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	<title>Tais-Toi Donc ! &#187; journalistes</title>
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	<description>Le Blog de Shotaro</description>
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		<title>Chapitre VII.2</title>
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		<pubDate>Fri, 19 Mar 2010 06:02:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Shotaro</dc:creator>
				<category><![CDATA[Célia]]></category>
		<category><![CDATA[Romans]]></category>
		<category><![CDATA[Etienne]]></category>
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		<description><![CDATA[_ Comment ça un couple ? S&#8217;insurgea Cameron. Etienne rit intérieurement, la jeune femme si sérieuse à la télévision et dans son travail était tellement transparente quand il s&#8217;agissait de sentiments et particulièrement les siens. Il décida d&#8217;en rajouter une couche. _ Eh bien vous êtes bien un couple, n&#8217;est-ce pas ? _ Mais pas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } --><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Comment ça un couple ? S&#8217;insurgea Cameron.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Etienne rit intérieurement, la jeune femme si sérieuse à la télévision et dans son travail était tellement transparente quand il s&#8217;agissait de sentiments et particulièrement les siens. Il décida d&#8217;en rajouter une couche.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Eh bien vous êtes bien un couple, n&#8217;est-ce pas ?</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Mais pas du tout ! Je pensais que vous l&#8217;aviez compris, Etienne, enfin !</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Laissez-moi finir, voyons ! Un couple dans le travail, vous la journaliste et vous, David, son technicien, bref ! Un couple. Ou alors peut-être préférez-vous le terme de binôme, Cameron ? Répondit Etienne l&#8217;oeil malicieux.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Cameron croisa les bras nerveusement en faisant la moue ; Elle s&#8217;était faite avoir encore une fois par ce vieux grigou ! David lui, avait le sourire aux lèvres et secouait la tête, impressionné de la manière dont Etienne réussissait à manipuler Cameron qui n&#8217;était pourtant pas née de la dernière pluie et savait normalement déjouer avec maestria ce genre de piège quand elle se trouvait face à un homme politique.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Que diriez-vous de passer à table, les enfants ? Déclara Etienne.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ On vous suit, Etienne, s&#8217;enthousiasma David</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Mais c&#8217;est incroyable ! Toi dès qu&#8217;il s&#8217;agit de bouffe, t&#8217;es intenable, je ne comprends pas comment tu ne grossis pas ! S&#8217;écria Cameron.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Ah ! Pour ça ! J&#8217;ai toujours été chanceux, je peux manger tout ce que je veux et je ne prends pas un gramme, ma chère !</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Bah ! C&#8217;est dégueulasse !</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Les deux hommes éclatèrent de rire face à la réaction typiquement féminine de la jeune femme. Ils allèrent s&#8217;installer à la table et Etienne après avoir bataillé avec Cameron pour que celle-ci accepte d&#8217;aller s&#8217;asseoir sans apporter son aide, passa en cuisine et ramena des plateaux chargés de canapés frais. Ce soir le repas serait un apéritif dînatoire, Etienne avait préparé tout ça le matin afin que cela se rafraîchisse suffisamment dans le réfrigérateur tout au long de la journée.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Je me pose une question d&#8217;ordre pratique, Etienne, demanda David.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Je vous écoute, mon cher.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Nous sommes au milieu de nulle part, en plein désert, Negra Agua tient plus du village qu&#8217;autre chose, comment vous approvisionnez-vous pour nous servir de tels repas princiers ?</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_C&#8217;est une bonne question, ça, David, tu pourrais être un journaliste, finalement, se moqua Cameron.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Eh bien, je me fournis beaucoup dans mon jardin, à l&#8217;arrière de la maison, fit Etienne.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Je n&#8217;accepte pas cette réponse, déclara le caméraman avec un sourire, car dans ce cas là, une autre question me vient à l&#8217;esprit en prise directe avec la première, où trouvez-vous l&#8217;eau pour faire pousser vos légumes ? Sans compter que je ne connais pas d&#8217;arbre faisant pousser des bouteilles de whisky&#8230;</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Ahahah ! Vous êtes redoutable, jeune homme ! S&#8217;esclaffa le vieux libraire.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Cameron regardait son camarade, elle était réellement impressionnée, il cachait bien son jeu. Dans le milieu des médias télévisés, c&#8217;était en tout cas celui qu&#8217;elle connaissait le mieux, les techniciens étaient rarement reconnus à leur juste valeur par les journalistes. Ils étaient peu considérés, juste bons à tenir une perche pour le son ou une camera pour l&#8217;image. De plus, les journalistes avaient souvent un égo surdimensionné, eux étant les stars et les techniciens  les sous-fifres qu&#8217;ils devaient supporter s&#8217;ils voulaient être filmés. Cameron pour sa part avait toujours été très respectueuse envers ses techniciens, elle essayait toujours d&#8217;installer une bonne ambiance dans l&#8217;équipe afin qu&#8217;il n&#8217;y ait pas de conflit permanent et que le travail soit bien fait. Elle travaillait avec David depuis un peu plus d&#8217;un an et elle s&#8217;était tout de suite bien entendue avec lui. Il faut dire que David avait un bon caractère, il était toujours d&#8217;humeur égale, jamais un mot plus haut que l&#8217;autre, il connaissait parfaitement son métier et savait se faire discret pour palier aux problèmes qui pouvaient survenir pendant un direct sur le terrain. Bref ! Il était, tout comme elle, totalement investit dans la réalisation d&#8217;un bon reportage, elle pour la ligne éditoriale, lui pour tout l&#8217;aspect technique. Ils formaient une bonne équipe professionnelle. Elle se rendait compte aujourd&#8217;hui qu&#8217;au-delà de son savoir faire technique, David avait aussi une fibre journalistique et une capacité d&#8217;analyse intéressante et la question qu&#8217;il venait de poser à Etienne en était un exemple flagrant. Pourtant elle était persuadée qu&#8217;il préférait s&#8217;occuper de ses caméras et micros plutôt que d&#8217;embrasser une carrière de journaliste, en étant technicien de terrain, il jouait sur les deux tableaux, il tripotait ses gadgets électroniques et il vivait les reportages par procuration auprès du journaliste qu&#8217;il assistait. Maintenant qu&#8217;elle y pensait, avec son air de ne pas y toucher, il avait déjà suggéré de bons angles d&#8217;attaque sur les sujets qu&#8217;ils avaient réalisé ensemble. Il avait suffisamment de psychologie pour ne jamais imposer son choix, il proposait ceci ou cela mais laissait l&#8217;entière décision finale à Cameron. Après tout, lui n&#8217;était pas dans la lumière et s&#8217;il se plantait, ça n&#8217;aurait aucune incidence pour son image. Il en était tout autrement pour Cameron, elle était en première ligne et même si elle avait toute latitude pour la ligne éditoriale des sujets qu&#8217;elle faisait, le point de vue extérieur de David lui était important, il avait le recul suffisant pour suggérer sa vision des choses de manière objective et son regard était d’autant plus important qu’il connaissait le milieu du journalisme puisqu’il y  trainait ses guêtres depuis plus de dix ans. Cameron posa les coudes sur la table et le menton sur ses doigts croisés en regardant Etienne avec un sourire. Le vieil homme observa tour à tour la journaliste et le technicien puis déclara avec un sourire :</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Oh ! Mais je vois ! Je vois ! C’est un complot !</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Les jeunes gens ne bronchèrent pas et restèrent à regarder Etienne, un sourire imprimé sur leur visage, David avait d’ailleurs pris la même position que Cameron.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Haha ! Vous êtes impayables vous deux, vous allez bien ensemble, tiens ! Quelle fine équipe ! Eh bien je vais vous répondre, vous avez gagné ! </span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Le vieil homme remonta la manche de chemise sur son bras droit et le présenta sous le nez des deux jeunes gens. Ils découvrirent un petit tatouage circulaire dans lequel étaient inscrits des signes en spirale.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Un Signe ! s’écria Cameron.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Eh oui, un Signe ! Un cadeau de ma fille pour je cite « que tu ne manques de rien, Papa ».</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Ca fonctionne comment ? demanda Cameron toute excitée. David lui restait bouche bée devant le bras du vieux libraire, c’était la première fois qu’il voyait un signe transféré sur un hôte à la base non Magicien.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Eh bien… Célia m’a appris à me concentrer pour activer ce sceau, il crée une copie de lui-même au sol ensuite, je me positionne au milieu, je n’ai plus qu’à énoncer ce que je souhaite et cela apparait.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ C’est… c’est tout ? Lâcha Cameron un peu dépitée.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Eh bien oui ma chère ! C’est Célia la Magicienne, pas moi ! Mais vous verrez dans mes prochains récits que ce petit Signe sur mon bras n’est qu&#8217;une broutille par rapport aux pouvoirs qu’elle a déjà pu me donner que je sois consentant ou pas.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Vous me mettez l’eau à la bouche, Etienne s’exclama David.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Mais dites-moi les enfants, que diriez vous si nous y retournions ? C’est dingue ça ! C’est moi qui dois vous rappeler le planning ! Plaisanta Etienne.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Vous avez parfaitement raison, Etienne ! David ! A tes micros ! Etienne sur votre fauteuil ! Et moi… Eh bien, moi dans mon fauteuil aussi ! Allé hop ! dit Cameron en se levant et en mettant les verres du repas dans les plateaux ayant contenu les petits canapés avant qu’Etienne n’ait pu esquisser un geste. Les deux hommes se regardèrent et se levèrent de concert pour rejoindre leur place assignée, inutile de contredire la demoiselle.</span></p>
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		<title>Chapitre VII.1</title>
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		<pubDate>Sat, 13 Mar 2010 06:00:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Shotaro</dc:creator>
				<category><![CDATA[Célia]]></category>
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		<description><![CDATA[_ Bien ! On va s&#8217;arrêter là, il est déjà tard, qu&#8217;en pensez-vous Étienne ? _ Oui, bonne idée ! Passons à l&#8217;apéritif ! Répondit Étienne en frappant dans ses mains. Cameron jeta un œil à David, celui-ci n&#8217;avait pas bougé, il restait bouche-bée à observer Étienne qui se dirigeait vers la cuisine dans le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } --><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Bien ! On va s&#8217;arrêter là, il est déjà tard, qu&#8217;en pensez-vous Étienne ?</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Oui, bonne idée ! Passons à l&#8217;apéritif ! Répondit Étienne en frappant dans ses mains.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Cameron jeta un œil à David, celui-ci n&#8217;avait pas bougé, il restait bouche-bée à observer Étienne qui se dirigeait vers la cuisine dans le but de sortir des verres pour servir ses invités.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Oh ! David ! Tu rêves ? Fit la jeune femme en faisant un signe de la main devant les yeux du technicien.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Nan&#8230; Je suis soufflé, on n&#8217;est même pas encore dans le cœur de l&#8217;action et il y a déjà tout pour faire une super histoire, tu penses qu&#8217;il était déjà conscient à l&#8217;époque qu&#8217;il allait vivre un truc hors normes ?</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ C&#8217;est un homme intelligent, même s&#8217;il ne mesurait peut-être pas l&#8217;ampleur de ce qui lui arriverait, il devait bien se douter que de vouloir adopter une gamine capable de choses aussi extraordinaires ne lui donnerait pas l&#8217;occasion d&#8217;avoir une vie pépère. En même temps, rappelle-toi qu&#8217;il n&#8217;y a que deux jours que le phénomène des Magiciens est apparu, il ne doit pas avoir conscience de ce que ça allait impliquer comme changements au niveau de la société française d&#8217;une part mais de la planète entière d&#8217;autre part.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Ouais&#8230; C&#8217;est vrai que de notre point de vue, soixante ans plus tard on a suffisamment de recul pour comprendre combien cette rencontre et ces évènements sont extraordinaires, alors qu&#8217;à l&#8217;époque il était la tête dans le guidon, totalement noyé dans la situation&#8230; Je trouve ça hallucinant quand même, quelle vie ! Je ne sais pas si t&#8217;es comme moi, car après tout, t&#8217;as préparé cette interview comme une malade, mais moi j&#8217;ai déjà appris pleins de trucs que je ne savais pas et pourtant j&#8217;ai lu pas mal de bouquins sur leur histoire.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Ouaip ! C&#8217;est pour ça que tu devrais être fier de travailler avec une femme qui a eu cette brillante idée de venir à la rencontre du protagoniste principal de tout ça, fit la jeune femme en bombant fièrement le torse.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Tout à fait Mademoiselle La Reporter, je mesure ma chance à chaque seconde, répondit David en mimant une révérence.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Les jeunes gens éclatèrent de rire ensemble au moment ou Étienne revenait vers eux avec bouteilles et verres disposés sur un plateau.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Eh bien dites-moi ! On s&#8217;amuse ici !</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Oh ! Pardonnez-moi, Étienne, je vous laisse tout faire, j&#8217;aurais dû vous aider, s&#8217;excusa Cameron</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Allons ! Cameron ! Je ne suis pas impotent, vous savez, fit Étienne affichant un air faussement blessé.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">La jeune femme ne saisit pas la plaisanterie du vieil homme et se confondit en excuses, Étienne regarda David qui leva les yeux au ciel sous-entendant qu&#8217;elle était comme ça, assez naïve au final et les deux hommes se mirent à rire. Cameron comprit qu&#8217;elle avait mal interprété la moue d&#8217;Étienne et donna un coup de poing dans l&#8217;épaule de David. Celui-ci protesta pour la forme et Cameron lui expliqua qu&#8217;elle ne pouvait pas faire de même à Étienne même si l&#8217;envie la tenaillait, donc c&#8217;est lui qui prendrait pour deux pour la peine. Ils se mirent tous à rire de bon cœur et entamèrent l&#8217;apéritif qu&#8217;avait ramené Étienne. Le vieux bonhomme avait chargé son plateau de trois whiskies et d&#8217;un bol d&#8217;olives noires cultivées et marinées par ses soins, il était amusé que cette petite jeune femme sirote des whiskies comme lui. Sans avoir de pensées machistes, le whisky était plutôt considéré comme une boisson consommée très majoritairement par des hommes, les femmes préférant souvent les alcools plus doux, plus sucrés, cela amusait Étienne, même mieux, ça l&#8217;intéressait beaucoup. Il était intrigué par cette jeune femme, il se demandait d&#8217;ailleurs, au-delà du fait qu&#8217;elle fut une Magicienne, pourquoi il avait accepté qu&#8217;elle l&#8217;interviewe, ils étaient des centaines, voire peut-être un millier à convoiter ce genre de rendez-vous, il avait toujours refusé. Les raisons de ce refus systématique étaient multiples, il n&#8217;appréciait pas les engagements passés envers les Magiciens du groupe média de tels journalistes, le fait qu&#8217;il n&#8217;aimait pas, simplement, la manière dont tel ou telle journaliste traitait habituellement l&#8217;information, beaucoup trop orientée, déformée, arrangée, ou bien encore les axes de traitement des reportages proposés ne le satisfaisait pas, trop étriqués, trop dirigés sans parler qu&#8217;il n&#8217;aurait aucun droit de regard sur la ligne éditoriale proposée. Étienne  n&#8217;avait rien d&#8217;un vieux buté mais il estimait avoir un droit de regard sur son histoire et celle de Célia, quand il s&#8217;agissait d&#8217;information il n&#8217;avait pas grand pouvoir sur les sujets dispensés, vrais ou faux, aujourd&#8217;hui que la fièvre médiatique sur le père et la fille était retombé, il considérait avoir toute latitude mais qui plus est, le droit, de contrôler leur image, ils ne font plus aujourd&#8217;hui la une des journaux. Étienne pensait à tout cela en dégustant son Jack Daniels et en observant les deux jeunes gens qui se chamaillaient comme des lycéens sur l&#8217;image que donnait  d&#8217;elle Cameron à la télévision. C&#8217;est vrai qu&#8217;elle avait une image télévisée très sérieuse la jeune et fougueuse reporter ! David la charriait en lui demandant comment elle faisait pour avoir l&#8217;air de toujours avoir un balai bien placé quand elle était sur un plateau et Cameron s&#8217;offusquait, bien trop d&#8217;ailleurs, en frappant rageusement l&#8217;épaule du caméraman. Maintenant qu&#8217;il y avait pensé, Étienne était vraiment intrigué sur les raisons qui l&#8217;avaient amenées à accepter la demande de Cameron Hattaway. Bien sûr son intégrité journalistique brillamment mise en avant deux ans plus tôt n&#8217;était pas étrangère à la chose et c&#8217;est même ce qu&#8217;il lui avait dit ce matin quand elle lui avait posé la question, mais il n&#8217;y avait pas que ça, Cameron lui rappelait quelqu&#8217;un, il ne savait pas encore qui exactement, il y avait quelque chose chez la jeune femme qui lui plaisait beaucoup et pour couronner le tout c&#8217;était une Magicienne ! Ca, il ne l&#8217;avait appris que quand il l&#8217;avait rencontrée physiquement deux jours plus tôt. Les Magiciens quand on y prêtait suffisamment attention dégageaient une sorte de tension électrique autour d&#8217;eux que l&#8217;on pouvait ressentir, même quand on en était pas un. Etienne s&#8217;en était rendu compte avec Célia assez tôt et après avoir vécu tant d&#8217;années à ses côtés il pouvait dire immédiatement si la personne qu&#8217;il avait en face de lui était un Magicien ou pas.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Vous êtes bien silencieux, Etienne, fit Cameron.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Vous êtes injuste jeune fille ! Cela fait deux jours que je vous parle toute la journée, répondit-il avec l&#8217;oeil qui frise. Cameron sourit et porta son verre aux lèvres.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Vous savez aussi observer, Monsieur, glissa David.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Vous trouvez, David ?</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Oui, cet après-midi, j&#8217;ai été fasciné par votre récit, vous êtes un conteur fabuleux, nous avions prévu de mettre beaucoup d&#8217;image d&#8217;archives au sein du reportage afin d&#8217;illustrer vos propos mais je pense que nous en mettrons moins, vos mots seuls sont déjà si forts, vos souvenirs si vif soixante ans après ! N&#8217;est-ce-pas, Cammy ?</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Oui ! Je suis d&#8217;accord, on est totalement embarqué par votre histoire, vous êtes ce qu&#8217;on appelle dans notre milieu un bon client, au meilleur sens du terme s&#8217;entend !</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Eh bien ! Mes amis j&#8217;en suis fort content et je suis ravi que vous pensiez toutes ces jolies choses de moi. A ma décharge, la rencontre avec Célia doit être le souvenir le plus fort de toute mon existence et pourtant j&#8217;en ai vécu des expériences extraordinaires mais&#8230; Cette petite fille, toute jolie, toute gentille, rejetée par tout le monde m&#8217;a totalement envoûté et pas de Magie là-dedans, ce fut une Rencontre avec un grand R.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ C&#8217;est vrai qu&#8217;elle aurait pu mal tourner avec ce qu&#8217;elle a subi et je pense que ça aurait été le cas si vous ne l&#8217;aviez pas rencontrée, constata Cameron.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Malheureusement, en France comme aux États-Unis, les orphelins placés dans les foyers des services sociaux tournent souvent mal, remarqua David, pas tous, heureusement ! Mais disons qu&#8217;ils ont plus de propension à tomber dans la délinquance parce que moins encadrés, souvent moins d&#8217;amour de la part de leurs parents adoptifs, des difficultés à s&#8217;intégrer dans la société&#8230; Bref ! C&#8217;est plus difficile pour eux généralement&#8230;</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Vous avez l&#8217;air d&#8217;en connaître un bon bout sur ce sujet, David, s&#8217;étonna Etienne.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Oh ! Il y a quelques années nous avions fait un sujet sur ce thème quand je travaillais dans une boîte de production documentaire. Nous avions interrogé beaucoup de gamins et gamines dans cette situation et même si je ne participais pas à la ligne éditoriale du documentaire, c&#8217;était ce qui m&#8217;était apparu, simplement.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Tout comme votre collègue, vous êtes plein de surprises, mon ami, constata le vieil homme, vous êtes un couple bien singulier en fait !</span></p>
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		<title>Chapitre I.2</title>
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		<pubDate>Wed, 06 Jan 2010 09:00:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Shotaro</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les journalistes grimpèrent dans la camionnette entourée d&#8217;enfants fascinés par ce drôle de véhicule affublé d&#8217;une antenne sur le toit et même si les adultes étaient restés à l&#8217;écart, leur curiosité n&#8217;en était pas moins grande. - Tu me rappelleras de ne plus prendre une régie mobile pour venir faire un reportage chez les ploucs&#8230; [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Les journalistes grimpèrent dans la camionnette entourée d&#8217;enfants fascinés par ce drôle de véhicule affublé d&#8217;une antenne sur le toit et même si les adultes étaient restés à l&#8217;écart, leur curiosité n&#8217;en était pas moins grande.<br />
- Tu me rappelleras de ne plus prendre une régie mobile pour venir faire un reportage chez les ploucs&#8230; soupira Cameron.<br />
- Je te trouve injuste avec ces gens, ils sont peut-être un peu rustres mais après tout ce sont des gens de la terre, de quel droit les traites-tu de ploucs ? Et puis, ce n&#8217;était pas ton idée de venir par la route plutôt que de prendre l&#8217;avion ? Rétorqua David.<br />
- Oui, oui ! Allé ! Roule ! Mon dos réclame le doux massage de la piste !<br />
David éclata de rire et mit le contact. Le véhicule démarra et se dirigea vers le nord comme Pedro le barman leur avait indiqué. Le jeune caméraman mit le compteur journalier à zéro et prit sa vitesse de croisière. Cameron resta muette un bon moment regardant le paysage désertique défiler par la fenêtre alors que David lui, se concentrait sur la route afin de ne pas fracturer les essieux dans les trous parsemant la piste.<br />
- Je crois que ça va être intéressant cette interview. Finit-elle par lâcher.<br />
- Peut-être&#8230; M&#8217;enfin, on la connait l&#8217;histoire de Célia, les médias en ont assez parlé ces dernières décennies, elle n&#8217;est pas devenue la Magicienne de légende par hasard&#8230; remarqua David.<br />
- C&#8217;est bien là tout l&#8217;intérêt de la chose justement ! Fit la jeune femme.<br />
- Comment ça ?<br />
- Eh bien, tu serais capable de démêler la vérité de la légende, toi ? Demanda Cameron en mimant les guillemets sur le mot « légende ».<br />
- Ah ! Ca je dois bien avouer que non&#8230;<br />
- Etienne Florentin est bien le seul à pouvoir nous raconter la vérité vraie sur la vie de Célia Meyer. Après tout qui mieux que son père le pourrait ? Dit-elle.<br />
- Son père adoptif ! Précisa David.<br />
- Ouais ! Adoptif, d&#8217;accord ! Mais il l&#8217;a adoptée, elle devait avoir six ou sept ans !<br />
- C&#8217;est vrai&#8230; Tiens je crois qu&#8217;on arrive, on a fait onze kilomètres depuis Negra Agua et il y a une ferme là-bas, sur la droite&#8230;<br />
- Eh ben ! C&#8217;est pas trop tôt ! S&#8217;écria Cameron en s&#8217;étirant et se massant les reins, on ne peut pas dire qu&#8217;il est facile à joindre ce Florentin ! J&#8217;ai le dos en vrac ! Et dire qu&#8217;on va devoir se farcir le chemin de retour&#8230;<br />
- Le Pulitzer vaut bien quelques sacrifices, mademoiselle la reporter! Nargua David.<br />
Il ne reçut pour toute réponse qu&#8217;un coup de poing rageur sur l&#8217;épaule. La régie mobile tourna dans le chemin qui menait droit à une vieille fermette poussiéreuse devant laquelle était garé un pick-up tout aussi poussiéreux.</p>
<p>Alors que l&#8217;équipe de journalistes arrivait à hauteur du 4&#215;4 pour se garer, la porte de la ferme s&#8217;ouvrit et laissa apparaître un vieil homme qui malgré son âge était encore de fort belle stature. Il était grand, les cheveux blancs et de petites lunettes rondes vissées sur le nez. Il resta sur la petite terrasse en bois, les mains dans les poches de son pantalon de toile marron, attendant simplement ses visiteurs. Cameron sauta en bas de la camionnette et fut surprise par la chaleur ambiante. David la rejoignit chargé de deux flight cases ou se trouvait une partie de son matériel de prise de vue et ensemble ils se dirigèrent vers l&#8217;homme qui les attendait en les observant avec bonhomie. A peine en bas des marches qui menaient à la petite terrasse, Cameron se présenta et lui demanda s&#8217;il était bien la personne qu&#8217;ils cherchaient. Etienne Florentin acquiesça et serra la main de la jeune femme arrivée à sa hauteur ainsi que celle du jeune caméraman qui les avait rejoints.<br />
« - Vous avez l&#8217;air d&#8217;avoir chaud mes pauvres amis, venez donc à l&#8217;intérieur, il y fait bien meilleur. Fit le vieil homme en les invitant à entrer.<br />
Cameron entra la première à l&#8217;intérieur de la petite bicoque et fut surprise de ce qu&#8217;elle y trouva. Elle s&#8217;attendait à voir un décor poussiéreux et à l&#8217;hygiène très relative comme ce fut le cas de la cantina qu&#8217;ils avaient quittée une heure plus tôt mais elle se trouvait dans une pièce impeccable au mobilier moderne. Au fond de la pièce se trouvait une cuisine entièrement équipée disposée à l&#8217;américaine dont l&#8217;ambiance qui s&#8217;en dégageait donnait l&#8217;impression que le propriétaire devait aimer cuisiner. Sur la gauche, le côté salon était meublé de confortables fauteuils en cuir devant une petite table en verre sur laquelle traînaient quelques journaux mexicains et accrochée au mur, un écran plat de jolie taille encadré de chaque côté de tableaux représentant les paysages environnants. Enfin, sur la droite trônait une table massive en bois laqué noir entourée par six chaises dans le même style et sur laquelle Cameron remarqua une fine pellicule de poussière et derrière encore, un escalier menant au premier.<br />
- Je suppose que vous devez mourir de soif après toute cette route, mes amis, demanda Etienne.<br />
- Nous nous sommes arrêtés à Negra Agua en venant et nous avons visité la cantina de l&#8217;endroit, fit Cameron.<br />
- Oh&#8230; Répondit le vieil homme, c&#8217;est&#8230; Rustique, n&#8217;est-ce pas ?<br />
Cameron éclata de rire et acquiesça au jugement d&#8217;Etienne. Ceci finit de détendre l&#8217;atmosphère même si ce n&#8217;était pas véritablement tendu, il y avait une certaine  appréhension des deux côtés.<br />
- Alors comme ça, vous voulez que je vous raconte mon histoire ? Fit Etienne en se dirigeant vers la cuisine, mais asseyez-vous, je vous en prie ! Quant à vous jeune homme, posez donc tout votre fatras au pied de la table.<br />
Cameron s’assit au bord d’un des deux gros fauteuils en cuir noir et regarda autour d’elle. Dans un coin, sur une petite table en osier trônaient devant une lampe de bureau bon marché reconvertie comme lampe d’appoint une série de photos représentant pour la plupart d’entr’elles Etienne et Célia à différents âges, tout sourire. Sur certaines, d’autres personnes prenaient la pause avec le père et la fille, qui un natif américain, qui un asiatique et tout ceci témoignaient de la vie trépidante et des nombreux voyages qu’avaient faits Célia et son père, voyages souvent contraints et forcés à l’époque. A ce moment Etienne revint de la cuisine avec un plateau contenant une carafe et trois verres qu’il posa sur la petite table de salon.<br />
- De la citronnade ! J’ai beau avoir plus que quatre-vingt six ans j’adore toujours autant ça, comme lorsque j’étais gamin, annonça Etienne, et elle est faite maison avec les citrons du jardin, finit-il en désignant du pouce l’arrière de la maison.<br />
Etienne servit ses invités et tendit à chacun un grand verre de boisson glacée, il se servit en dernier puis  s’assit dans l’autre fauteuil. David avait eu la délicatesse, remarqua Cameron de s’asseoir sur le petit pouf devant la télévision et de laisser ainsi leur hôte bénéficier d’une assise confortable. Après avoir goûté la citronnade et félicité Etienne, Cameron attaqua doucement la discussion pour laquelle elle avait traversé la moitié des Etats-Unis et du Mexique :<br />
« - Vous êtes un homme difficile à joindre, Monsieur Florentin…<br />
- Disons que j’aspire aujourd’hui à une certaine tranquillité, voyez-vous ? répondit Etienne.<br />
- Oui, je peux le comprendre après la vie plus que mouvementée que vous avez eue, acquiesça la journaliste.<br />
- Mais dites-moi, mademoiselle, qu’attendez-vous de moi exactement ? Dans vos mails ainsi qu’au téléphone vous m’avez dit vouloir faire un reportage sur moi, mais que voulez-vous savoir, exactement ? Notre histoire à Célia et moi a été maintes et maintes fois rapportée ici et là…<br />
- Eh bien, Monsieur Florentin vous avez raison, votre histoire a été contée dans tous les journaux télévisés au fur et à mesure qu’elle se déroulait, condensée dans une multitude de livres mais ce qui m’intéresse, moi, c’est de l’entendre de votre bouche, de savoir et de comprendre comment tout ceci est arrivé. Avoir un tableau complet et précis en commençant à l’origine de tout ceci, ce fameux jour de 2024 et plus encore, qui mieux que vous qui avez vécu tout ceci au plus près pourra me raconter cette aventure en détails ? Exposa Cameron.<br />
- Comment allez-vous exploiter tout ça ? C’est l’histoire de toute une vie que vous me demandez là, nous parlons des soixante dernières années, ce n’est pas rien !<br />
- En effet. Nous souhaitons, ma chaîne et moi, réaliser une série de documentaires relatant les faits qui ont émaillés votre vie ainsi que celle de Célia. Et d’un point de vue personnel, j’aimerais fixer tout ceci dans un livre au travers, si cela est nécessaire, de plusieurs tomes, être au plus près de la réalité et au fait de ce qui s’est réellement passé. Fit Cameron en se penchant pour attraper son verre de citronnade.<br />
David lui, s’était levé et vérifiait si le voyage mouvementé qu’elles avaient subis n’avait pas endommagé les cameras qu’ils avaient amené en vue de faire l’interview. A première vue tout avait l’air en bon état, il se saisit d’une batterie longue durée d’une main, attrapa sa camera numérique professionnelle de l’autre, y inséra l’objet et appuya sur le bouton power. La caméra s’alluma, l’objectif tourna lentement pour effectuer la mise au point et bientôt le petit écran LCD pivotant fit apparaître une image. Alors que Cameron était entrain d’essayer de convaincre le vieil homme, David sortit chercher le reste du matériel, il savait que la petite Hattaway était en bonne voie de remporter la partie. L’honorable patriarche n’avait d’ailleurs pas l’air contre l’idée que lui avait soumise la journaliste, autant commencer à monter le nécessaire pour l’éclairage, le son et tout ce qui permettrait de faire un bon et beau documentaire.<br />
Chargé de flight cases de différentes tailles, David entra de nouveau dans la fermette et découvrit Etienne et Cameron devisant gaiement. Cameron avait le chic pour savoir comment mettre quelqu’un dans sa poche et surtout, ce qu’appréciait encore plus David, c’est qu’elle le faisait d’une jolie manière, pas d’égoïsme, pas de cynisme dans sa méthode, elle restait naturelle, tout simplement.<br />
- ­Eh bien dites-moi, David, c’est votre prénom, n’est-ce-pas ? Vous avez amené la moitié des studios de CNN avec vous ! S’enquit Etienne.<br />
- Ah ! Monsieur, si nous souhaitons faire quelque chose de bien, nous devons y mettre les formes, je vais nous concocter un bel éclairage, un son rond et soyeux et régler les caméras pour restituer une superbe image !<br />
- Eh bien ! Tout ça pour moi ! S’étonna-t-il.<br />
- Vous êtes aussi célèbre qu’une star d’Hollywood, même plus peut-être ! Votre renommée est mondiale ! Répondit le jeune homme avec un sourire.<br />
- Dites-moi, jeunes gens, nous sommes déjà bien avancés dans l’après-midi et je pense que vous allez en avoir pour un petit moment à tout installer mon jeune ami, que pensez-vous de dîner avec moi ce soir ? De plus, j’aurais mauvaise conscience de vous faire aller dormir à la cantina de Negra Agua, j’ai remarqué que mademoiselle Hattaway n’était pas spécialement attirée par le charme rustique de l’endroit alors pourquoi ne pas dormir ici ?<br />
A l’allusion de la cantina David éclata de rire, Cameron lui lançait un regard noir.<br />
-  Monsieur, on peut dire que vous avez mis dans le mille ! Pouffa le caméraman, mais nous ne voudrions en aucun cas vous déranger plus que nous ne le faisons déjà…<br />
- En aucun cas, Monsieur ! Coupa Cameron.<br />
- Allons, allons, si je vous le propose c’est que cela me fait plaisir et puis même si j’apprécie la solitude, faire à manger et deviser avec d’autres personnes que les habitués de la cantina comme Ramon ou Pedro me fera le plus grand bien ! Insista Etienne.<br />
Cameron interrogea David du regard mais ce dernier répondit directement à Etienne :<br />
« - Nous acceptons avec grand plaisir, monsieur Florentin. Cameron n’osera pas vous le dire mais elle ne pouvait pas rêver meilleure proposition de votre part, elle est, comme beaucoup d’autres, une grande fan de ce qu’a accompli votre fille et vivre un moment à vos côtés ne pouvait pas lui faire plus plaisir. Répondit David.<br />
- Eh ! Mais tais-toi ! Bavard ! Je ne suis pas une groupie ! Je suis une journaliste qui veut faire son job ! S’indigna Cameron.<br />
Etienne partit d’un grand rire et fit remarquer que ces deux là agissaient comme un véritable petit couple ce qui mit les deux jeunes gens dans l’embarras. Quand il s’en aperçut, Etienne rit de plus belle.<br />
- Je vais vous préparer un bon petit repas typiquement mexicain, vous pouvez vous installer au bar mademoiselle Cameron, nous pourrons continuer notre discussion, quant à vous David, eh bien transformez mon salon en studio de télévision, nous allons la faire cette interview ! fit-il en regardant Cameron sur ces derniers mots.</p>
<p>Cameron, une invitée polie ramena le plateau à la citronnade sur le bar et finit son verre, c’est vrai qu’elle était bonne sa boisson ! Etienne commençait à s’affairer dans la cuisine en préparant ses ustensiles et autres récipients puis il s’arrêta, jeta un œil à sa montre et vint se planter devant la jeune femme afin de débarrasser le plateau en proposant :<br />
« - Dites-moi, il est plus de 18h30 et nous sommes déjà en retard sur l’heure mexicaine pour prendre un apéritif, qu’est-ce-que je vous sers, mademoiselle Cameron ?<br />
- Je vous en prie, monsieur Florentin, appelez-moi Cameron simplement et je prendrai la même chose que vous, s’il vous plaît.<br />
- Bien ! Mais à une condition, appelez-moi Etienne et  je vais me servir un whisky, vous êtes toujours sûre de me suivre ?<br />
- Tout-à-fait !<br />
- Vous êtes surprenante, jeune fille, fit Etienne en riant.<br />
Il partit au fond de la cuisine en quête de l’apéritif et Cameron l’observait en silence. Ce vieux bonhomme de quatre-vingt-six ans se portait comme un charme, il était alerte, l’œil vif et rieur, on lui aurait donné une vingtaine d’année de moins. Il portait encore superbement son bon mètre quatre-vingt, sa carrure emplissait sans peine ses vêtements, il ne ressemblait pas aux vieux hommes qu’avait déjà pu croiser Cameron dans sa vie, souvent décharnés et, peut-être un jugement sévère, mais oui, souvent décati aussi. Elle avait en face d’elle un homme très solide qui ne paraissait pas être aussi vieux qu’il l’annonçait, dégageant un charme qui ne laissait pas la journaliste indifférente, non pas qu’elle fut amoureuse du vieil homme, loin de là, mais elle avait le sentiment qu’elle pourrait facilement se lier d’amitié avec lui. Alors qu’elle venait de le rencontrer, Cameron était persuadée qu’Etienne était un homme simple et gentil, elle le sentait au plus profond d’elle-même et ne disait-on pas que la première impression est souvent la bonne ?<br />
- Dites-moi, Etienne ? Je ne suis pas la première à vouloir faire ce genre de reportage ou de sujet sur votre histoire, hors vous n’avez jamais accepté. Pourquoi l’avoir fait cette fois ?<br />
Etienne revenait avec trois verres et une bouteille de Jack Daniels vers le bar, il sourit à Cameron et répondit :<br />
- Disons que vous me plaisez bien les petits jeunes et puis vous ressemblez à ma fille aussi…<br />
- Je ressemble à Célia ? Mais ? Elle est aussi blonde que je suis brune ! S’exclama Cameron.<br />
- Oh je ne parle pas de votre physique, par ailleurs très agréable, Cameron, fit Etienne en se rapprochant de la journaliste par-dessus le bar, vous vous ressemblez plutôt à ce niveau, précisa-t-il en faisant quelques signes avec les doigts.<br />
Cameron écarquilla les yeux et se tourna vivement du côté du salon où David était entrain d’installer un projecteur, totalement absorbé dans sa tâche. Baissant la voix, elle reprit :<br />
- Mais ? Comment savez-vous ?<br />
- J’ai vécu soixante ans avec une Magicienne, Miss, j’ai appris à les sentir, à les ressentir même ! Répondit le vieil homme la voix basse, quel est votre capacité ?<br />
Cameron resta interloquée, fixant Etienne, hébétée. D’un autre côté, s’il y a bien quelqu’un qui pouvait la démasquer aussi vite, c’était bien lui.<br />
- Je… J’émets de la lumière… Pour faire simple je n’ai pas vraiment besoin de lampe torche quand je suis plongée dans le noir… fit-elle avec un sourire gêné.<br />
- Il ne le sait pas, n’est-ce pas ? demanda Etienne en jetant un regard vers David.<br />
- Non, et j’apprécierai que…<br />
- Aucun problème, Cameron, le coupa-t-il, puis se tournant vers David, Dites-moi David, êtes-vous partant pour un petit verre avant le repas ?<br />
- C’est pas de refus, monsieur !<br />
- Laissez tomber les monsieur et votre projecteur mon jeune ami et joignez-vous à nous !</p>
<p>Etienne et les deux journalistes devisèrent de tout et de rien, parlant de l’évolution du monde depuis l’apparition des Magiciens sur Terre. Le repas fut bientôt prêt et ils passèrent à table tout en continuant à discuter comme de vieux amis. Cameron était épatée, elle pensait devoir batailler pour obtenir des informations et décider le célèbre Etienne Florentin à lui accorder son interview, au lieu de ça, tout se passait à merveille, ils étaient accueillis comme des princes dans cette région reculée du Mexique et s’apprêtaient à faire un sujet exceptionnel avec l’entière collaboration de la personne concernée. Cameron insista pour aider Etienne à faire la vaisselle, ce qui donna le temps à David de terminer la mise en place de son petit plateau de télévision. L’éclairage était fait, les caméras prêtes à fonctionner, les micros réglés comme il se doit, il ne manquait plus que les deux acteurs : Etienne et Cameron.<br />
Etienne, de lui-même, alla s’asseoir à la place qui lui était réservée sur le plateau et regarda les deux jeunes gens :<br />
- On commence ? Je sais que vous en mourrez d’impatience, Cameron, fit-il avec un grand sourire.<br />
Cameron se précipita sur le plateau improvisé et s’assit vivement dans le second fauteuil, son bloc-notes en main, relu quelques instants ses indications et son chemin-de-fer qui l’aiderait à structurer le déroulement de l’interview, puis elle interrogea David du regard. Il lui fit signe que tout était prêt.<br />
- Bien ! Nous allons commencer, Etienne, si vous le voulez bien, fit Cameron.<br />
David lança les caméras et fit signe à Cameron que c’était quand elle voulait.<br />
- Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, bonjour ! Je me trouve aujourd’hui dans un petit village du Mexique où je suis venue interviewer quelqu’un qui se fait rare dans les médias et pourtant vous le connaissez tous, c’est en effet une star planétaire, Monsieur Florentin, bonjour.<br />
- Bonjour, mademoiselle Hattaway, fit simplement Etienne.<br />
- Monsieur Florentin, nous sommes aujourd’hui chez vous où vous nous avez gentiment invités et ce pour nous permettre de raconter aux téléspectateurs votre vie aux côtés de votre fille, Célia Meyer. Une vie qui tient plus d’une véritable aventure avec de multiples rebondissements, non ?<br />
- Ah ! Disons qu’il s’en est passé des choses, c’est sûr, je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer !<br />
- Je vous propose d’entrer tout de suite dans le vif du sujet et pour faire simple, de commencer par le début de toute l’histoire. Il est de notoriété publique que vous êtes le père adoptif de Célia Meyer, pourriez-vous nous raconter votre rencontre ?</p>
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