Tais-Toi Donc !

Le Blog de Shotaro

28 février 2010
Toutes les BDs passent par le même commencement : Le scénario. Ecrire un scénario est différent d’écrire une nouvelle, les techniques sont différentes, là où pour une nouvelle le style et la qualité d’écriture entrent énormément en jeu, ils sont (relativement) moins importants pour un scénario. Alors attention, je ne suis pas entrain de vous dire qu’un scénario s’écrit en langage sms/kikoolol/mdr, non, ce que je veux dire ici c’est que le véritable enjeu est de faire passer ses idées et de définir une narration claire où les effets de style purement littéraires sont de moindre importance.
L’Histoire
  • Imaginez bien que des histoires il y en a eu des millions, si ce n’est des milliards déjà écrites que cela soit en BD, en cinéma, en littérature etc. Ainsi avec tout ce passif déjà accumulé on a ce qu’on appelle généralement des clichés ou des poncifs, c’est à dire des idées scénaristiques déjà utilisées à maintes et maintes reprises dans les différents médiums précédemment cités. Ca ne vous interdit pas de les utiliser, mais il faudra y mettre de l’originalité et la jouer subtil si vous souhaitez sortir du lot. Un exemple tout bête issu du jeu vidéo, combien vous demandent d’aller sauver la princesse retenue prisonnière par le gros boss/méchant/sorcier/savant fou ? Voilà, ça c’est un poncif du genre. Il est également usé jusqu’à la corde dans des séries animées du genre de Saint Seiya (Les Chevaliers du Zodiaque) par exemple. Alors évidemment, comme premier bon conseil, ne basez pas votre BD sur ce genre de clichés à moins que vous souhaitiez jouer avec, le détourner, vous en moquer, le caricaturer etc.
  • Dans le cas où vous souhaitez ancrer votre histoire dans un contexte historique particulier (admettons, la seconde guerre mondiale), faites des recherches ! Ca peut paraître une évidence dit comme ça, mais même s’il ne s’agit que d’une toile de fond pour vous, un contexte, pensez que le fait de prendre dans notre exemple la seconde guerre mondiale va attirer des lecteurs ferus de cette période et qu’en conséquence ils maîtrisent méchamment le sujet. Si vous racontez n’importe quoi, vous aurez perdu des lecteurs éventuels bêtement (C’est d’autant plus dommageable lorsqu’il s’agit d’une série de plusieurs tome, ces personnes achèteront le premier mais pas la suite).
  • Un peu dans le même registre, si vous souhaitez raconter une histoire de SF par exemple (mais c’est aussi vrai pour tous les univers), ça ne se fait pas n’importe comment. Ce n’est pas parce que ça se passe dans un futur lointain que vous pourrez faire se passer n’importe quoi dans votre histoire. Toutefois il y a le traitement que vous donnerez à votre histoire, si c’est de l’humour pastiche/potache/absurde c’est différent bien qu’il faille maîtriser le sujet afin d’être efficace dans la caricature. Le geek est une personne tatillonne ! Vous ne lui ferez pas prendre des vessies pour des lanternes. Vous devez donc concevoir un univers cohérent et logique même s’il est totalement absurde vu du présent et par rapport à notre monde. Star Trek est complètement absurde si on le compare avec notre monde d’aujourd’hui, mais il est totalement cohérent et logique avec lui-même.
  • Avant de vous lancer dans des sagas de 40 tomes minimum, essayez de poser un scénario efficace et intéressant dans un nombre de pages moindre. Vous verrez que ce n’est déjà pas évident ne serait-ce que pour avoir une narration rythmée, dynamique et percutante. Je sais d’expérience que les jeunes loups de la BD actuelle élevés au manga fleuve comme One Piece qui trainent sur les forums de dessineux, développent des scénarios prévus en 15, 20, 50 chapitres même ! C’est à mon avis absurde à moins d’avoir une idée précise de l’histoire dans ses moindres détails (ce qui est rarement le cas). Faites vos classes sur des one shot, de 50, 100 pages maximum dans un premier temps (même moins d’ailleurs) et apprenez, augmentez votre expérience, prenez de la bouteille et développez votre sens narratif.
Les Protagonistes

Parce que l’histoire va reposer sur ses protagonistes, vous devez apporter un soin tout particulier à les créer. Ce sont eux qui vont permettre à vos lecteurs de s’identifier et de s’imerger dans l’histoire aussi il est important de leur développer une épaisseur, une profondeur, un caractère.

  • Le héros. Alors bien sûr la tentation est grande de faire de notre héros un personnage ultime : Puissant, intelligent, fort, astucieux et en plus de ça, beau. Ouais… La tentation est grande mais c’est chiant Very Happy .C’est chiant parce qu’on va vite se rendre compte qu’il n’aura jamais de difficultés réelles, qu’il s’en sortira toujours, qu’il ne sera jamais en danger et.. et… Pfff ! Voilà quoi ! Je suppose que vous avez compris, c’est le genre de premier de la classe qui se faisait rosser par les petites frappes au collège et qui était bien vu des professeurs. Y a plus fun comme héros, non ? La définition du héros ce n’est pas celui qui réussit tout, c’est celui qui dépasse les difficultés pour réussir (Relisez cette phrase, vous verrez qu’il y a une nuance qui fait toute la différence ^^). Et ces difficultés peuvent être multiples qu’elles soient extérieures à lui (l’environnement par exemple) ou intérieures (Une vieille blessures morale qui le tourmente), ne faites pas de héros lisse, c’est chiant Very Happy .
  • Le Méchant. Eh bien c’est exactement la même chose que pour le héros, si, si. Il doit être aussi charismatique et aussi peu lisse que lui. Bah oui, parce qu’un méchant qui est juste méchant parce que c’est le méchant, bah c’est chiant (ouais je sais ^^). La seule chose qui différencie vraiment le méchant du héros ce sont les motivations. Le héros est motivé par la défense de la veuce et l’orphelin, la préservation de son environnement (pas d’écologie ici, je parle de son monde) alors que le méchant, lui à des motivations plus discutables d’un point de vue éthique. Prenons l’exemple de Magneto chez les X-Men, c’est un méchant certes, mais il a des motivations toutes aussi valables que le professeur Xavier. Xavier pense qu’une solution pacifique est envisageable pour que les mutants et les humains puissent vivre ensemble alors que Magneto est convaincu du contraire et en conséquence de quoi il veut établir la dominance des mutants afin d’arrêter d’être chassé et méprisé.
  • Les compagnons/Les Faire-Valoirs. Ils sont là pour donner un coup de main au héros (ou au méchant, chacun à ses compagnons) et peuvent parfois être d’une aide précieuse voir décisive pour la victoire. Ils sont là pour combler les éventuelles faiblesses de leur mentor dans un domaine qu’il ne maîtrise pas (Le mécano, l’expert en informatique etc.). Ils sont là en renfort, en soutien, en conseil etc. même si la confrontation finale se passera entre le héros et le méchant. Ils permettent de multiplier les points de vue sur l’histoire, de donner des informations complémentaires, d’expliquer des choses de manière plus naturelle au fil du récit etc.
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