épaule.<br />
- Tu vas dormir à terre, oui ! Cuistre ! siffla Cameron. Etienne, lui, les regardait se chamailler, amusé.<br />
- Tu rigoles ! Les nuits son fraîches dans le désert, je vais m’enrhumer ! Alors qu’ensemble je pourrai mettre mes pieds froids sur tes jambes… en rajouta David.<br />
- Tu rêves éveillé, mon pauvre ami, lâcha simplement la jeune femme.<br />
David éclata de rire suivi d’Etienne, quant à Cameron elle faisait d’énormes efforts afin de ne pas les rejoindre, il fallait qu’elle reste sérieuse, sinon cela casserait son effet. Mais elle ne put pas et bientôt les trois rirent de bon cœur.<br />
- Je ne regrette pas de vous avoir offert l’hospitalité à tous les deux, vous êtes charmants, constata Etienne.<br />
Cameron lança un regard à David qui était entrain de la fixer avec un sourire. Elle fut surprise et s’adressa à Etienne :<br />
- C’est vous qui êtes charmant, Etienne… Célia, même si elle a commencé sa toute jeune vie par un drame et des moments difficiles dans les services sociaux parisiens, elle a eu l’immense chance de vous rencontrer, vous lui avez donné l’amour d’un père et ne serait-ce que ça, c’est irremplaçable ! constata Cameron.<br />
- Oh ! Comme vous me flattez, jeune fille ! répondit Etienne, embarrassé.<br />
- C’est pourtant la vérité ! J’ai hâte que vous me racontiez la jeunesse de Célia, demain. C’est un pan de son histoire moins connu que le reste et je bous d’impatience, fit la journaliste.<br />
- En attendant, au lit ! Qu’en pensez-vous ? annonça le vieil homme.<br />
- Bonne idée, fit David, je suis vanné ! La route depuis Mexico n’a pas été des plus reposantes, je me demande si nous n’aurions pas mieux fait de venir jusqu’ici à dos de cheval en fin de compte !<br />
- Je vous montre votre chambre, fit Etienne en éteignant les lumières de la cuisine et du salon. Les jeunes gens suivirent l’ancien dans les escaliers qui menaient au premier étage de la petite maison. Les deux chambres étaient en enfilade sur la droite des escaliers, Etienne indiqua aux jeunes gens que leur chambre se trouvait derrière la seconde porte, la première abritant la sienne et la dernière porte au fond donnant accès à la salle de bain.<br />
- Tiens, puisque nous allons dormir dans la même pièce, tu ne vois pas d’objection à aller chercher mon sac de voyage, n’est-ce pas ? fit Cameron en se tournant vers David.<br />
- Oui, Maîtresse ! répondit-il simplement en partant au pas de course redescendre les escaliers.<br />
- Je bosse avec un adolescent… soupira la journaliste.<br />
- Il a l’air de beaucoup vous apprécier en attendant, se risqua Etienne appuyé à la rambarde.<br />
- Je vous vois venir, Monsieur Florentin, déclara la jeune femme en fronçant les sourcils, vous jouez les entremetteurs ? David pourrait très bien dormir sur le canapé dans le salon…<br />
- Vous ne me l’avez pas objecté tout à l’heure ! rétorqua-t-il dans un éclat de rire.<br />
Cameron s’était faite avoir comme une bleue et elle ne sut que répondre. Etienne s’approcha d’elle et lui mit la main sur l’épaule.<br />
- Je ne fais que vous rapprocher tous les deux afin que vous puissiez parler sans vous chamailler car si lui est l’adolescent de l’histoire alors vous, vous en êtes l’adolescente ma chère, fit Etienne avec un sourire malicieux.<br />
Cameron sourit au vieux monsieur, elle était battue à plates coutures, la force de l’expérience avait eu raison d’elle pourtant plutôt bonne pour mener des interviews difficiles auprès des politiques, il faut croire qu’Etienne était plus subtil que tous ces hommes politiques qu’elle avait croisé dans sa jeune carrière. David remonta les escaliers quatre à quatre et tendit son sac à Cameron.<br />
- Votre sac, Mademoiselle la Reporter.<br />
- Vous n’aurez qu’à le déposer dans la chambre, mon ami, répondit-elle du tac au tac.<br />
- Les enfants, passez une bonne nuit et à demain ! lança Etienne en ouvrant sa chambre. Il leur fit un signe de main et referma la porte sur lui.<br />
Cameron entra dans la seconde chambre suivie de David, chargé des deux sacs de voyage. A l’image de la maison, le style de la pièce oscillait entre moderne et rustique, les murs étant en bois brut mais les meubles eux, plutôt dans un style moderne avec leur bois laqué noir. La moquette gris souris faisait ressortir le lit dont la couette était blanc cassé et la tête de lit d’un bleu gris qui faisait parfaitement la transition avec les murs marron chocolat du bois vieilli qui les composait. Maintenant qu’ils étaient seuls, David faisait moins le fanfaron, il était même très calme. De l’autre côté, Cameron n’en menait pas plus large, un silence gêné s’étaient installés entre les deux jeunes gens, elle attrapa son sac et s’en fut dans la salle de bain. David soupira, se passa la main dans les cheveux  et resta un moment là, à ne pas savoir quoi faire.<br />
Cameron fixait le miroir qui lui renvoyait l’image d’une jeune fille paniquée. Elle se mit à rire en pensant que ce vieux grigou d’Etienne l’avait bien manipulée.</p>
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