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	<title>Tais-Toi Donc ! &#187; Célia</title>
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	<description>Le Blog de Shotaro</description>
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		<title>Chapitre VII.2</title>
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		<pubDate>Fri, 19 Mar 2010 06:02:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Shotaro</dc:creator>
				<category><![CDATA[Célia]]></category>
		<category><![CDATA[Romans]]></category>
		<category><![CDATA[Etienne]]></category>
		<category><![CDATA[journalistes]]></category>
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		<description><![CDATA[_ Comment ça un couple ? S&#8217;insurgea Cameron. Etienne rit intérieurement, la jeune femme si sérieuse à la télévision et dans son travail était tellement transparente quand il s&#8217;agissait de sentiments et particulièrement les siens. Il décida d&#8217;en rajouter une couche. _ Eh bien vous êtes bien un couple, n&#8217;est-ce pas ? _ Mais pas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } --><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Comment ça un couple ? S&#8217;insurgea Cameron.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Etienne rit intérieurement, la jeune femme si sérieuse à la télévision et dans son travail était tellement transparente quand il s&#8217;agissait de sentiments et particulièrement les siens. Il décida d&#8217;en rajouter une couche.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Eh bien vous êtes bien un couple, n&#8217;est-ce pas ?</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Mais pas du tout ! Je pensais que vous l&#8217;aviez compris, Etienne, enfin !</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Laissez-moi finir, voyons ! Un couple dans le travail, vous la journaliste et vous, David, son technicien, bref ! Un couple. Ou alors peut-être préférez-vous le terme de binôme, Cameron ? Répondit Etienne l&#8217;oeil malicieux.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Cameron croisa les bras nerveusement en faisant la moue ; Elle s&#8217;était faite avoir encore une fois par ce vieux grigou ! David lui, avait le sourire aux lèvres et secouait la tête, impressionné de la manière dont Etienne réussissait à manipuler Cameron qui n&#8217;était pourtant pas née de la dernière pluie et savait normalement déjouer avec maestria ce genre de piège quand elle se trouvait face à un homme politique.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Que diriez-vous de passer à table, les enfants ? Déclara Etienne.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ On vous suit, Etienne, s&#8217;enthousiasma David</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Mais c&#8217;est incroyable ! Toi dès qu&#8217;il s&#8217;agit de bouffe, t&#8217;es intenable, je ne comprends pas comment tu ne grossis pas ! S&#8217;écria Cameron.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Ah ! Pour ça ! J&#8217;ai toujours été chanceux, je peux manger tout ce que je veux et je ne prends pas un gramme, ma chère !</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Bah ! C&#8217;est dégueulasse !</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Les deux hommes éclatèrent de rire face à la réaction typiquement féminine de la jeune femme. Ils allèrent s&#8217;installer à la table et Etienne après avoir bataillé avec Cameron pour que celle-ci accepte d&#8217;aller s&#8217;asseoir sans apporter son aide, passa en cuisine et ramena des plateaux chargés de canapés frais. Ce soir le repas serait un apéritif dînatoire, Etienne avait préparé tout ça le matin afin que cela se rafraîchisse suffisamment dans le réfrigérateur tout au long de la journée.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Je me pose une question d&#8217;ordre pratique, Etienne, demanda David.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Je vous écoute, mon cher.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Nous sommes au milieu de nulle part, en plein désert, Negra Agua tient plus du village qu&#8217;autre chose, comment vous approvisionnez-vous pour nous servir de tels repas princiers ?</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_C&#8217;est une bonne question, ça, David, tu pourrais être un journaliste, finalement, se moqua Cameron.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Eh bien, je me fournis beaucoup dans mon jardin, à l&#8217;arrière de la maison, fit Etienne.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Je n&#8217;accepte pas cette réponse, déclara le caméraman avec un sourire, car dans ce cas là, une autre question me vient à l&#8217;esprit en prise directe avec la première, où trouvez-vous l&#8217;eau pour faire pousser vos légumes ? Sans compter que je ne connais pas d&#8217;arbre faisant pousser des bouteilles de whisky&#8230;</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Ahahah ! Vous êtes redoutable, jeune homme ! S&#8217;esclaffa le vieux libraire.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Cameron regardait son camarade, elle était réellement impressionnée, il cachait bien son jeu. Dans le milieu des médias télévisés, c&#8217;était en tout cas celui qu&#8217;elle connaissait le mieux, les techniciens étaient rarement reconnus à leur juste valeur par les journalistes. Ils étaient peu considérés, juste bons à tenir une perche pour le son ou une camera pour l&#8217;image. De plus, les journalistes avaient souvent un égo surdimensionné, eux étant les stars et les techniciens  les sous-fifres qu&#8217;ils devaient supporter s&#8217;ils voulaient être filmés. Cameron pour sa part avait toujours été très respectueuse envers ses techniciens, elle essayait toujours d&#8217;installer une bonne ambiance dans l&#8217;équipe afin qu&#8217;il n&#8217;y ait pas de conflit permanent et que le travail soit bien fait. Elle travaillait avec David depuis un peu plus d&#8217;un an et elle s&#8217;était tout de suite bien entendue avec lui. Il faut dire que David avait un bon caractère, il était toujours d&#8217;humeur égale, jamais un mot plus haut que l&#8217;autre, il connaissait parfaitement son métier et savait se faire discret pour palier aux problèmes qui pouvaient survenir pendant un direct sur le terrain. Bref ! Il était, tout comme elle, totalement investit dans la réalisation d&#8217;un bon reportage, elle pour la ligne éditoriale, lui pour tout l&#8217;aspect technique. Ils formaient une bonne équipe professionnelle. Elle se rendait compte aujourd&#8217;hui qu&#8217;au-delà de son savoir faire technique, David avait aussi une fibre journalistique et une capacité d&#8217;analyse intéressante et la question qu&#8217;il venait de poser à Etienne en était un exemple flagrant. Pourtant elle était persuadée qu&#8217;il préférait s&#8217;occuper de ses caméras et micros plutôt que d&#8217;embrasser une carrière de journaliste, en étant technicien de terrain, il jouait sur les deux tableaux, il tripotait ses gadgets électroniques et il vivait les reportages par procuration auprès du journaliste qu&#8217;il assistait. Maintenant qu&#8217;elle y pensait, avec son air de ne pas y toucher, il avait déjà suggéré de bons angles d&#8217;attaque sur les sujets qu&#8217;ils avaient réalisé ensemble. Il avait suffisamment de psychologie pour ne jamais imposer son choix, il proposait ceci ou cela mais laissait l&#8217;entière décision finale à Cameron. Après tout, lui n&#8217;était pas dans la lumière et s&#8217;il se plantait, ça n&#8217;aurait aucune incidence pour son image. Il en était tout autrement pour Cameron, elle était en première ligne et même si elle avait toute latitude pour la ligne éditoriale des sujets qu&#8217;elle faisait, le point de vue extérieur de David lui était important, il avait le recul suffisant pour suggérer sa vision des choses de manière objective et son regard était d’autant plus important qu’il connaissait le milieu du journalisme puisqu’il y  trainait ses guêtres depuis plus de dix ans. Cameron posa les coudes sur la table et le menton sur ses doigts croisés en regardant Etienne avec un sourire. Le vieil homme observa tour à tour la journaliste et le technicien puis déclara avec un sourire :</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Oh ! Mais je vois ! Je vois ! C’est un complot !</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Les jeunes gens ne bronchèrent pas et restèrent à regarder Etienne, un sourire imprimé sur leur visage, David avait d’ailleurs pris la même position que Cameron.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Haha ! Vous êtes impayables vous deux, vous allez bien ensemble, tiens ! Quelle fine équipe ! Eh bien je vais vous répondre, vous avez gagné ! </span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Le vieil homme remonta la manche de chemise sur son bras droit et le présenta sous le nez des deux jeunes gens. Ils découvrirent un petit tatouage circulaire dans lequel étaient inscrits des signes en spirale.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Un Signe ! s’écria Cameron.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Eh oui, un Signe ! Un cadeau de ma fille pour je cite « que tu ne manques de rien, Papa ».</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Ca fonctionne comment ? demanda Cameron toute excitée. David lui restait bouche bée devant le bras du vieux libraire, c’était la première fois qu’il voyait un signe transféré sur un hôte à la base non Magicien.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Eh bien… Célia m’a appris à me concentrer pour activer ce sceau, il crée une copie de lui-même au sol ensuite, je me positionne au milieu, je n’ai plus qu’à énoncer ce que je souhaite et cela apparait.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ C’est… c’est tout ? Lâcha Cameron un peu dépitée.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Eh bien oui ma chère ! C’est Célia la Magicienne, pas moi ! Mais vous verrez dans mes prochains récits que ce petit Signe sur mon bras n’est qu&#8217;une broutille par rapport aux pouvoirs qu’elle a déjà pu me donner que je sois consentant ou pas.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Vous me mettez l’eau à la bouche, Etienne s’exclama David.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Mais dites-moi les enfants, que diriez vous si nous y retournions ? C’est dingue ça ! C’est moi qui dois vous rappeler le planning ! Plaisanta Etienne.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Vous avez parfaitement raison, Etienne ! David ! A tes micros ! Etienne sur votre fauteuil ! Et moi… Eh bien, moi dans mon fauteuil aussi ! Allé hop ! dit Cameron en se levant et en mettant les verres du repas dans les plateaux ayant contenu les petits canapés avant qu’Etienne n’ait pu esquisser un geste. Les deux hommes se regardèrent et se levèrent de concert pour rejoindre leur place assignée, inutile de contredire la demoiselle.</span></p>
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		<title>Chapitre VII.1</title>
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		<pubDate>Sat, 13 Mar 2010 06:00:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Shotaro</dc:creator>
				<category><![CDATA[Célia]]></category>
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		<description><![CDATA[_ Bien ! On va s&#8217;arrêter là, il est déjà tard, qu&#8217;en pensez-vous Étienne ? _ Oui, bonne idée ! Passons à l&#8217;apéritif ! Répondit Étienne en frappant dans ses mains. Cameron jeta un œil à David, celui-ci n&#8217;avait pas bougé, il restait bouche-bée à observer Étienne qui se dirigeait vers la cuisine dans le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } --><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Bien ! On va s&#8217;arrêter là, il est déjà tard, qu&#8217;en pensez-vous Étienne ?</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Oui, bonne idée ! Passons à l&#8217;apéritif ! Répondit Étienne en frappant dans ses mains.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Cameron jeta un œil à David, celui-ci n&#8217;avait pas bougé, il restait bouche-bée à observer Étienne qui se dirigeait vers la cuisine dans le but de sortir des verres pour servir ses invités.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Oh ! David ! Tu rêves ? Fit la jeune femme en faisant un signe de la main devant les yeux du technicien.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Nan&#8230; Je suis soufflé, on n&#8217;est même pas encore dans le cœur de l&#8217;action et il y a déjà tout pour faire une super histoire, tu penses qu&#8217;il était déjà conscient à l&#8217;époque qu&#8217;il allait vivre un truc hors normes ?</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ C&#8217;est un homme intelligent, même s&#8217;il ne mesurait peut-être pas l&#8217;ampleur de ce qui lui arriverait, il devait bien se douter que de vouloir adopter une gamine capable de choses aussi extraordinaires ne lui donnerait pas l&#8217;occasion d&#8217;avoir une vie pépère. En même temps, rappelle-toi qu&#8217;il n&#8217;y a que deux jours que le phénomène des Magiciens est apparu, il ne doit pas avoir conscience de ce que ça allait impliquer comme changements au niveau de la société française d&#8217;une part mais de la planète entière d&#8217;autre part.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Ouais&#8230; C&#8217;est vrai que de notre point de vue, soixante ans plus tard on a suffisamment de recul pour comprendre combien cette rencontre et ces évènements sont extraordinaires, alors qu&#8217;à l&#8217;époque il était la tête dans le guidon, totalement noyé dans la situation&#8230; Je trouve ça hallucinant quand même, quelle vie ! Je ne sais pas si t&#8217;es comme moi, car après tout, t&#8217;as préparé cette interview comme une malade, mais moi j&#8217;ai déjà appris pleins de trucs que je ne savais pas et pourtant j&#8217;ai lu pas mal de bouquins sur leur histoire.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Ouaip ! C&#8217;est pour ça que tu devrais être fier de travailler avec une femme qui a eu cette brillante idée de venir à la rencontre du protagoniste principal de tout ça, fit la jeune femme en bombant fièrement le torse.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Tout à fait Mademoiselle La Reporter, je mesure ma chance à chaque seconde, répondit David en mimant une révérence.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">Les jeunes gens éclatèrent de rire ensemble au moment ou Étienne revenait vers eux avec bouteilles et verres disposés sur un plateau.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Eh bien dites-moi ! On s&#8217;amuse ici !</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Oh ! Pardonnez-moi, Étienne, je vous laisse tout faire, j&#8217;aurais dû vous aider, s&#8217;excusa Cameron</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Allons ! Cameron ! Je ne suis pas impotent, vous savez, fit Étienne affichant un air faussement blessé.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">La jeune femme ne saisit pas la plaisanterie du vieil homme et se confondit en excuses, Étienne regarda David qui leva les yeux au ciel sous-entendant qu&#8217;elle était comme ça, assez naïve au final et les deux hommes se mirent à rire. Cameron comprit qu&#8217;elle avait mal interprété la moue d&#8217;Étienne et donna un coup de poing dans l&#8217;épaule de David. Celui-ci protesta pour la forme et Cameron lui expliqua qu&#8217;elle ne pouvait pas faire de même à Étienne même si l&#8217;envie la tenaillait, donc c&#8217;est lui qui prendrait pour deux pour la peine. Ils se mirent tous à rire de bon cœur et entamèrent l&#8217;apéritif qu&#8217;avait ramené Étienne. Le vieux bonhomme avait chargé son plateau de trois whiskies et d&#8217;un bol d&#8217;olives noires cultivées et marinées par ses soins, il était amusé que cette petite jeune femme sirote des whiskies comme lui. Sans avoir de pensées machistes, le whisky était plutôt considéré comme une boisson consommée très majoritairement par des hommes, les femmes préférant souvent les alcools plus doux, plus sucrés, cela amusait Étienne, même mieux, ça l&#8217;intéressait beaucoup. Il était intrigué par cette jeune femme, il se demandait d&#8217;ailleurs, au-delà du fait qu&#8217;elle fut une Magicienne, pourquoi il avait accepté qu&#8217;elle l&#8217;interviewe, ils étaient des centaines, voire peut-être un millier à convoiter ce genre de rendez-vous, il avait toujours refusé. Les raisons de ce refus systématique étaient multiples, il n&#8217;appréciait pas les engagements passés envers les Magiciens du groupe média de tels journalistes, le fait qu&#8217;il n&#8217;aimait pas, simplement, la manière dont tel ou telle journaliste traitait habituellement l&#8217;information, beaucoup trop orientée, déformée, arrangée, ou bien encore les axes de traitement des reportages proposés ne le satisfaisait pas, trop étriqués, trop dirigés sans parler qu&#8217;il n&#8217;aurait aucun droit de regard sur la ligne éditoriale proposée. Étienne  n&#8217;avait rien d&#8217;un vieux buté mais il estimait avoir un droit de regard sur son histoire et celle de Célia, quand il s&#8217;agissait d&#8217;information il n&#8217;avait pas grand pouvoir sur les sujets dispensés, vrais ou faux, aujourd&#8217;hui que la fièvre médiatique sur le père et la fille était retombé, il considérait avoir toute latitude mais qui plus est, le droit, de contrôler leur image, ils ne font plus aujourd&#8217;hui la une des journaux. Étienne pensait à tout cela en dégustant son Jack Daniels et en observant les deux jeunes gens qui se chamaillaient comme des lycéens sur l&#8217;image que donnait  d&#8217;elle Cameron à la télévision. C&#8217;est vrai qu&#8217;elle avait une image télévisée très sérieuse la jeune et fougueuse reporter ! David la charriait en lui demandant comment elle faisait pour avoir l&#8217;air de toujours avoir un balai bien placé quand elle était sur un plateau et Cameron s&#8217;offusquait, bien trop d&#8217;ailleurs, en frappant rageusement l&#8217;épaule du caméraman. Maintenant qu&#8217;il y avait pensé, Étienne était vraiment intrigué sur les raisons qui l&#8217;avaient amenées à accepter la demande de Cameron Hattaway. Bien sûr son intégrité journalistique brillamment mise en avant deux ans plus tôt n&#8217;était pas étrangère à la chose et c&#8217;est même ce qu&#8217;il lui avait dit ce matin quand elle lui avait posé la question, mais il n&#8217;y avait pas que ça, Cameron lui rappelait quelqu&#8217;un, il ne savait pas encore qui exactement, il y avait quelque chose chez la jeune femme qui lui plaisait beaucoup et pour couronner le tout c&#8217;était une Magicienne ! Ca, il ne l&#8217;avait appris que quand il l&#8217;avait rencontrée physiquement deux jours plus tôt. Les Magiciens quand on y prêtait suffisamment attention dégageaient une sorte de tension électrique autour d&#8217;eux que l&#8217;on pouvait ressentir, même quand on en était pas un. Etienne s&#8217;en était rendu compte avec Célia assez tôt et après avoir vécu tant d&#8217;années à ses côtés il pouvait dire immédiatement si la personne qu&#8217;il avait en face de lui était un Magicien ou pas.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Vous êtes bien silencieux, Etienne, fit Cameron.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Vous êtes injuste jeune fille ! Cela fait deux jours que je vous parle toute la journée, répondit-il avec l&#8217;oeil qui frise. Cameron sourit et porta son verre aux lèvres.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Vous savez aussi observer, Monsieur, glissa David.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Vous trouvez, David ?</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Oui, cet après-midi, j&#8217;ai été fasciné par votre récit, vous êtes un conteur fabuleux, nous avions prévu de mettre beaucoup d&#8217;image d&#8217;archives au sein du reportage afin d&#8217;illustrer vos propos mais je pense que nous en mettrons moins, vos mots seuls sont déjà si forts, vos souvenirs si vif soixante ans après ! N&#8217;est-ce-pas, Cammy ?</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Oui ! Je suis d&#8217;accord, on est totalement embarqué par votre histoire, vous êtes ce qu&#8217;on appelle dans notre milieu un bon client, au meilleur sens du terme s&#8217;entend !</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Eh bien ! Mes amis j&#8217;en suis fort content et je suis ravi que vous pensiez toutes ces jolies choses de moi. A ma décharge, la rencontre avec Célia doit être le souvenir le plus fort de toute mon existence et pourtant j&#8217;en ai vécu des expériences extraordinaires mais&#8230; Cette petite fille, toute jolie, toute gentille, rejetée par tout le monde m&#8217;a totalement envoûté et pas de Magie là-dedans, ce fut une Rencontre avec un grand R.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ C&#8217;est vrai qu&#8217;elle aurait pu mal tourner avec ce qu&#8217;elle a subi et je pense que ça aurait été le cas si vous ne l&#8217;aviez pas rencontrée, constata Cameron.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Malheureusement, en France comme aux États-Unis, les orphelins placés dans les foyers des services sociaux tournent souvent mal, remarqua David, pas tous, heureusement ! Mais disons qu&#8217;ils ont plus de propension à tomber dans la délinquance parce que moins encadrés, souvent moins d&#8217;amour de la part de leurs parents adoptifs, des difficultés à s&#8217;intégrer dans la société&#8230; Bref ! C&#8217;est plus difficile pour eux généralement&#8230;</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Vous avez l&#8217;air d&#8217;en connaître un bon bout sur ce sujet, David, s&#8217;étonna Etienne.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Oh ! Il y a quelques années nous avions fait un sujet sur ce thème quand je travaillais dans une boîte de production documentaire. Nous avions interrogé beaucoup de gamins et gamines dans cette situation et même si je ne participais pas à la ligne éditoriale du documentaire, c&#8217;était ce qui m&#8217;était apparu, simplement.</span></p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;">_ Tout comme votre collègue, vous êtes plein de surprises, mon ami, constata le vieil homme, vous êtes un couple bien singulier en fait !</span></p>
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		<title>Chapitre VI.2</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Mar 2010 08:25:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Shotaro</dc:creator>
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		<description><![CDATA[_ Célia ? Célia ?! Tenta Étienne Pas de réponse. Il avait de plus en plus de mal à avancer, les racines grossissaient à vue d&#8217;œil et recouvraient le sol, s&#8217;emmêlait autour des jambes d&#8217;Étienne et sa progression devenait problématique au fur et à mesure qu&#8217;il approchait du mur végétal bouchant le fond du couloir. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
<p>_ Célia ? Célia ?! Tenta Étienne</p>
<p>Pas de réponse. Il avait de plus en plus de mal à avancer, les racines grossissaient à vue d&#8217;œil et recouvraient le sol, s&#8217;emmêlait autour des jambes d&#8217;Étienne et sa progression devenait problématique au fur et à mesure qu&#8217;il approchait du mur végétal bouchant le fond du couloir. Il appelait la petite fille de plus belle alors qu&#8217;il était quasiment immobilisé prisonnier de cet amas botanique, la dame de service avait raison, c&#8217;était une véritable jungle qui s&#8217;était développée ici. Il continuait à appeler la gamine quand tout à coup la danse folle de la marée verte s&#8217;interrompit brusquement et il entendit une petite voix derrière le rideau végétal :</p>
<p>_ C&#8217;est qui ? Demanda la petite voix craintive.</p>
<p>_ Célia ? Célia c&#8217;est toi ? C&#8217;est Étienne ! Tu sais, le monsieur avec qui tu as mangé une glace hier !</p>
<p>_ Étienne ? C&#8217;est vrai, c&#8217;est toi ?</p>
<p>_ Oui, ma puce ! Qu&#8217;est-ce-qui t&#8217;arrive ?</p>
<p>_ Ils sont méchants avec moi !</p>
<p>_ Qui ça, Choupinette ?</p>
<p>_ Les autres enfants ! Ils ne font rien qu&#8217;à m&#8217;embêter et me frapper !</p>
<p>Au fur et à mesure qu&#8217;elle répondait, Étienne sentait les sanglots monter dans la voix de la petite fille. Le jeune libraire n&#8217;était pas habitué aux enfants et ne sut quoi répondre à la gamine pour la réconforter, mais ce fut elle qui reprit :</p>
<p>_ T&#8217;es encore là ?</p>
<p>_ Oui, ma puce, je suis derrière le&#8230; euh&#8230; les&#8230; Je suis derrière les plantes !</p>
<p>A cet instant, comme par magie, Étienne assista à la &#8216;dépousse&#8217; du mur végétal qui le séparait de Célia, c&#8217;était le meilleur terme qu&#8217;il avait trouvé pour qualifier le phénomène. Il avait l&#8217;impression d&#8217;assister à un film qu&#8217;on aurait lu à l&#8217;envers, les plantes reculaient, les racines s&#8217;amincissaient et disparaissaient. Il put bientôt retrouver toute sa mobilité et le rempart végétal se désagrégeait à vue d&#8217;œil La course folle qu&#8217;exécutaient les plantes quelques minutes plus tôt disparaissait aussi vite et bientôt le mur s&#8217;estompa. Étienne découvrit la petite Célia assise et adossée au mur, le front sur les genoux et la tête entourée de ses bras. Aussitôt qu&#8217;il le put, Étienne enjamba les plantes qui finissaient de se résorber et se précipita auprès de la gamine. Il s&#8217;accroupit en face d&#8217;elle et lui toucha doucement le bras. Elle ne broncha pas.</p>
<p>_ Célia ? Fit le jeune homme à voix basse. Pour toute réponse il n&#8217;eut qu&#8217;un léger grognement.</p>
<p>_ Célia, tu vas bien ?</p>
<p>_ Nan ! J&#8217;en ai marre ! Ils sont tous méchants, je les déteste ! Cria la gamine, la tête toujours enfouie dans ses genoux.</p>
<p>_ Allons&#8230; Ce n&#8217;est pas si grave, si ? Ce sont des idiots, tenta le jeune homme.</p>
<p>_ Nan ! C&#8217;est des connards ! Cria à nouveau la gamine.</p>
<p>Un tel langage dans la bouche d&#8217;une si jeune fille aurait du scandaliser le jeune homme mais il fut si surpris qu&#8217;il fut pris d&#8217;une envie irrésistible d&#8217;éclater de rire. Il fit tout pour se retenir mais il finit par pouffer et Célia releva la tête. Elle le regardait avec ses yeux bleus embués de larmes une expression mi-surprise, mi-incrédule sur le visage. Ce drôle d&#8217;air qu&#8217;elle lui adressait finit d&#8217;achever le jeune homme qui partit d&#8217;un grand rire. La gamine sourit d&#8217;abord et éclata de rire elle aussi, ils rirent de bon cœur ensemble pendant un bon moment. Étienne pensa que cela devait faire bien longtemps que cette petite fille n&#8217;avait pas autant ri. Après quelques minutes, ils reprirent leurs esprits et le silence retomba dans le grand couloir nettoyé de toute trace végétale hormis l&#8217;énorme ficus qui trônait dans son pot près de la fenêtre à deux mètres d&#8217;eux. Ils restèrent à se regarder l&#8217;un l&#8217;autre, quand la gamine se jeta dans les bras du jeune homme et se mit à pleurer à chaudes larmes. Elle serrait fortement le libraire et Étienne fut surpris de cette marque d&#8217;affection et réagit de manière assez pataude, il n&#8217;avait pas l&#8217;habitude. Il la lova doucement contre lui, elle avait un gros chagrin à épancher qui devait certainement l&#8217;oppresser depuis longtemps, la détresse de cette pauvre gamine serra le cœur du jeune homme, il savait ce qu&#8217;elle avait endurer en perdant ses parents et il n&#8217;y avait eu personne pour la consoler, aujourd&#8217;hui elle craquait. Cette gamine avait un effet bénéfique sur Étienne, peut-être était-ce ce lien ténu qui les rapprochait, ils étaient orphelins tous les deux. Ils restèrent là, simplement, se dispensant de la tendresse, seuls au monde.</p>
<p>Seuls au monde ils n&#8217;allaient pas le rester longtemps, les pompiers étaient arrivés dans la rue, on entendait maintenant distinctement les deux tons de leur sirène qui résonnaient jusque dans le couloir où ils se trouvaient. Étienne repoussa doucement la gamine et la regarda bien en face en baissant légèrement la tête.</p>
<p>_ Dis, Petite Miss, on va devoir sortir, hein ? Fit Étienne</p>
<p>Célia secoua amplement la tête négativement en faisant faire de grandes valses à ses boucles blondes et son visage se renfrogna.</p>
<p>_ Non&#8230; J&#8217;ai peur&#8230; Articula-t-elle d&#8217;une voix à peine audible.</p>
<p>_ Bah tu as peur de quoi ? Demanda Étienne sur un ton exagérément étonné.</p>
<p>_ Oh ! Dis ! T’es bête toi hein ! Ils m’aiment pas parce que je fais pousser les plantes… En plus t’as vu ? J’y arrive même quand je dors pas maintenant ! Étienne remarqua qu&#8217;elle avait comme de la fierté dans la voix en lui confiant ça.</p>
<p>_ Tu sais, les gens ont peur de ce qu’ils ne comprennent pas et quand ils ont peur, ils ont tendance à être méchants… Répondit Étienne un peu embêté, car après tout il ne comprenait pas grand chose à ce qui se passait lui non plus. Célia dut le sentir car elle lui assena :</p>
<p>_ Ban t&#8217;as pas peur de moi, toi, si ?</p>
<p>_ Non ma puce, je n’ai pas peur de toi, t’es trop mignonne pour que j’aie peur, lui répondit-il avec un grand sourire.</p>
<p>On entendait clairement les conversations des pompiers dans le hall maintenant, ils étaient entrain d&#8217;investir le bâtiment. Étienne attrapa la petite et la prit dans ses bras. Ensemble ils entreprirent de redescendre et si possible de quitter l&#8217;immeuble sans encombres. Étienne ne savait pas si la structure ancienne de ce vieil immeuble en pierre de taille avait bien supporté la farandole végétale qu&#8217;avait provoqué la gamine. De la poussière de plâtre continuait à tomber çà et là du plafond. Quand ils arrivèrent sur le palier du premier étage ils croisèrent deux pompiers qui gravissaient les escaliers à pas de loup, vraisemblablement sur leur garde. Pour se donner une contenance pendant qu&#8217;il les dépassait, Étienne leur expliqua que ce qu&#8217;ils cherchaient se trouvait au second étage. Il ne s&#8217;arrêta pas pour leur parler, il fit même tout ce qu&#8217;il put pour ne pas ralentir sa progression et les deux secouristes les regardèrent descendre l&#8217;escalier, hébétés. Étienne, la petite toujours dans les bras, déboucha dans le hall du foyer qu&#8217;il avait traversé un peu plus tôt et qui était bien plus animé. Il y avait là trois pompiers entrain d&#8217;installer différents appareillages qui, pensa le libraire, devaient certainement les aider à donner les premiers secours pour d&#8217;éventuels blessés. Il passa sans même leur jeter un regard, ouvrit la porte d&#8217;entrée bien vite et se retrouva enfin à l&#8217;extérieur du bâtiment. Étienne se dirigea vers les dames de service qui attendaient le feu vert des secouristes pour réintégrer leur foyer mais il perçut comme une vague d&#8217;effroi et un recul de leur part quand il s&#8217;approcha. Il pensait qu&#8217;elles seraient heureuses de retrouver une de leurs petites protégées saine et sauve mais ce n&#8217;était visiblement pas le cas, au contraire même, Étienne aurait tenu une bombe dans ses bras en lieu et place de la petite fille qu&#8217;il n&#8217;aurait pas fait meilleur effet. Une rumeur enfla au milieu du personnel du foyer et bientôt une bonne femme d&#8217;origine antillaise s&#8217;avança vers le jeune libraire et lui déclara d&#8217;une voix légèrement éraillée :</p>
<p>_ Cette enfant est l’œuvre du malin, elle n’est pas normale, saccager notre établissement de la sorte avec ses… Ses… Ses tours de magie ! N’approchez pas de nous avec ce démon ! Allez vous-en !</p>
<p>_ Mais je… C’est-à-dire, elle vous a été confiée, je ne peux pas l’emmener comme ça et…</p>
<p>_ Allez-vous-en je vous dis !</p>
<p>Toute l’équipe des femmes de service s’avança vers eux d’une manière plutôt menaçante. Célia qui avait la tête enfouie dans le cou du jeune homme pendant tout ce temps la releva et dirigea un regard sévère en direction de ces dames. Elle les stoppa net, et pas de magie derrière ça, elle leur faisait vraiment peur. Étienne fouilla la poche arrière de son pantalon de sa main libre dans le but de trouver une carte de visite professionnelle de sa librairie et la tendit à la dame qui s&#8217;était adressée à lui.</p>
<p>_ Tenez, donnez ceci aux forces de l&#8217;ordre afin qu&#8217;ils sachent où trouver la petite, il y a mon téléphone portable personnel dessus, je ne voudrais pas être accusé d&#8217;enlèvement parce qu&#8217;une bande de froussardes refuse de prendre en charge une gamine qui leur a été confiée&#8230;</p>
<p>La dame attrapa la carte du bout des doigts en fixant sévèrement Étienne et recula bien vite pour retrouver ses collègues. Le libraire tourna les talons et quitta les employées du foyer atterré par un tel comportement, encore une fois de la part de personnes qui, selon lui, devraient déborder de compassion et d&#8217;amour du fait même du métier qu&#8217;elles exerçaient. Quand il arriva dans une rue plus passante il entreprit de héler un taxi afin de rentrer chez lui.</p>
<p>Et voilà ! Il se retrouvait avec une gamine sur les bras ! Étienne se dit qu&#8217;il l&#8217;avait bien cherché et même ! Il était venu la chercher ! Il rentrait chez lui en taxi avec une petite blonde de six ans qu&#8217;il avait extirpé d&#8217;un foyer ruiné par cette même gamine car elle avait fait poussé des plantes dedans ! C&#8217;était une situation surréaliste mais c&#8217;était aussi une situation dangereuse, car il n&#8217;avait aucun papier officiel lui permettant de justifier la présence de Célia à ses côtés. La priorité serait de régulariser tout ça sous peine qu&#8217;il se retrouve en cellule pour enlèvement d&#8217;enfant. Il n&#8217;avait aucune confiance dans les femmes de service pour transmettre ses coordonnées aux forces de l&#8217;ordre, peut-être le feraient-elles ? Mais peut-être aussi sa carte se trouvait-elle déjà dans le caniveau et ne serait donc jamais transmise. La circulation était infernale, beaucoup de quartiers étaient bouclés car les manifestations paranormales continuaient à apparaître sporadiquement dans tout le pays et bien sûr, également à Paris. Les quotidiens y allaient tous de leur théorie pour expliquer ces phénomènes inhabituels, des plus farfelues au plus scientifiques. Ainsi ‘La Croix’ y voyait la manifestation du retour annoncé du fils de Dieu, ‘Le Parisien’ comme à son habitude poussait plus dans la direction du sensationnalisme et dirigeait ses thèses vers le facteur humain, en parlant de  ‘Magiciens’, d’êtres humains spéciaux qui auraient développer des pouvoirs paranormaux. Par contre ils n’avaient pas d’idée (et d’ailleurs évitaient soigneusement d’aborder le sujet) pour expliquer le fait que tous ces miracles avaient débuté en même temps, la veille vers dix heures du matin.</p>
<p>Enfin arrivé chez lui en compagnie de sa jeune invitée, il lui proposa un chocolat chaud qu&#8217;elle accepta avec un plaisir non dissimulé. Il avait beau avoir passé l&#8217;âge depuis longtemps, Étienne aimait à boire régulièrement du chocolat chaud, c&#8217;était un souvenir d&#8217;un temps heureux où sa mère, quand elle pouvait se libérer de la pharmacie, lui préparait son goûter et un excellent chocolat chaud sucré et velouté. Laissant la petite Célia déguster sa boisson, il appela le commissariat afin de se mettre en conformité avec la loi et expliquer sa situation. Il ré-expliqua toute l&#8217;histoire de la veille, le fonctionnaire de police à l&#8217;autre bout du fil retrouva effectivement le dossier qui fut monté à ce moment dans la base de données, puis Étienne raconta l&#8217;épisode d&#8217;aujourd&#8217;hui et transmis à nouveau toutes ces coordonnées à son interlocuteur. Le policier lui répondit que le dossier avait été mis à jour et que la DDASS pourrait débarquer n&#8217;importe quand chez lui afin de récupérer la petite fille. La mort dans l&#8217;âme, Étienne acquiesça et promis toute sa coopération quand le moment serait venu, il raccrocha mollement le téléphone. Célia était assise dans le fauteuil en face de lui, une jolie moustache de lait au chocolat sur sa lèvre supérieure et le fixait de cette manière si particulière qui mettait le libraire mal à l&#8217;aise. Elle resta ainsi un bon moment et Étienne n&#8217;osait pas entamer la conversation, il allait devoir lui expliquer qu&#8217;elle devrait retourner en foyer au milieu des &#8216;connards&#8217;, ça ne lui plairait pas. Et ça ne plaisait pas non plus au jeune homme, il s&#8217;y était attaché à cette jolie petite blonde. Une idée qu&#8217;il pensa d&#8217;abord saugrenue germa dans ses pensées, et si il l&#8217;adoptait ? Après tout, elle avait peu de chance de trouver à nouveau une famille d&#8217;accueil, son nom serait black-listé dans les dossier de la DDASS, répertoriée comme anormale, capable de faire de drôle de choses et peu de familles seraient prêtes à accueillir une petite fille comme ça. En revanche, lui, ça ne lui posait pas de problème même si il n&#8217;avait à ce moment aucune idée de la portée que pourrait prendre cette décision. Il avait une carte à jouer dans sa manche&#8230;</p>
</div>
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		<title>Chapitre VI.1</title>
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		<pubDate>Sat, 27 Feb 2010 07:17:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Shotaro</dc:creator>
				<category><![CDATA[Célia]]></category>
		<category><![CDATA[Romans]]></category>
		<category><![CDATA[arbre]]></category>
		<category><![CDATA[magicienne]]></category>
		<category><![CDATA[magie]]></category>
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<p style="text-align: center;"><strong>III</strong></p>
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<p style="text-align: justify;">Le lendemain Étienne se rendit à sa boutique et sa rue était le théâtre d&#8217;une cohue incroyable mêlant force de l&#8217;ordre, pompiers et médias, il eut un mal fou à atteindre son pas de porte, il s&#8217;engouffra à l&#8217;intérieur bien vite et même la porte fermée il entendait encore la rumeur de toute cette agitation. Il savait pertinemment qu&#8217;il ne pourrait pas ouvrir aujourd&#8217;hui, le badaud aurait beaucoup de mal à flâner au milieu des camions de CRS, de pompiers et autres régies mobiles des chaînes de télévision. Sans grande conviction, il tenta de continuer le classement et le rangement qu&#8217;il avait commencer la veille mais bien malgré lui, un seul sujet hantait ses pensées : La petite Célia. Il avait tant de questions qu&#8217;il aurait aimé lui poser et il était même inquiet pour elle. Elle s&#8217;était à nouveau retrouvée abandonnée et remisée, c&#8217;était bien le terme, au sein d&#8217;un orphelinat, seule. Plus Étienne tentait de se concentrer sur son rangement, moins il avançait et au bout d&#8217;un moment il dut se rendre à l&#8217;évidence qu&#8217;il n&#8217;arriverait à rien aujourd&#8217;hui, il décida de jeter le classement au diable. Il s&#8217;attabla à son bureau et chercha des information sur le service qui s&#8217;occupait des orphelins dans le but de retrouver la petite fille. En peu de temps il trouva l&#8217;adresse de l&#8217;organisme, il enfila sa veste, boucla sa boutique, traversa à nouveau la cohue et entreprit de se rendre rue de Tocqueville dans le XVIIe arrondissement, au siège de la DDASS.</p>
<p style="text-align: justify;">Le taxi le déposa devant un immense bâtiment plutôt sinistre et bizarrement, ça ne surprit pas Étienne, ce qui l&#8217;aurait surpris c&#8217;est un bâtiment très accueillant et chaleureux. La même réflexion lui revient à l&#8217;esprit, pourquoi donc, ces services qui devraient aider et apporter du réconfort aux jeunes pousses de la société apparaissaient-ils donc si austères et si peu humains ? Étienne n&#8217;avait pas de réponse satisfaisante à apporter à cette question. Il régla le chauffeur et se retrouva sur le trottoir, il n&#8217;avait aucune idée de la manière dont il allait s&#8217;y prendre pour retrouver Célia. A priori il se doutait que ça ne devait pas être évident de rentrer en contact avec une gamine avec laquelle on n&#8217;a aucun lien de parenté. Il resta un moment devant l&#8217;entrée cherchant un angle d&#8217;attaque à opposer à la personne qui le recevrait mais il se rendit vite compte qu&#8217;il n&#8217;avait pas d&#8217;argument valable hormis celui de sa volonté de prendre des nouvelles de la petite puce blonde qu&#8217;il avait rencontré la veille. Il finit par se dire qu&#8217;être honnête pourrait, après tout, être la meilleure solution. Il entra.</p>
<p style="text-align: justify;">Le hall était plutôt spacieux, un bureau d&#8217;accueil était installé au fond de celui-ci, une petite dame plutôt boulotte à l&#8217;air sévère était absorbée dans la contemplation de l&#8217;écran de son ordinateur, tapotant une touche de temps en temps. Étienne se dirigea vers le comptoir et salua l&#8217;employée.</p>
<p style="text-align: justify;">_ C&#8217;est pour quoi ? Lui assena-t-elle sans lever les yeux de son écran.</p>
<p style="text-align: justify;">_ Bonjour Madame, répéta Étienne, je suis à la recherche d&#8217;une petite fille&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">_ Pour ça il faut vous rendre au second étage et demander à remplir un formulaire de demande d’adoption, bureau 217, lâcha-t-elle mécaniquement.</p>
<p style="text-align: justify;">Étienne fut choqué par sa réponse, quand on vient pour effectuer une demande d&#8217;adoption demande-t-on « Je suis à la recherche d&#8217;une petite fille » comme on chercherait un produit de consommation ?</p>
<p style="text-align: justify;">_ Non, non, vous m&#8217;avez mal compris, Madame, je souhaiterais rendre visite à une petite fille que je connais mais je ne sais malheureusement pas dans quel foyer elle a été placée.</p>
<p style="text-align: justify;">La petite dame leva la tête et fixa le libraire d&#8217;un intense dur renforcé par ses petites lunettes rondes cerclées d&#8217;acier pendant un moment qui lui parut une éternité. Étienne supposait qu&#8217;elle le jaugeait, elle remonta ses lunettes sur son petit nez triangulaire, se redressa et déclara :</p>
<p style="text-align: justify;">_ Vous êtes de la famille ?</p>
<p style="text-align: justify;">_ Euh&#8230; C&#8217;est-à-dire que non, en fait je&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">_ Ah mais dans ce cas, ça risque d&#8217;être compliqué, Monsieur !</p>
<p style="text-align: justify;">_ En même temps, Madame, elle est orpheline et par définition elle n&#8217;a plus de famille, fit Étienne avec un sourire gêné.</p>
<p style="text-align: justify;">_ Alors vous êtes qui par rapport à elle ? Assena-t-elle.</p>
<p style="text-align: justify;">_ Eh bien je l’ai rencontré hier prés de la place Saint-Sulpice, vous savez, où l’arbre a poussé de manière inexpliquée. Elle avait été abandonnée là par les gens qui s’occupaient d’elle et j’aurais voulu prendre de ses nouvelles. C&#8217;est moi qui l&#8217;ai ramenée au commissariat afin que vous puissiez la prendre en charge, je m&#8217;appelle Étienne Florentin.</p>
<p style="text-align: justify;">_ Comment s&#8217;appelle la petite ?</p>
<p style="text-align: justify;">_ Célia, Célia Meyer, répondit Étienne</p>
<p style="text-align: justify;">La grosse dame pianota sur le clavier de son ordinateur et resta un moment à déchiffrer la réponse que lui cracha la base de donnée, elle se tourna enfin vers le jeune homme.</p>
<p style="text-align: justify;">_ Le problème c’est que je ne peux pas vous laisser approcher cette gamine alors que je ne sais même pas qui vous êtes…. Si ça se trouve vous êtes un pédophile, qui sait ?</p>
<p style="text-align: justify;">_ Je vous remercie pour la comparaison, mais je ne peux pas vous en vouloir de protéger vos petits. Ce que je vous demande, c’est de simplement me donner l’adresse du foyer où elle est hébergée. Vous n’avez rien à craindre, je ne dirai pas que j’ai obtenu le renseignement ici, vous êtes dégagée de toute responsabilité. Si barrage il doit y avoir, ce sont vos collègues de l’orphelinat qui s’en chargeront. S’il vous plait, soyez sympa ? Je suis même prêt à vous laisser une copie de ma pièce d&#8217;identité si vous voulez&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Elle le dévisagea longuement encore une fois comme si elle essayait de savoir si il était sincère. Le jeune libraire dut tout compte fait lui faire bonne impression, elle arracha un feuillet de son bloc et griffonna l&#8217;adresse de l&#8217;orphelinat où avait été placée la petite Célia et elle lui tendit toujours son regard sévère inscrit sur son visage comme la mère qui cède à son petit garçon sans pour autant être entièrement d&#8217;accord. Étienne la remercia poliment et tourna les talons en direction de la sortie.</p>
<p style="text-align: justify;">Étienne se rendit dans le dixième arrondissement où se trouvait le foyer dans lequel avait été placée la petite fille Lorsqu&#8217;il sortit de la bouche de métro, il sentit une fièvre électrique parmi la foule qui allait et venait sur les trottoir, il n&#8217;aurait pas su définir exactement cette drôle d&#8217;atmosphère qui régnait. Peut-être qu&#8217;un nouvel événement paranormal s&#8217;était manifesté ? A cette idée il tressaillit, et si Célia avait recommencé ? Y avait-il un nouvel arbre qui avait poussé quelque part dans le quartier ? Sans vraiment le vouloir il accéléra le pas en direction du foyer qui se trouvait au numéro 11 de la rue des Récollets si bien qu&#8217;il y arriva au trot. Il y avait un attroupement devant l&#8217;immeuble. Il semblait y avoir des employés du foyer, reconnaissable à leur blouse orangée,visiblement bien secouées mais aussi beaucoup d&#8217;enfants. L&#8217;immeuble semblait avoir été évacué et au loin on entendait la sirène caractéristique des véhicules de secours qui, Étienne en était persuadé, avaient la même destination que lui. Il s&#8217;approcha d&#8217;une des femmes de service du foyer afin de s&#8217;informer de ce qui se passait.</p>
<p style="text-align: justify;">_ Mais qu&#8217;est-ce-qui se passe ici ?</p>
<p style="text-align: justify;">_ Ah ! Monsieur ! Des choses ! Des choses comme ils ont parlé à la télé ! C&#8217;est la jungle là-dedans ! Le monde devient fou, Monsieur !</p>
<p style="text-align: justify;">La grosse dame d&#8217;origine antillaise était visiblement très choquée mais Étienne avait noté le fait qu&#8217;elle parle de jungle ce qui souleva une vive émotion en lui.</p>
<p style="text-align: justify;">_ La jungle ?</p>
<p style="text-align: justify;">_ Oui, Monsieur ! Toute une aile du bâtiment, des plantes partout !</p>
<p style="text-align: justify;">Étienne était fixé, Célia avait dû faire un joli rêve botanique. Il s&#8217;engouffra dans l&#8217;entrée du bâtiment, ignorant les mises en garde de la dame qui lui criait de ne pas y aller car c&#8217;était dangereux, il ne l&#8217;écoutait déjà plus, ne pensant qu&#8217;à retrouver la petite fille.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans le grand hall, Étienne observa les différentes portes qui à priori cachait les services administratif ainsi que les différents services comme la cantine ou la salle de jeu pour les enfants. A gauche un grand escalier montait dans les étages et semblait desservir chaque aile du bâtiment. Étienne s&#8217;y engagea, montant à pas de loup son attention focalisée sur chaque bruit afin d&#8217;éventuellement entendre la petite ou un mouvement quelconque qui lui permettrait de se diriger dans la bonne direction et de retrouver Célia avant l&#8217;arrivée de la police et des pompiers. Il arriva au premier étage, regarda à gauche puis à droite, il semblait que ce fut un étage dédié aux chambres des gamins placés ici. Un gros craquement sinistre provenant d&#8217;au-dessus de lui fit sursauter le jeune homme, de la poussière de plâtre tomba du plafond. Le libraire continua son ascension vers le second étage, sur le palier il scruta à gauche et ce qu&#8217;il vit à droite le laissa sans voix. D’énormes branches ou racines tapissaient le fond du couloir du sol au plafond. Comme sur la place Saint-Sulpice, cet amas végétal grandissait à vue d’œil et se resserrait à chaque instant. Étienne avançait prudemment et sa progression devenait de plus en plus difficile au fur et à mesure qu&#8217;il approchait ce bouchon végétal. Il s&#8217;empêtrait les pieds dans les fines racines qui courait sur le sol.</p>
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		<title>Chapitre V.2</title>
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		<pubDate>Sun, 21 Feb 2010 07:32:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Shotaro</dc:creator>
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		<description><![CDATA[_ Oh ! C&#8217;est vrai que cette affaire m&#8217;a bien aidé dans ma carrière, fit Cameron un peu gênée. _ Vous êtes trop modeste, Cameron, cette affaire ne vous a pas aidé, c&#8217;est votre travail précis et intègre qui vous a aidé, voyons ! S&#8217;écria Étienne J&#8217;aime les gens de votre trempe, qui n&#8217;ont pas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">_ Oh ! C&#8217;est vrai que cette affaire m&#8217;a bien aidé dans ma carrière, fit Cameron un peu gênée.</p>
<p style="text-align: justify;">_ Vous êtes trop modeste, Cameron, cette affaire ne vous a pas aidé, c&#8217;est votre travail précis et intègre qui vous a aidé, voyons ! S&#8217;écria Étienne J&#8217;aime les gens de votre trempe, qui n&#8217;ont pas peur de se mettre en danger autant dans leur carrière que physiquement car ce Morisson était loin d&#8217;être un saint. J&#8217;ai lu avec beaucoup d&#8217;attention tout votre dossier sur le site de CNN et c&#8217;était brillant.</p>
<p style="text-align: justify;">_ Je vous remercie, Étienne, dit Cameron avec une petite voix étreinte par la gêne.</p>
<p style="text-align: justify;">_ Ne sois pas modeste, Cammy, c&#8217;est vrai que ça a été un scoop incroyable, non seulement t&#8217;as fait tomber cette ordure de Morisson, mais t&#8217;as fait bien mal aux Russes et aux Italiens ! Remarqua David</p>
<p style="text-align: justify;">_ Ce qu&#8217;il faut savoir c&#8217;est que le chef de la police m&#8217;a bien aidé pour le coup. Vous vous doutez bien que si j&#8217;avais donné un coup de pied dans la fourmilière de la mafia russe et italienne sans prendre de précautions, je ne serais certainement plus ici à deviser avec vous. Il a rencontré les parrains et a passé un deal avec eux, ils ont accepté de faire tomber quelques têtes à conditions qu&#8217;ils ne soient pas inquiété personnellement. Ça les a même arrangé car ils ont pu re-découper les quartiers sur lesquels ils avaient chacun la main mise sans déclencher une guerre mafieuse et donc, sans verser une goutte de sang. J&#8217;ai eu beaucoup de chance au final !</p>
<p style="text-align: justify;">_ Vous avez eu de la chance peut-être, mais vous avez surtout négocier tout ceci avec beaucoup d&#8217;intelligence, miss, nota Étienne</p>
<p style="text-align: justify;">_ Alors c&#8217;est à cause de cette vieille affaire que vous avez décidé de m&#8217;accorder cette interview, Étienne ? Demanda la jeune journaliste.</p>
<p style="text-align: justify;">_ Oui, en partie, votre intégrité m&#8217;a séduite, c&#8217;est un fait, mais c&#8217;est aussi, comme je vous l&#8217;ai déjà dit, parce que vous ressemblez à ma fille, Cameron.</p>
<p style="text-align: justify;">Cameron tressaillit aux mots du vieil homme, il n&#8217;allait quand même pas dire qu&#8217;elle était une Magicienne dans la conversation, comme ça, naturellement ? Elle jeta un œil à David, dont le visage affichait un air interrogatif et comme Cameron le craignait, il déclara :</p>
<p style="text-align: justify;">_ Vous trouvez vraiment que Cameron et Célia se ressemblent, Étienne ? Célia est aussi blonde que Cameron est br&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">_ Ah ! Mais des fois, t&#8217;es bas de plafond, toi, fit Cameron en donnant un coup de poing dans l&#8217;épaule de David, Étienne veut parler de notre caractère, n&#8217;est-ce-pas ?</p>
<p style="text-align: justify;">_ Oui ! Oui&#8230; Bien sûr, répondit Étienne avec un sourire barrant son visage</p>
<p style="text-align: justify;">Cameron fit les gros yeux à Étienne et lui ne répondit rien, il gardait son sourire au lèvres et sirota son whisky, l&#8217;œil toujours rieur. Étienne se leva et s&#8217;affaira en cuisine afin de finir de préparer le repas, il avait concocté un chili con carné avec des piments provenant directement du jardin. Il fit chauffer de l&#8217;eau dans un gros faitout pour faire cuire du riz, en ajoutant des condiments dans l&#8217;eau afin de lui donner du goût. Cameron proposa son aide à Étienne mais comme à son habitude il la refusa, cela n&#8217;empêcha pas la jeune femme de commencer à faire la vaisselle de tout ce qui ne servirait plus, coupant court au protestations du vieux monsieur. David, lui, était retourné voir son matériel et vérifia à nouveau les batteries et entreprit d&#8217;aller en chercher de nouvelles dans la fourgonnette garée devant la maison. Quand il sortit la chaleur lui tomba sur les épaules comme un sac de ciment. Le soleil était haut dans un ciel sans nuage et dispensait une chaleur sèche, implacable, la température devait flirter joyeusement avec les quarante degrés. Il observa le paysage depuis le perron de la petite bicoque d&#8217;Étienne, tout autour de la maison ce n&#8217;était que le désert, quelques cactus ça et là brisait la monotonie de cet horizon plat. Le temps était clair et on pouvait voir très loin. David se demandait si Étienne n&#8217;avait pas choisi délibérément ce site afin d&#8217;être averti très tôt d&#8217;éventuels visiteurs. Il avait du voir arriver les journalistes de très loin, il avait même du voir le nuage de poussière soulevé par le véhicule bien avant de le distinguer. Étienne avait certes un air bonhomme mais il ne fallait pas oublier qu&#8217;il était Étienne Florentin, le compagnon et qui plus est, le père de Célia, La Magicienne de Légende et qu&#8217;en conséquence, il était aussi un artisan de cette légende. Ça ne se résumait pas à accompagner sa fille sur les différents théâtres où elle avait pu intervenir, il avait eu un rôle stratégique primordial, il lui avait sauvé la mise plus d&#8217;une fois grâce à sa sagesse, son génie tactique et aussi son caractère naturel posé et calme. Une fois le choc calorifique passé, il descendit les quelques marches en direction de l&#8217;utilitaire Ford afin de récupérer quelques batteries d&#8217;avance. Quand il ouvrit la porte coulissante il fut agressé par une bouffée brûlante émanant de l&#8217;intérieur du véhicule, la camionnette était chauffée à blanc et l&#8217;intérieur tenait plus du four que de la régie mobile qu&#8217;elle était censée être. Il grimpa à l&#8217;intérieur et se dépêcha d&#8217;ouvrir un gros <em>flight case</em> où était entreposé ce qu&#8217;il convoitait. Au moment de redescendre son attention fut attiré par une diode qui clignotait sur un des panneaux de l&#8217;attirail de régie qui tapissait le fond du van. C&#8217;était le témoin UHF (UltraHigh Frequency, système de transmission de données en ultra haute fréquence, principalement de la vidéo). Il était resté allumé depuis tout ce temps ! Heureusement qu&#8217;ils n&#8217;étaient pas en ville, leur interview aurait pu être facilement piratée si quelqu&#8217;un avait réussi à attraper le flux UHF entre les micros et caméras et la régie du van. Il allait éteindre le récepteur quand sa main dévia et mis le moniteur en route, une soudaine curiosité le piqua et il se demandait ce que pouvait bien se raconter sa collègue et le vieillard. Quand il mit le haut-parleur en route il entendit faiblement la conversation qu&#8217;avaient Étienne et Cameron car ils devaient se trouver dans la cuisine et les réglages effectués par David sur les micros étaient pour le plateau de télévision. Il poussa le volume et entendit clairement la conversation de l&#8217;homme et la jeune femme.</p>
<p style="text-align: justify;">_ &#8230;ne comprends pas votre comportement, Cameron.</p>
<p style="text-align: justify;">_ C&#8217;est juste que&#8230; Enfin, comprenez-moi, je veux être respectée et reconnue pour mon travail et non pas vue au sein de la rédaction comme une Magicienne&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">_ Je comprends ça. Mais aujourd&#8217;hui près de soixante ans après l&#8217;apparition des premiers Magiciens cet état de fait est rentré dans les mœurs, non ?</p>
<p style="text-align: justify;">_ Oui, bien sûr, on est loin de ce qui a existé mais ce n&#8217;est pas à vous que je vais apprendre que les gens continuent, encore aujourd&#8217;hui, de se méfier des personnes comme nous même si je suis d&#8217;accord, les mentalités ont grandement évolué et ce, grâce à vous et votre fille. Pour faire simple, je préfère garder ce secret pour moi, c&#8217;est plus confortable.</p>
<p style="text-align: justify;">_ Oui&#8230; Et David, vous pensez qu&#8217;il vous rejetterait s&#8217;il venait à savoir que vous êtes une mignonne petite Magicienne ?</p>
<p style="text-align: justify;">_ Non, je ne pense pas&#8230; Enfin j&#8217;en sais rien&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">_ Allons ! Cameron ! Moi je pense que vous avez peur qu&#8217;il vous rejette, vous l&#8217;aimez bien votre petit cameraman, n&#8217;est-ce-pas ? Et s&#8217;il ne voyait plus que la Magicienne en vous et plus la femme qu&#8217;il apprécie ?</p>
<p style="text-align: justify;">_ Vous êtes un entremetteur, Étienne !</p>
<p style="text-align: justify;">_ Moi ? Vous plaisantez j&#8217;espère ! Il n&#8217;y a que vous deux pour ne pas comprendre que vous vous plaisez !</p>
<p style="text-align: justify;">David éteignit le récepteur, il avait honte d&#8217;avoir espionner cette discussion et en même temps, il était satisfait de l&#8217;avoir entendue. Un léger sourire marqua son visage quand il repensa au fait que Cameron pensait qu&#8217;il ignorait qu&#8217;elle était une Magicienne. Cela faisait au bas mot deux ans qu&#8217;il le savait. Il l&#8217;avait surprise entrain d&#8217;émettre de la la lumière alors qu&#8217;elle était dans l&#8217;immense salle des archives de CNN entrain de chercher des informations pour un reportage qu&#8217;elle réalisait. Cette salle était plutôt mal éclairée, les étagères regroupant les boîtes contenant tout un tas de papiers, de documents, de films, de microfilms s&#8217;élevaient si haut qu&#8217;elles obturaient l&#8217;effet éclairant des néons générant de l&#8217;ombre une allée sur deux. Il aurait fallu doubler le nombre de néons afin de rendre cette salle suffisamment claire. Alors que Cameron fouillait une boîte dans une allée sombre elle ne sut pas distinguer ce qui s&#8217;y trouvait, se pensant seule,elle se mit a émettre de la lumière au bout des de son index. David avait été intrigué par cette source lumineuse et avait découvert Cameron une sphère lumineuse au bout d&#8217;un doigt, elle s&#8217;en servait comme lampe torche. Il était fasciné, cette jeune femme était vraiment hors du commun ! Il l&#8217;observa longuement, caché derrière une étagère et ne quitta la pièce que bien après son départ.</p>
<p style="text-align: justify;">Plus important néanmoins, David remarqua que Cameron ne s&#8217;était pas opposée farouchement aux sous-entendus d&#8217;Étienne à propos d&#8217;eux et ceci lui fit énormément plaisir, ainsi Mademoiselle La Reporter n&#8217;était pas insensible au charme de son caméraman. La jeune femme était tellement toujours sur la défensive que David ne savait pas vraiment comment aborder cette jolie petite furie. Mais Étienne avait raison, à bien y réfléchir, il n&#8217;y avait qu&#8217;eux pour ne pas voir l&#8217;évidence. David sauta hors de la camionnette, il était en sueur, cette petite séance d&#8217;espionnage dans ce four sur roue l&#8217;avait littéralement déshydraté. Il referma la porte, s&#8217;essuya le front avec la manche de son t-shirt et se dirigea vers le perron. Quand il entra, un silence s&#8217;installa entre sa collègue et le vieil homme, ça le fit sourire intérieurement mais il ne le releva pas. Il dispatcha les batteries dans les logements de double charge que possédaient ces caméras numériques haute définition professionnelle comme si de rien n&#8217;était. La conversation reprit entre Cameron et Étienne à propos du repas qui finissait de cuire puis la jeune femme entreprit de dresser la table. David se joignit à elle. Il n &#8217;échangèrent pas un mot mais beaucoup de regards. Bientôt le trio se retrouva à table et devisèrent gaiement en dégustant le délicieux Chili d&#8217;Étienne</p>
<p style="text-align: justify;">La vaisselle faite, le café servi, chacun regagna sa place afin de continuer l&#8217;interview, David mit l&#8217;installation en branle et donna le top départ. Cameron introduit ce nouvel épisode de quelques mots et Étienne continua son histoire.</p>
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		<title>Chapitre V.1</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Feb 2010 07:56:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Shotaro</dc:creator>
				<category><![CDATA[Célia]]></category>
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		<category><![CDATA[affaires]]></category>
		<category><![CDATA[CNN]]></category>
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		<description><![CDATA[Révélations La sonnerie du four s&#8217;invita au beau milieu de l&#8217;interview. Elle surprit tout le monde. Cameron lança un regard interrogatif à David auquel le jeune homme répondit d&#8217;un geste signifiant que c&#8217;était OK. Étienne observait les deux jeunes gens, personne n&#8217;osait briser le silence et il se risqua. _ Bien je crois que c&#8217;était [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
<p style="text-align: center;"><strong>Révélations</strong></p>
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<p style="text-align: justify;">La sonnerie du four s&#8217;invita au beau milieu de l&#8217;interview. Elle surprit tout le monde. Cameron lança un regard interrogatif à David auquel le jeune homme répondit d&#8217;un geste signifiant que c&#8217;était OK. Étienne observait les deux jeunes gens, personne n&#8217;osait briser le silence et il se risqua.</p>
<p style="text-align: justify;">_ Bien je crois que c&#8217;était le gong qui sonne la fin du round de ce matin, non ?</p>
<p style="text-align: justify;">_ Ça va te gêner ? S&#8217;enquit Cameron auprès de David.</p>
<p style="text-align: justify;">_ Nope, par chance le four a sonné pendant un silence, je devrais pouvoir supprimer ça sans trop de difficulté, on fera un plan de coupe au montage, je le note sur le chemin de fer.</p>
<p style="text-align: justify;">_ OK ! Fit Cameron en se plongeant dans ses notes pour également annoter l&#8217;endroit où ils étaient arrivé dans le récit d&#8217;Étienne</p>
<p style="text-align: justify;">_ Ça va, je ne suis pas trop long ? Demanda Étienne</p>
<p style="text-align: justify;">_ Ah ! Ça non ! Vous pouvez prendre tout le temps que vous voulez, Étienne, on a prévu large, très large en terme de temps d&#8217;enregistrement, c&#8217;est passionnant, quand je pense que l&#8217;on n&#8217;est qu&#8217;au tout début de votre rencontre, je suis accroc !</p>
<p style="text-align: justify;">_ Eh bien vous m&#8217;en voyez ravi, jeune fille ! Et si nous allions voir ce pour quoi le four nous a interrompu ?</p>
<p style="text-align: justify;">_ Miam Time ! S&#8217;écria David un grand sourire barrant son visage.</p>
<p style="text-align: justify;">_ Goinfre ! Siffla la jeune journaliste.</p>
<p style="text-align: justify;">_Ça fait plaisir d&#8217;avoir un gourmet à table, David, déclara Étienne</p>
<p style="text-align: justify;">_ Ne l&#8217;encouragez pas, Étienne !</p>
<p style="text-align: justify;">_ Vous remplumer un peu ne vous ferait pas de mal ma chère Cameron, vous picorez comme un oiseau, c&#8217;est toujours la mode à New-York d&#8217;être aussi sylphide ?</p>
<p style="text-align: justify;">_ Mais ! Mais&#8230; Je ne suis pas maigre, protesta Cameron</p>
<p style="text-align: justify;">_ Bah t&#8217;es pas non plus obèse, ma chère, lança David</p>
<p style="text-align: justify;">_ Bon dites-donc les garçons, ça vous direz qu&#8217;on parle d&#8217;autre chose que de mes fesses ?</p>
<p style="text-align: justify;">Les deux hommes éclatèrent de rire et comme à son habitude, Cameron afficha une moue boudeuse en rangeant ses fiches quant à David il mit tout son matériel en veille, vérifia le taux de remplissage des disques durs et l &#8217;état des batteries. Étienne pour sa part avait rejoint la cuisine et s&#8217;affaira à préparer le repas de ce midi. Il attrapa également quelques verres et demanda ce que les journalistes souhaitaient boire en apéritif et versa les commandes. Bientôt ils se retrouvèrent tous trois autour du bar à deviser agréablement. Cameron était étonnée de l&#8217;accueil que leur avait réservé Étienne, lui qui avait été si difficile à convaincre de faire cette longue interview, il les recevait comme de vieux amis. Le vieil homme avait une réelle complicité avec les deux journalistes, Cameron savait déceler les attitudes d&#8217;apparat que les gens pouvait développer face aux autres, l&#8217;expérience de côtoyer les hommes et femmes politiques l&#8217;avait formée à aller au-delà afin de les pousser dans leur retranchement et ainsi casser la langue de bois qu&#8217;ils pratiquaient tous. Hors, Étienne lui était naturel, c&#8217;était un homme bon, il ne s&#8217;embarrassait pas de faux semblant et c&#8217;était peut-être bien pour cela qu&#8217;il était farouche de prime abord, les journalistes n&#8217;étant pas toujours reconnus pour leur transcription fidèle de leur reportage. Ils leur arrivent fréquemment d&#8217;enjoliver, voire de booster une information afin qu&#8217;elle apparaisse plus intéressante, plus percutante, se rapprochant ainsi du scoop et générant plus d&#8217;audience. A bien y réfléchir, Cameron comprenait l&#8217;attitude première d&#8217;Étienne et commençant à connaître le père de Célia, elle ne doutait pas qu&#8217;il avait pris toutes les informations qu&#8217;il pouvait sur sa personne et peut-être même sur David également. L&#8217;esprit journalistique reprit le dessus et Cameron demanda à Étienne :</p>
<p style="text-align: justify;">_ Dites-moi, Étienne, qu&#8217;avait vous appris sur nous en faisant notre curriculum vitae et qui vous a décidé à accepter de nous rencontrer ?</p>
<p style="text-align: justify;">_ Vous avez l&#8217;esprit vif, Mademoiselle La Reporter lança Étienne en faisant un clin d&#8217;œil complice à David quand il reprit le sobriquet que le cameraman utilisait pour nommer sa collègue, eh bien disons que votre parcours professionnel m&#8217;a plu.</p>
<p style="text-align: justify;">_ Comment ça ? Fit Cameron.</p>
<p style="text-align: justify;">_ J&#8217;ai bien aimé la manière dont vous avez traité l&#8217;affaire Morisson. D&#8217;après mes informations vous avez été plutôt menacée que cela soit par ce politique véreux ou par la pression que votre direction exerça sur vous à l&#8217;époque.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Stanislas Morisson était un jeune loup de la politique et s&#8217;intéressait énormément à prendre le pouvoir de la mairie de New York. Il avait eu une jeunesse plutôt hors norme pour un homme briguant ce genre de siège. Il avait été arrêté alors qu&#8217;il avait 14 ans pour une série de cambriolages alors qu&#8217;il traînait avec une bande de loubards de son quartier. Il fut envoyé en maison de redressement pendant deux ans et ce fut à cette époque qu&#8217;il prit conscience que ce qui pourrait le sauver c&#8217;était l&#8217;instruction, sauter la barrière, être du côté des institutions plutôt de celui des hors-la-loi. Morisson était un enfant intelligent et l&#8217;homme qu&#8217;il était devenu était brillant, seulement, il avait gardé cette approche peu orthodoxe qu&#8217;il avait acquise pendant ses mauvaises années pour obtenir ce qu&#8217;il voulait. Ainsi il gravit les marches vers le pouvoir de manière fulgurante, trop fulgurante peut-être et les journalistes se posèrent de nombreuses questions sur son parcours. Ces questions furent souvent posées mais elles n&#8217;eurent jamais réellement de réponses car les reportages ne furent pas publiés au dernier moment, les journalistes concernés décidant de passer à autre chose ou les sujets étant enterrés, mis de côté par les directeurs de rédaction. Pourtant, la toute jeune journaliste au sein de CNN, Cameron Hattaway, s&#8217;intéressa elle aussi au cas Morisson. Ce qu&#8217;elle découvrit fut une véritable bombe dans le microcosme politique new-yorkais. Stanislas Morisson, notable et jeune politique pourri d&#8217;ambition avait eu un parcours des plus sombres pour en arriver à ce niveau. Caisses noires, menaces, évictions forcées de ses opposants politiques, financements occultes de ses différentes campagnes politiques, principalement par les mafias russe et italienne. Cameron repris le fil des événement de la vie de Stanislas Morisson du tout début et mena une enquête de plusieurs mois à son sujet. Ces investigations finirent par arriver aux oreilles de l&#8217;intéressé et comme à son habitude, il entreprit d&#8217;étouffer le travail de cette jeune poule du journalisme dans l&#8217;œuf afin que sa campagne pour la mairie de New York ne soit pas entachée par un scandale. Cameron fut suivie par les hommes de main de Morisson et même menacée dans le parking sous-terrain de la station de télévision. Des gros bras à la solde du politicien véreux l&#8217;avaient brutalement bousculée un soir alors qu&#8217;elle regagnait sa voiture pour rentrer chez elle. D&#8217;abord choquée et apeurée, le caractère de feu de la jeune Hattaway reprit le dessus et elle se paya les services d&#8217;un détective privé sur ses propres deniers afin qu&#8217;il veille sur elle le temps qu&#8217;elle termine son reportage. La jeune femme qui était intelligente, envoya les résultats de son enquête au chef de la police new-yorkaise qu&#8217;elle savait intègre et non mouillé dans les magouilles politiciennes initiées par Morisson vingt-quatre heures avant de mettre son reportage à l&#8217;antenne. Ainsi, la plupart des protagonistes concernés par l&#8217;affaire et Morisson lui-même furent arrêtés quelques heures avant la diffusion du sujet. Le scandale, tout comme le scoop pour CNN fut énorme et Cameron fut reconnue par ses pairs, elle devint une journaliste reconnue et respectée dans la sphère média new-yorkaise et même dans le pays. A partir de ce jour, elle eut une liberté plus grande pour réaliser les sujets qu&#8217;elle souhaitait traiter.</p>
</div>
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		<title>Chapitre IV.2</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Feb 2010 09:00:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Shotaro</dc:creator>
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		<description><![CDATA[_Après ce reportage, voyons la situation internationale, car ces phénomènes encore inexpliqués ne sont pas une situation purement française. Ainsi a-t-on pu observer des manifestations similaires un peu partout sur la planète : Europe, États-Unis, Chine, Japon, Australie, Inde, Moyen Orient, aucun grand pays et même des nations plus petites, personne n’a été épargné, Eddy Schuman… [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">_Après ce reportage, voyons la situation internationale, car ces phénomènes encore inexpliqués ne sont pas une situation purement française. Ainsi a-t-on pu observer des manifestations similaires un peu partout sur la planète : Europe, États-Unis, Chine, Japon, Australie, Inde, Moyen Orient, aucun grand pays et même des nations plus petites, personne n’a été épargné, Eddy Schuman…</p>
<p style="text-align: justify;">_Une tornade sur New York, voilà qui est hautement improbable, certains diront même impossible, pourtant, c’est bien une tornade qui a sévit au cœur de la Grosse Pomme. Selon les forces de police, elle est née vers les quatre heures du matin dans la quatre-vingt-seizième rue, à proximité de Central Park. Le sergent Gilmore patrouillait dans ce coin et a été témoin de la scène :</p>
<p style="text-align: justify;">_Tout était calme, et tout à coup, le vent s’est mis à se lever et à souffler de plus en plus fort. Mon collègue David me dit que le vent tournoie et en effet en observant les papiers et différents débris on s’est rendus compte qu’ils tournoyaient de plus en plus vite et David me dit ‘Tu sais quoi ? Ça ressemble à une tornade, un twister !’ Je lui ai dit qu’il délirait et le vent continuait à augmenter en intensité et on était drôlement secoués dans la voiture. Les débris qui étaient entraînés étaient de plus en plus gros et puis la trombe s’est formée. On a démarré vite fait pour s’éloigner de ce monstre. Et de loin on a vu les vitres des immeubles voler en éclats, des voitures être happées et faire la grande danse ! On a même failli s’en prendre une sur la figure ! Et puis hop ! C’était fini ! Plus rien, juste le bruit des débris les plus légers qui finissaient leur course sur le sol… Incroyable ! Plus rien ! Plus de tornade, pfft ! Disparue !</p>
<div style="text-align: justify;">_Les dégâts sont plutôt minimes si on considère les milliards de dollars que coûtent les twisters dans les états du sud. Ici quelques vitres et voitures détruites et là quelques dégâts annexes, mais rien de comparable. En Inde maintenant, Le Gange est sorti de son lit a une vitesse défiant l’imagination et chose encore plus incroyable, le mois d’avril n’est pas le mois des inondations. Ce qui frappe le plus c’est la soudaineté de la chose, en six heures, le fleuve a quitté son lit et l’a regagné aussi vite qu’il en était sortit. D’après les spécialistes de ce genre de phénomène, c’est du jamais vu, et s’ils n’avaient pas eu les images que vous voyez actuellement, ils auraient eu du mal à la croire. La planète est-elle devenue folle ? Des personnes sont-elles à l’origine de ces phénomènes, même si c’est assez difficile à croire ? Avec nous le professeur…</div>
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<p style="text-align: justify;">Le silence qui suivit le discours de la présentatrice laissa Étienne abasourdit. Ce qu&#8217;il venait de voir était tout simplement extraordinaire, non pas les scoops habituels que la télévision avait l&#8217;habitude de déverser en les présentant « extraordinaires », non, cette fois ces événement sortaient réellement de l&#8217;ordinaire et tenaient de l&#8217;impossible physiquement parlant. Le libraire était tellement choqué qu&#8217;il tenait encore son bras tendu, la télécommande dans la main de longues secondes après avoir éteint le poste de télévision. Les journalistes spéculaient quant à savoir le pourquoi du comment de tels évènements, ils se demandaient même si des gens ne seraient pas à l&#8217;origine de tout ce désordre planétaire et lui, lui le jeune libraire plutôt renfermé il savait. Il connaissait même une de ces personnes et c&#8217;était une petite fille de sept ans aux cheveux blonds magnifiques et au regard si profond. Ce petit ange avait fait poussé un arbre énorme sur la place saint-sulpice&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Étienne se demanda si Célia allait bien. Il but une gorgée de whisky et le liquide brûlant dévalant le long de son œsophage le rasséréna un peu. Même s&#8217;il ne le savait pas encore son destin allait basculer radicalement ce jour-là. Il se leva et alla s&#8217;attabler au PC trônant sur le bureau adosser au mur de gauche à côté de l&#8217;entrée. Il surfa pendant plus de deux heures sur l&#8217;Internet sur les sites d&#8217;information continue et les articles, les reportages fleurissaient en temps réel sous ses yeux. Qu&#8217;importait la nationalité des sites qu&#8217;il visitait, les gros titres ne traitait que de ces évènements. Des gamins qui lévitent, déplacent des objets sans les toucher, génèrent de la lumière ou du feu spontanément et bien d&#8217;autres prodiges. C&#8217;est alors que l&#8217;évidence éclata dans son esprit, pas un site n&#8217;avait encore relevé cet état de fait ni même y consacré un article. Il compulsa à nouveau quelques articles au hasard et un peu partout sur la planète et cela confirma ce qu&#8217;il avait remarqué, tous ces phénomènes n&#8217;étaient générés que par des enfants, pas un adulte n&#8217;était mis en cause. Le plus vieux des gamins qu&#8217;il releva dans la multitude d&#8217;article avait quinze ans. Étienne continua un bon moment à vérifier l&#8217;âge des protagonistes dans les différentes dépêches postées sur ces sites quand celui-ci était indiqué et cela confirma ce qu&#8217;il avait remarqué, pas d&#8217;adultes, que des enfants ou des adolescents.</p>
<p style="text-align: justify;">Le libraire se laissa choir sur le dossier de son siège et resta là un bon moment à réfléchir, à intégrer tout ce qu&#8217;il avait appris. C&#8217;était sans précédent, si ces gamins gardaient ces facultés hors normes et rien ne laissait penser que ça ne serait pas le cas, la face du monde allait changer radicalement, il y aurait désormais ceux capables de prodiges et ceux en étant incapables. Il savait déjà que les jours, les semaines et les mois prochains allaient être mouvementés que cela soit d&#8217;un point de vue social, politique et même économique, c&#8217;était tellement énorme qu&#8217;il n&#8217;arrivait pas à appréhender à quel point ce bouleversement bousculerait la planète dans son ensemble. Étienne jeta un œil à sa montre, il était près d&#8217;une heure du matin. Il se rendit compte qu&#8217;il avait faim, il n&#8217;avait rien mangé depuis la glace qu&#8217;il avait partagé avec la petite Célia plus tôt dans la journée. Il se dirigea vers la cuisine américaine pour se sustenter. En passant à côté du fauteuil il eut l&#8217;idée d&#8217;attraper la télécommande afin d&#8217;allumer la télévision mais se ravisa, son esprit était déjà totalement monopolisé par toute cette pagaille, il était inutile d&#8217;en rajouter, le silence lui serait de meilleur conseil et salvateur pour la réflexion. Il passa derrière le bar et ouvrit le réfrigérateur, attrapa un plat préparé et le jeta littéralement dans le four micro-onde. Il mit l&#8217;engin en route sans vraiment s&#8217;attarder sur le temps qu&#8217;il aurait idéalement fallu pour le réchauffer, de la même manière, il le sortit sans attendre que le cycle de réchauffage ne soit arrivé à terme. Plus Étienne réfléchissait à tous ces évènements, plus ses pensées se focalisaient sur Célia. Des gamins généraient du feu, flottaient dans les airs et la petite blonde qu&#8217;il connaissait, elle, faisait pousser les plantes. Il aimait cette idée, cette gamine devait toucher sa fibre écologique, un arbre n&#8217;est pas dangereux après tout ! A part peut-être quand il trône en plein milieu d&#8217;une ville comme Paris. Il se demandait où les services sociaux avaient bien pu emmener cette étrange petite fille qui avait vraiment eu une emprise étrange sur lui, non pas pour le prodige qu&#8217;elle semblait capable de réaliser mais pour le coup de foudre qui semblait s&#8217;être produit entre ces deux-là. Tout à coup, Étienne sentit une angoisse monter à l&#8217;idée qu&#8217;il ne reverrait certainement jamais cette petite fille avec qui il partageait quelque chose. Il n&#8217;aurait pas su définir exactement ce qui les rapprochait, était-ce le fait qu&#8217;ils étaient orphelins tous les deux, ou encore le fait que ce soit lui qui la récupéra près de l&#8217;arbre de la place Saint-Sulpice ou avoir partagé cette glace ? Étienne secoua la tête comme pour chasser ces pensées absurdes, il tenta de se convaincre que cette drôle de sensation qu&#8217;il éprouvait pour cette gamine était née de la situation exceptionnelle dans laquelle il l&#8217;avait rencontrée. Il avait à peine touché son plat et entrepris d&#8217;aller se coucher en se disant que la nuit porte conseil et qu&#8217;il y verrait plus clair le lendemain matin.</p>
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		<title>Chapitre IV.1</title>
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		<pubDate>Fri, 29 Jan 2010 09:00:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Shotaro</dc:creator>
				<category><![CDATA[Célia]]></category>
		<category><![CDATA[Romans]]></category>
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		<description><![CDATA[II Étienne repassa à sa boutique afin de la fermer car à l &#8217;évidence, ce n&#8217;était pas le jour pour faire des affaires. Quand il arriva dans la rue, celle-ci était bouchées par des barrières anti-émeutes et une ribambelle de C.R.S. afin de tenir les badauds et les journalistes à l &#8217;écart de la la place Saint-Sulpice [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
<p style="text-align: center;"><strong>II</strong></p>
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<p style="text-align: justify;">Étienne repassa à sa boutique afin de la fermer car à l &#8217;évidence, ce n&#8217;était pas le jour pour faire des affaires. Quand il arriva dans la rue, celle-ci était bouchées par des barrières anti-émeutes et une ribambelle de C.R.S. afin de tenir les badauds et les journalistes à l &#8217;écart de la la place Saint-Sulpice où trônait le chêne géant. Le libraire ne fit qu&#8217;un rapide saut dans l&#8217;échoppe afin d&#8217;éteindre l&#8217;informatique et les lumières et fut ressorti dans les cinq minutes. Le service du métro était suspendu quant aux lignes qui fonctionnaient encore elles étaient surchargées. Étienne fit le choix de prendre un taxi mais ce n&#8217;était pas beaucoup plus judicieux, la circulation routière en surface étant toute aussi chargée. Après un trajet interminable il fut de retour chez lui. Le libraire état vanné, toutes ces émotions avait eu raison de sa résistance physique, il avait l&#8217;impression d&#8217;avoir la tête dans du coton, de voir ce qui l&#8217;entourait au ralenti. Il s&#8217;affala dans un gros fauteuil en cuir défoncé dans son salon et resta là, dans le silence, un bon moment, ne pensant à rien, goûtant chaque seconde silence afin de reprendre pied dans la réalité. Étienne finit par bouger et ouvrit la table basse devant lui, attrapa la bouteille de Jack Daniel qui s&#8217;y trouvait ainsi qu&#8217;un verre et entreprit de se servir un de whisky. Il récupéra la télécommande de la télévision sur laquelle il s&#8217;était assis et l&#8217;alluma. Ce qu&#8217;il y vit le scotcha littéralement à son fauteuil.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;">*</p>
<p style="text-align: center;">**</p>
<p style="text-align: justify;">
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<p style="text-align: justify;">« - … en direct de la place Saint-Sulpice. Sofiane ? Quelles sont les informations dont vous disposez à cette       heure ?</p>
<p style="text-align: justify;">_ Bonsoir Sandrine, eh bien pour le moment on peut dire que les autorités entretiennent un flou artistique autour des événements survenus ce matin. Ce que nous en savons pour le moment c&#8217;est qu&#8217;un arbre est apparu au milieu de la célèbre place parisienne. Selon des témoignages que nous avons recueilli tout au long de la journée, cet arbre aurait poussé en quelques minutes pour atteindre une taille colossale. A l&#8217;heure où je vous parle il semble qu&#8217;il ait terminé sa croissance accélérée et il culmine à pas moins de quarante mètres, nous avons pu déterminé que son tronc à la base avait une circonférence de plus de cinq mètre de circonférence, peut-être plus car nous n&#8217;avons pas été autorisé à approcher, en effet la place est totalement bouclée, ce n&#8217;est pas moins de quatre compagnies de C.R.S. qui ont été mobilisées pour la sécuriser. Comme vous pouvez le voir derrière moi, la brigade de la police scientifique est à l&#8217;œuvre afin de comprendre comment un tel prodige a pu se réaliser d&#8217;une part, mais aussi pour trouver une solution au problème de sécurité que pose cette arbre immense de plusieurs dizaines de tonnes posé sur la fragile structure du sol parisien&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">_ Les risques sont donc réels que cet arbre s&#8217;effondre ?</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">_C&#8217;est exactement ce que la police scientifique s&#8217;efforce de déterminer, savoir comment le poids est réparti sur l&#8217;ensemble des racines qu&#8217;a développé le végétal, les forces de l&#8217;ordre attendent leur conclusion pour savoir si une évacuation totale du quartier doit être entreprise. Les lignes du métro qui passent à proximité sont suspendue pour une durée indéterminée, les ingénieurs de la R.A.T.P. Sont en ce moment même entrain de vérifier l&#8217;intégrité des tunnels concernés. De plus, une question cruciale chapeaute toutes les difficultés que cet arbre venu de nulle part entrainent et c&#8217;est de savoir comment va-t-on faire pour extraire cet arbre colossal&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">_Je vous remercie pour toutes ces précisions, Sofiane, n&#8217;hésitez pas à nous recontacter dès que vous avez du nouveau. Cet événement hors normes n&#8217;est pas isolé, loin de là et c&#8217;est à se demander si la nature n&#8217;a pas perdu la tête aujourd&#8217;hui. La pousse de cet arbre au cœur de Paris n&#8217;est pas un cas isolé, en effet, des manifestations toutes aussi incroyables ont eu lieu un peu partout sur le territoire. Partout en France des cas tout aussi improbables se sont manifestés, la neige s&#8217;est mise à tomber sur le quartier de Fives à Lille en plein mois d&#8217;avril alors que la température ambiante était de seize degrés, à Marseille dans le quartier du Mirai des monolithes ont littéralement poussé sur la chaussée, la quasi totalité de la petite ville de Desvres dans le Pas-de-Calais est partie en fumée dans de multiples incendies ravageurs, sans que les pompiers ne puissent réellement les expliquer faisant plusieurs centaines de morts. Tout ce ci ne sont que les événements majeurs mais on ne compte plus le nombres de manifestations signalées toute la journées aux standard de la police, des enfants qui ne touchent plus terre et qui flottent dans les airs comme des ballons d&#8217;hélium ou encore qui émettent de la lumière, une sorte de bioluminescence que l&#8217;on peut observer chez la luciole par exemple. Un reportage de Lucie Ferrer :</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">_Depuis ce matin dix heures rien ne va plus ! En effet, La Nature semble être sans dessus dessous. Ce qui nous semblait physiquement impossible encore hier semble bel et bien se manifester sporadiquement certes, mais réellement. Comme vous pouvez le voir sur ces images, cet enfant flotte au milieu de sa chambre et l’image n’est pas truquée et notre équipe a pu le constater de visu. Les parents sont tout aussi atterrés que nous le sommes, ils n’ont aucune explication rationnelle sur le comportement pour le moins étonnant de leur enfant. Le petit garçon n’est pour autant pas apeuré ou même terrifié. Ses parents ne désirent pas s’exprimer devant la caméra.La petite ville de Desvres située prés de Boulogne-sur-mer dans le Pas-de-Calais a vécu une journée difficile, une bonne partie de la ville est partie en fumée dans un immense incendie dont l’origine est encore indéterminée. Il y a plus de six cents morts ou personnes disparues à l’heure actuelle. Cependant, un petit garçon de neuf ans a été retrouvé au milieu des décombres fumants miraculeusement indemne. Le capitaine de pompier Hervé Duquesnoy a été témoin de la scène :</p>
<p style="text-align: justify;">On ne sait pas encore l’origine de cet incendie, ce que je peux vous dire c’est que c’était l’enfer aujourd’hui ici ! Et puis ça s’est arrêté, aussi vite que ça a démarré, c’est incroyable, le feu s’est littéralement évanoui. On a commencé à chercher après d’éventuels survivants, mais au début on a retrouvé que des cadavres. Et puis dans une maison on a retrouvé le petit gars, indemne, pas une brûlure, rien ! Il a une sacrée chance celui-là. Y en a qui disent que c’est lui qui a déclenché l’incendie, mais moi j’y crois pas, comment aurait-il pu allumer un feu si gigantesque qui avait l’air de naître de partout ? C’est des bêtises si vous voulez mon avis…</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">_ Et pourtant, dans toutes les personnes que nous avons pu rencontrer et interroger, elles sont de plus en plus nombreuses à se demander si ce petit garçon ne serait pas à l’origine du sinistre. Il en va de même pour le garçonnet qui lévite, certains disent que c’est lui qui accomplit ce prodige, on peut se poser la question… Cependant, à Marseille par exemple, où des monolithes rocheux ont littéralement poussé dans les rues, personne ne comprend comment cela est arrivé. Comme vous pouvez le constater sur ces images, cela a été soudain, des voitures ont été complètement empalées ou retournées par ces drôles de plantes minérales. De nombreux témoins ont vu la poussée de ces petites montagnes, c’est le cas de Fatima qui promenait son bébé dans une poussette et qui a eu la frayeur de sa vie en voyant cette scène étonnante :</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">_ Ben j’étais sur le trottoir avec mon fils, je poussais sa voiture et tout à coup, le sol a commencé à trembler et des voitures ont été soulevées, y en avait partout qui se retournaient !! Et le sol tremblait toujours, les gens s’agrippaient à ce qu’ils pouvaient, moi j’étais accrochée à ma poussette d’une main et à un lampadaire de l’autre. Et puis ça s’est arrêté… Et puis y avait ces trucs un peu partout dans le boulevard… C’est incroyable ! Comment c’est possible ça, hein ?</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">_ Là est bien la question, tous ces évènements sont incroyables, extraordinaires en soit, mais ce qui est encore plus troublant c’est qu’ils se sont tous produit à la même heure que cela soit à Paris, Lille ou Marseille ainsi que dans tous les autres endroits qui ont été touchés par ce type de phénomène. A l’heure actuelle, le mystère reste entier.</p>
</div>
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		<title>Chapitre III.2</title>
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		<pubDate>Sat, 23 Jan 2010 09:00:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Shotaro</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Romans]]></category>
		<category><![CDATA[Etienne]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
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		<description><![CDATA[Elle souffla plusieurs fois de suite pour se calmer et entreprit de se changer pour la nuit. Trois petits coups discrets résonnèrent sur la porte et David invita Cameron à entrer. Il découvrit sa jolie collègue habillée d’un t-shirt beige et d’un panta-court blanc cassé, elle tenait son sac contre elle comme un ultime rempart [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Elle souffla plusieurs fois de suite pour se calmer et entreprit de se changer pour la nuit.<br />
Trois petits coups discrets résonnèrent sur la porte et David invita Cameron à entrer. Il découvrit sa jolie collègue habillée d’un t-shirt beige et d’un panta-court blanc cassé, elle tenait son sac contre elle comme un ultime rempart à l’intimité qu’ils allaient être obligés de partager dans le même lit cette nuit. Son caractère bien trempé refit surface d’un coup et asséna brusquement au jeune caméraman :<br />
« - Je prends la place de droite et ne t’avise pas d’avoir les mains baladeuses sinon je te les coupe !<br />
- Les mains ? fit David avec un petit rire.<br />
Cameron lui lança un regard noir qui figea le sourire de David. Elle alla vers le lit, le défit et s’y installa. Elle remonta la couverture jusqu’au cou et ferma les yeux. Elle les rouvrit en entendant David rire à gorge déployée. Il la regardait goguenard en lui mimant la scène en simulant une couverture sous son menton les yeux fermés et en faisant la moue.et il se remit à rire. Cameron sourit puis éclata de rire face au ridicule de la situation.<br />
- Allé viens te coucher espèce de gamin ! Mais mes mises en garde restent valables, fit-elle<br />
David rejoint Cameron sous la couette et ils restèrent immobiles pendant un long moment. David  se retourna sur le côté puis s’endormit rapidement, alors que Cameron, elle, était trop excité de sa journée, avoir rencontré Etienne Florentin, que celui-ci ait accepté l’interview, tout cela était trop beau pour être vrai et tout ceci tournait dans son esprit. Un bon moment après, elle s’endormit à son tour sans s’en rendre compte.</p>
<p>David ouvrit les yeux, la lumière emplissait déjà la chambre, il n’aurait pas su dire quelle heure il était, l’aube apparaissant très tôt ici. Il prit pied dans la réalité au fur et à mesure qu’il se réveillait, il n’avait pas encore bougé. Il était sur le côté, tourné vers Cameron dont la respiration calme et profonde apportait une sérénité surréaliste dans la pièce. Il observait la petite brunette qui dormait juste à côté de lui quand il prit conscience qu’il avait sa main droite sur elle, sur son ventre précisément et sous le t-shirt pour couronner le tout ! Il retira doucement sa main baladeuse en priant que Cameron ne se réveille pas pendant l’opération sous peine de devoir expliquer quelque chose qu’il avait fait sans en avoir conscience durant son sommeil. Il récupéra sa main sans encombre non sans un petit pincement au cœur, il avait trouvé ça bien agréable quand même… Il entreprit de se rendre à la cuisine afin de préparer du café pour tout le monde, il pouvait bien faire ça pour Etienne. Et pour Cameron… Il quitta la chambre et dans le couloir il jeta un œil à sa montre : Il était six heures et quart. C’était ça, David avait dormi cinq heures, ca lui suffisait, il pouvait être très fatigué ou pas, il dormait entre quatre et six heures, jamais plus. Alors qu’il descendait les escaliers, une délicieuse odeur de café vint lui chatouiller les narines et en s’approchant du bar de la cuisine américaine, il découvrit Etienne entrain de faire des toasts, patientant que le grille-pain lui rende les tartines qu’il y avait mis.<br />
- Vous êtes bien matinal, mon jeune ami, fit Etienne sans détourner le regard du grille-pain.<br />
- Vous en êtes un autre, Etienne, répondit David le sourire aux lèvres.<br />
- Avez-vous bien dormi ? Ici au moins, on est au calme, pas de voisins bruyants qui tapent dans les murs, parfois des coyotes qui hurlent à la Lune, mais c’est tout.<br />
- Comme un bébé ! Je suis en pleine forme !<br />
- Vous m’en voyez ravi ! La cohabitation s’est bien passée ? fit le vieil homme avec un petit sourire.<br />
- Oui, oui ! Impeccable, elle ne ronfle pas si fort en fin de compte, plaisanta David<br />
Etienne éclata de rire en récupérant le pain grillé qui avait jailli de l’appareil et le mit dans une assiette qu’il posa sur le bar. Il servit un café au jeune homme, alla chercher une bouteille de jus d’orange dans le réfrigérateur et leur servit un grand verre chacun. Sur le bar s’étalait les ingrédients d’un copieux petit déjeuner et Etienne en fit le tour pour venir s’asseoir à côté de David et les deux hommes mangèrent en parlant de tout et de rien. Ils passèrent ainsi une demi-heure, David expliquant des choses sur son métier, Etienne expliquant pour quelles raisons il était venu si loin de la cohue urbaine. Vers sept heures Etienne prépara un plateau avec café, pain grillé, jus de fruit, beurre, confiture et le confia à David pour que celui-ci aille réveiller « Mademoiselle La Reporter » lui fit-il avec un clin d’œil.<br />
- Hmm… Elle ne va plus se sentir si on la traite comme une princesse, vous savez ? observa David<br />
- Ah mais pour ma part, je ne la traite de rien, mon jeune ami, c’est vous qui allez lui monter son plateau, pas moi ! répondit Etienne en se dirigeant vers la porte pour aller prendre l’air sur la petite terrasse du devant de la maison.<br />
David resta seul, le plateau sur les bras, il était resté le regard fixé sur la porte par laquelle était sorti le vieil homme. Il baissa les yeux vers le contenu du plateau, songeur, puis il haussa les épaules et monta les escaliers.<br />
David tapota à la porte de la chambre et ne reçut aucune réponse. Il entra, sa collègue dormait toujours, il pouvait entendre sa légère respiration. Il se débarrassa du plateau sur la petite table de nuit en bois laqué noir puis il s’assit sur le bord du lit et resta un moment à regarder Cameron. Sans les défenses qu’elle avait l’habitude de maintenir quand elle était éveillée, elle lui apparaissait ici comme une petite fille, si douce, si fraîche.et si fragile. David ne savait pas très bien comment s’y prendre pour la réveiller, il avait peur de lui faire peur ou tout au moins de la surprendre. Il tendit la main pour lui caresser les cheveux et finit son mouvement sur sa joue. Cameron bougea légèrement et David l’appela doucement par son prénom, il avait toujours la main sur sa joue, elle ouvrit les yeux et son regard se planta tout de suite dans celui de David.<br />
- Hello ! lui fit-il simplement avec un sourire timide.<br />
- Hello… lui répondit-elle aussi simplement.<br />
Il récupéra sa main et lui annonça qu’il lui amenait le petit déjeuner il attrapa le plateau et lui présenta. Elle se mit en position assise et il lui posa le copieux petit déjeuner sur les genoux. Il lui servit un café et un verre de jus d’orange puis il resta là, simplement à la regarder pendant qu’elle détaillait ce qui se trouvait sur le plateau.<br />
- C’est très gentil<br />
- Je t’en prie, répondit David.<br />
- Tu diras merci à Etienne, lança-t-elle au jeune homme sans le regarder.<br />
David sourit, sa jeune amie gardait toute sa capacité d’analyse, même au saut du lit ; Elle était redoutable. David annonça qu’il allait faire sa toilette mais Cameron l’attrapa par le bras et lui demanda de rester un moment. Il se rassit et se mirent à discuter, tranquillement, gentiment, calmement, pas de chamailleries, pas de mises en boîte, pas de pics.<br />
Etienne s’était assis dans un vieux fauteuil à bascule en bois et regardait le paysage. Il adorait se poser comme ça, le matin, et ne devenir pour quelques minutes que le spectateur du monde, s’en extraire littéralement. Dans ces moments il ne pensait à rien et ne faisait qu’écouter le vent, sentir le soleil sur sa peau mais ce matin, c’était différents, il se demandait si les deux jeunes gens au premier étage avaient arrêté de se mettre en opposition, comportement qui le laissait pensif. Ce genre de séduction le laissait perplexe, ces deux là se plaisaient, ça se voyait comme le nez au milieu de la figure, il l’avait perçu très vite quand ils étaient arrivés hier après-midi mais il semblait que  seuls eux-mêmes ne s’en rendaient pas compte. Il resta, là, assis, tranquille et rassuré d’avoir fait un choix aussi judicieux en acceptant la demande d’interview de mademoiselle Cameron Hattaway, il avait développé une confiance en elle, il la sentait intègre et, le plus important, passionnée.<br />
Etienne se leva au bout d’une vingtaine de minutes et rentra dans la maison, il comptait préparer le repas pour ce midi. Quand il fut dans le salon, Cameron était entrain de descendre les escaliers, ramenant le plateau du petit déjeuner, ils se saluèrent. Cameron posa son fardeau sur le bar de la cuisine et grimpa sur un des tabourets, l’homme passa de l’autre côté et se planta en face d’elle, son visage affichant un sourire tendre à l’attention de la jeune femme.<br />
- Etienne… commença-t-elle.<br />
- Oui, ma jeune amie ? fit il.<br />
Elle lui attrapa les mains et les serra entre les siennes.<br />
- Merci !<br />
Elle avait prononcé ce mot à la limite de l’audible et Etienne lui fit un grand sourire et lui caressa la joue.<br />
- Mais de rien, mon enfant.</p>
<p>Plus tard, David et Cameron tous frais lavés, s’affairèrent à remettre en place le plateau, le jeune technicien mettant sous tension tout le matériel, quant à la journaliste, elle vérifia ce qui avait été abordé la veille pour sa part et avisa de ce qu’elle comptait demander à Etienne d’aborder ce matin. Le héros de l’histoire pour sa part, avait terminé la préparation du repas pour le midi et s’affairait à la vaisselle. Bientôt tout était prêt, Cameron et Etienne regagnèrent leur place respective, David fit le décompte et lança l’interview.</p>
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		<title>Chapitre III.1</title>
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		<pubDate>Tue, 19 Jan 2010 09:00:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Shotaro</dc:creator>
				<category><![CDATA[Célia]]></category>
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		<category><![CDATA[reportage]]></category>

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		<description><![CDATA[report - C’est dans la boîte ! annonça David. Cameron était fascinée. Elle connaissait pourtant l’histoire de leur rencontre mais racontée par les mots d’un des protagonistes elle avait l’impression de la redécouvrir entièrement. - C’était bien ? demanda Etienne. - Parfait, Etienne, vraiment ! lui répondit la journaliste avec un sourire. - Si je suis trop bavard, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align: center;">report</div>
<p style="text-align: justify;">
<p>- C’est dans la boîte ! annonça David.<br />
Cameron était fascinée. Elle connaissait pourtant l’histoire de leur rencontre mais racontée par les mots d’un des protagonistes elle avait l’impression de la redécouvrir entièrement.<br />
- C’était bien ? demanda Etienne.<br />
- Parfait, Etienne, vraiment ! lui répondit la journaliste avec un sourire.<br />
- Si je suis trop bavard, vous couperez au montage de toute façon !<br />
- Je pense que nous allons avoir le problème inverse, Etienne. Oui, nous allons devoir couper afin de réaliser le montage des documentaires et la difficulté sera de choisir ce que nous aurons à couper. Vous ne nous avez raconté que votre rencontre pour le moment, mais c’est tellement intense ! Je suis ravie et je vous remercie vraiment du fond du cœur de nous permettre de réaliser tout ceci, Etienne.<br />
- Je suis content que cela vous plaise, Cameron, fit simplement Etienne, que diriez-vous d’un petit café avant d’aller dormir, il se fait tard, déjà. La jeune femme accepta volontiers.<br />
David jeta un œil à sa montre et il fut surpris de voir qu’il était déjà plus de minuit. Il entreprit d’éteindre tout l’appareillage du plateau et de noter les différents réglages qu’il avait appliqués à ces derniers afin d’obtenir la même ambiance lumineuse et sonore le lendemain. Pendant ce temps, Cameron avait rejoint le bar et discutait avec Etienne qui était entrain de faire le café. Le fait qu’il commence à travailler avant la jeune femme et qu’il termine après elle ne gênait aucunement David, c’était son rôle de technicien après tout. Pendant que les caméras tournaient, son rôle se limitait à surveiller le taux de remplissage des disques durs des caméras numériques et à veiller que le son passait bien. Pour le coup, ce soir, il avait tellement été absorbé par le récit d’Etienne qu’il n’avait pas franchement tenu son rôle aussi bien qu’il aurait dû, il avait même failli louper le remplacement des disques au bout des quatre-vingt dix premières minutes. Il faut dire qu’Etienne avait un véritable talent de conteur et savait captiver son auditoire, David avait d’ailleurs rarement connu Cameron aussi peu bavarde lors d’une interview, elle avait préféré elle aussi laisser s’exprimer le vieil homme. David avait été étonné qu’il n’eût pas à déployer le générateur d’appoint qu’il avait amené avec eux, la maison d’Etienne fournissait suffisamment d’électricité pour alimenter les projecteurs, toute la panoplie de la petite régie qu’il avait installée ainsi que l’équipement de la maison. Il s’en étonna auprès du propriétaire des lieux qui lui fit une réponse laconique :<br />
- Vous savez, c’est ma fille qui s’est occupé de l’installation de la maison…<br />
David répondit par un sourire et une moue qui exprimait qu’il avait compris. Le jeune technicien rejoignit Cameron qui était entrain de souffler sur son café, il se jucha sur le tabouret de bar à côté d’elle, attrapa un morceau de sucre et le trempa dans son café avant d’en croquer la moitié. Quant à l’autre moitié qui lui restait dans entre les doigts, il le lâcha dans le liquide noir.<br />
- Quel rituel ! remarqua la journaliste.<br />
- Je fais ça depuis que je suis gamin, c’était déjà le cas avec mon chocolat chaud, j’ai poursuivi avec le café…<br />
- C’est presqu’un T.O.C. alors ? se moqua-t-elle.<br />
Pour toute réponse, David lui aboya dessus en imitant le chien, ce qui surprit réellement la jeune femme. David et Etienne partirent d’un grand rire et Cameron fit la moue.<br />
- Allons, Cammy, déstresse un peu ! Regarde ! Nous sommes dans un cadre incroyable, reçus chez une célébrité mondiale comme des rois et tu es entrain de faire une des interviews qui comptera le plus dans ta carrière, si ce n’est la plus importante ! Elle est pas belle la vie ? fit David en tapotant l’épaule de la jeune femme.<br />
Cameron lança un regard à Etienne et leva les yeux au ciel d’un air de dire « Quel gamin ! ». Etienne repartit à rire, « ouais, un véritable petit couple ces deux-là » pensa-t-il.<br />
- Dites-moi les enfants, je pense à quelque chose, là. Vous allez dormir ci mais je n’ai que deux chambres, la mienne et l’autre, fit le vieil homme d’un regard malicieux, ça ne vous dérange pas de dormir ensemble ?<br />
Cameron ouvrit de grands yeux derrière la tasse de café qu’elle était entrain de finir et ne sut que répondre dans un premier temps et plutôt que de bafouiller quelque chose, elle laissa l’initiative de la réponse à David, elle ne fut pas déçue de son choix.<br />
- J’espère que tu ne ronfles pas, Cammy, fit simplement David. Il reçut, comme à chaque fois qu’il la mettait gentiment en boîte de la sorte, un coup de poing rageur dans l’épaule.<br />
- Tu vas dormir à terre, oui ! Cuistre ! siffla Cameron. Etienne, lui, les regardait se chamailler, amusé.<br />
- Tu rigoles ! Les nuits son fraîches dans le désert, je vais m’enrhumer ! Alors qu’ensemble je pourrai mettre mes pieds froids sur tes jambes… en rajouta David.<br />
- Tu rêves éveillé, mon pauvre ami, lâcha simplement la jeune femme.<br />
David éclata de rire suivi d’Etienne, quant à Cameron elle faisait d’énormes efforts afin de ne pas les rejoindre, il fallait qu’elle reste sérieuse, sinon cela casserait son effet. Mais elle ne put pas et bientôt les trois rirent de bon cœur.<br />
- Je ne regrette pas de vous avoir offert l’hospitalité à tous les deux, vous êtes charmants, constata Etienne.<br />
Cameron lança un regard à David qui était entrain de la fixer avec un sourire. Elle fut surprise et s’adressa à Etienne :<br />
- C’est vous qui êtes charmant, Etienne… Célia, même si elle a commencé sa toute jeune vie par un drame et des moments difficiles dans les services sociaux parisiens, elle a eu l’immense chance de vous rencontrer, vous lui avez donné l’amour d’un père et ne serait-ce que ça, c’est irremplaçable ! constata Cameron.<br />
- Oh ! Comme vous me flattez, jeune fille ! répondit Etienne, embarrassé.<br />
- C’est pourtant la vérité ! J’ai hâte que vous me racontiez la jeunesse de Célia, demain. C’est un pan de son histoire moins connu que le reste et je bous d’impatience, fit la journaliste.<br />
- En attendant, au lit ! Qu’en pensez-vous ? annonça le vieil homme.<br />
- Bonne idée, fit David, je suis vanné ! La route depuis Mexico n’a pas été des plus reposantes, je me demande si nous n’aurions pas mieux fait de venir jusqu’ici à dos de cheval en fin de compte !<br />
- Je vous montre votre chambre, fit Etienne en éteignant les lumières de la cuisine et du salon. Les jeunes gens suivirent l’ancien dans les escaliers qui menaient au premier étage de la petite maison. Les deux chambres étaient en enfilade sur la droite des escaliers, Etienne indiqua aux jeunes gens que leur chambre se trouvait derrière la seconde porte, la première abritant la sienne et la dernière porte au fond donnant accès à la salle de bain.<br />
- Tiens, puisque nous allons dormir dans la même pièce, tu ne vois pas d’objection à aller chercher mon sac de voyage, n’est-ce pas ? fit Cameron en se tournant vers David.<br />
- Oui, Maîtresse ! répondit-il simplement en partant au pas de course redescendre les escaliers.<br />
- Je bosse avec un adolescent… soupira la journaliste.<br />
- Il a l’air de beaucoup vous apprécier en attendant, se risqua Etienne appuyé à la rambarde.<br />
- Je vous vois venir, Monsieur Florentin, déclara la jeune femme en fronçant les sourcils, vous jouez les entremetteurs ? David pourrait très bien dormir sur le canapé dans le salon…<br />
- Vous ne me l’avez pas objecté tout à l’heure ! rétorqua-t-il dans un éclat de rire.<br />
Cameron s’était faite avoir comme une bleue et elle ne sut que répondre. Etienne s’approcha d’elle et lui mit la main sur l’épaule.<br />
- Je ne fais que vous rapprocher tous les deux afin que vous puissiez parler sans vous chamailler car si lui est l’adolescent de l’histoire alors vous, vous en êtes l’adolescente ma chère, fit Etienne avec un sourire malicieux.<br />
Cameron sourit au vieux monsieur, elle était battue à plates coutures, la force de l’expérience avait eu raison d’elle pourtant plutôt bonne pour mener des interviews difficiles auprès des politiques, il faut croire qu’Etienne était plus subtil que tous ces hommes politiques qu’elle avait croisé dans sa jeune carrière. David remonta les escaliers quatre à quatre et tendit son sac à Cameron.<br />
- Votre sac, Mademoiselle la Reporter.<br />
- Vous n’aurez qu’à le déposer dans la chambre, mon ami, répondit-elle du tac au tac.<br />
- Les enfants, passez une bonne nuit et à demain ! lança Etienne en ouvrant sa chambre. Il leur fit un signe de main et referma la porte sur lui.<br />
Cameron entra dans la seconde chambre suivie de David, chargé des deux sacs de voyage. A l’image de la maison, le style de la pièce oscillait entre moderne et rustique, les murs étant en bois brut mais les meubles eux, plutôt dans un style moderne avec leur bois laqué noir. La moquette gris souris faisait ressortir le lit dont la couette était blanc cassé et la tête de lit d’un bleu gris qui faisait parfaitement la transition avec les murs marron chocolat du bois vieilli qui les composait. Maintenant qu’ils étaient seuls, David faisait moins le fanfaron, il était même très calme. De l’autre côté, Cameron n’en menait pas plus large, un silence gêné s’étaient installés entre les deux jeunes gens, elle attrapa son sac et s’en fut dans la salle de bain. David soupira, se passa la main dans les cheveux  et resta un moment là, à ne pas savoir quoi faire.<br />
Cameron fixait le miroir qui lui renvoyait l’image d’une jeune fille paniquée. Elle se mit à rire en pensant que ce vieux grigou d’Etienne l’avait bien manipulée.</p>
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