Tais-Toi Donc !

Le Blog de Shotaro

9 février 2010
Salut !

L’histoire de Morgan est une sorte de spin-off de mon roman principal ‘Célia, Le Jour où La Magie s’éveilla’. J’ai écrit l’histoire du jeune Morgan quand j’avais transposé l’univers de Célia dans un forum de RPG, c’était le personnage que je jouais et cela explique également l’écriture particulière de ce texte avec les caractères gras, les pensées des personnages encadrées par des étoiles etc. Ainsi, Morgan évolue dans le même univers que celui décrit dans ‘Célia’ mais 10 ans après. C’est un écrit inachevé et qui ne le restera certainement , autant être clair. Peut-être pourrais-je intégrer son histoire dans le roman principal ? Mais j’en doute. Voici la troisième et dernière partie :

Morgan se mêla à la cinquantaine de personnes qui attendaient, dont un groupe d’une quinzaine d’enfants de son âge qui devait partir pour un voyage quelconque. Il se demanda si ces gosses ne seraient pas son pass pour monter dans le train. Les billets devaient être en possession de l’adulte qui s’occupaient d’eux, et dans la cohue des gamins surexcités à l’idée de partir, il devait pouvoir passer sous le nez des policiers. Eh oui, des crédits avaient été débloqués il y a huit ans pour développer de nouvelles brigades au sein de la Police du Rail, chargées de contrôler les montées dans les véhicules ferroviaires, ils étaient armés comme tous policiers normaux, ces brigades ressemblaient comme deux gouttes d’eau aux brigades de policiers classiques. Morgan avisait les gens qui l’entouraient pour savoir grâce à qui il pourrait monter dans le train et il semblait clair que le groupe de gosses turbulents semblait la meilleure solution. Imperceptiblement, il chercha à se rapprocher de ce groupe, il ne fallait pas qu’il soit à la traine.

C’est à ce moment qu’il eut cette sensation. Comme lorsqu’il signait et cristallisait sa Magie, mais c’était différent, plus diffus, mais pas moins puissant pour autant, comme une sorte de bruit de fond. C’était légèrement oppressant, impressionnant plutôt, impressionnant au sens premier du terme, ça le gavait littéralement d’impressions, même s’il n’aurait pas su les décrire exactement. Il chercha des yeux autour de lui ce qui pourrait être à l’origine de son malaise, mais rien ne lui laissa penser que quelquechose ou quelqu’un pouvait en être à l’origine. Morgan s’éloigna du groupe de personne et la sensation qui l’envahissait diminua trés rapidement alors qu’il n’était pas à plus d’un mètre des premières personnes, puis, il se rapprocha à nouveau du groupe et aussitôt la sensation revint. Morgan était perplexe, que se passait-il? Un Magicien? Un Magicien dans cette petite foule? Il n’avait jamais rencontré d’autre Magicien jusque là. Plus il y réfléchissait et plus Morgan était convaincu que la sensation qu’il ressentait était dûe à un Magicien noyé dans cette foule.

Les policiers du rail ouvrirent les barrières et commencèrent à effectuer leurs contrôles pour l’accès au train. Morgan se rapprocha du petit groupes d’enfants et attendit un noeud dans l’estomac de pouvoir s’engouffrer dans la brêche qu’il souhaitait. L’adulte qui s’occupait du groupe s’avança vers un des policiers et présenta les titres de transport puis bientôt laissa passer le groupe. Morgan les suivit de prés, et au moment où il allait passer la barrière, il sentit une main se poser sur son épaule et entendit :

« - Bonjour Messieurs! Dites-moi, mon petit frère ici présent a perdu son billet, comment peut-on faire pour que cette tête d’ahuri puisse monter dans le train avec moi? »
Morgan leva les yeux vers le jeune homme qui le tenait par l’épaule, les yeux ronds comme des soucoupes, il n’eut même pas le réflexe de se dégager. Le plus gradé des policiers s’avança vers eux :

« - Venez par ici, on va voir ce qu’on peut faire…

- Ah merci Sergent! A cet âge-là les enfants sont vraiment peu soigneux! Je suppose qu’on ne pourra pas se faire rembourser le ticket de train perdu?
- Ah non, là je crois que vous en êtes de votre poche. »

Se tournant vers Morgan, le jeune homme poursuivit :

« - T’en feras jamais d’autres, toi! Depuis que Maman est à l’hôpital tu ne fais que des bêtises! Allé! Donne donc ta carte d’identité au sergent!

- Vous allez à Paris? demanda le Sergent.

- Oui, notre mère est hospitalisée à l’hôpital Georges Pompidou, elle expérimente un nouveau traitement contre le cancer à l’Institut National du Cancer…

- Oh ben c’est pas trés drôle tout ça…

- Oh vous savez Sergent, son cancer a été dépisté à temps, on a bon espoir qu’elle s’en sorte.
- Ben j’vous l’souhaite! »

Morgan restait interdit, il ne savait pas quoi faire, s’il se sauvait il mettait son projet en péril ainsi que ce jeune homme qui était entrain de l’aider. Celui-ci se tourna alors de nouveau vers lui :
- Eh ben alors? T’as quand même pas perdu ta carte d’identité avec? Si??

- Euh… Non, non… » bredouilla Morgan, il fouilla dans son blouson et extirpa son portefeuille et donna sa carte d’identité au jeune homme

- Ah ben quand même! Le jeune homme tendit la carte au sergent.
- Bruno Le Menn… et la petite tête en l’air… Yvonnick Le Menn… Bien! Je vous établis donc un titre de transport pour Paris. »

Le sergent pianota les deux noms sur son ordinateur portable et consulta le fichier des personnes recherchées ainsi que celui des ‘Spéciaux’ recherchés, sa requête ne retourna rien. Morgan récupéra sa carte d’identité et constata qu’en effet, dessus il s’appelait dorénavant Yvonnick Le Menn, mais ce nom s’effaçait peu à peu et il pouvait distinguer son vrai nom apparaître en dessous.

- Range-moi ça! Un ticket de train ça suffit, alors ne va pas perdre ta carte d’identité pour couronner le tout!

Morgan s’exécuta sans rien dire. Le jeune homme, aprés avoir payé le billet, attrapa Morgan par la main et l’entraîna vers le train. Ils arrivèrent à hauteur de leur wagon, grimpèrent dedans puis après un troc avec d’autres voyageurs pour obtenir des places côte à côte, ils s’installèrent et attendirent le départ du train.

Morgan était silencieux, il n’osait même pas regarder le jeune homme à côté de lui. De son côté, le jeune homme mince, au visage anguleux, les cheveux d’un noir profond et les yeux marrons, regardait droit devant lui sans dire un mot.

Le TGV avait quitté la gare depuis dix minutes maintenant, et les deux garçons ne s’étaient pas encore adressés la parole. Le jeune homme regardait toujours devant lui, le regard fixe, absent. Ses mains formaient des signes avec une grande agilité.
**C’est pas possible? Il est entrain de faire de la magie avec tous les gens qui nous entoure!! Il est fou! On va avoir des ennuis à ce train là!**

‘- Merci pour… » commença Morgan, mais l’autre lui intima le silence avec un « Chut! ».

Morgan s’éxecuta et baissa la tête.

**Gast! Où je m’embarque déjà? Ca fait trois heures que je suis libre et j’ai déjà des ennuis, enfin non, ce ne sont pas des ennuis, mais c’est une situation bizarre quand même… Mais qu’est-ce qu’il fabrique??**

Morgan sentit une élévation de l’énergie magique de son compagnon quand celui-ci relâcha son sort, ses signes terminés, seulement, il ne remarqua rien de changé, qu’avait-il bien pu faire? C’est à ce moment que le jeune homme prit la parole :
« - Je m’appelle Sylvain Borisek, je suis comme tu t’en doute quelqu’un comme toi, un Magicien comme ils disent de manière polie. Et toi tu t’appelle Morgan n’est-ce pas?

- Mais?

- Comment je le sais? Sylvain eut un petit rire. J’ai modifié ta carte d’identité, non?
- Ah oui c’est vrai… Merci d’ailleurs, je ne sais pas comment j’aurais pu monter à bord sans votre aide.

- Pas de « vous » s’il te plait, tu peux me tutoyer. C’est normal de s’entraider, on ne peut pas dire qu’on soit trés populaire vis-à-vis des normaux hein?

- Non… Ils ne nous aiment pas beaucoup… Mais dites-moi… Euh… Dis-moi, qu’as-tu fais avec tes signes? »

Pour seule réponse, Sylvain se mit à chanter à tue-tête la comptine « Une souris verte », puis à hurler comme un damné. Morgan ouvrit des yeux ronds et regarda autour de lui s’attendant à voir réagir les gens, mais il n’en fut rien. Chacun vacquait aux occupations que l’on trouve quand on prend le train, lire, écouter de la musique, discuter etc…
« -Tu comprends? »

Morgan acquiesca de la tête, il n’aurait pas pu répondre, il était soufflé, ce Magicien avait-il envoûté toutes les personnes du wagon? Sylvain le regardait amusé et répondit à ses questions :

« - J’ai créé une bulle qui nous isole du reste du train. Pour les autres nous faisons comme tout le monde, nous discutons, nous lisons etc… Bref! On sera tranquille pour discuter ces prochaines quatre heures…

- Wow! T’as l’air d’avoir un sacré pouvoir! Moi je serais incapable de faire tout ça!

- Que tu dis mon jeune ami, que tu dis…

- Quoi? Tu veux dire que je pourrais faire tout ça?

- Pas maintenant c’est un fait, mais sache que nous autres Magiciens ne sommes pas cantonnés à notre pouvoir principal. Disons que le pouvoir qui se manifeste le premier est l’aptitude naturelle, mais La Magie est en nous et avec de l’entrainement on peut faire ce qu’on veut ou presque, il faut trouver les bons moyens… »
Morgan était abasourdi par ces révélations, il avait bien constater qu’avec le temps il était capable de soulever des objets de plus en plus lourds sans se faire mal, mais de là à faire tout à fait autre chose il était surpris, d’ailleurs en y réfléchissant, il n’avait jamais pensé qu’il en était capable. Il y a quelques mois il avait tenté de soulever un lourd rocher en forêt, il avait signé cinq minutes durant et lâché son sort, il avait bien cru que sa tête allait exploser, il avait eu un mal fou a contrôler l’energie magique qui s’élevait en lui, elle grimpait, elle grimpait et un mal de tête aigu montait en puissance au fur et à mesure que l’énergie magique le quittait pour aller agir sur le rocher. Celui-ci avait légèrement bouger avant que Morgan n’arrête son sort, il dut y mettre une conviction énorme puis il tomba à genoux, terrassé par son mal de tête, un goût métallique dans la bouche.

« - Alors? C’est quoi ton aptitude principale?

- Moi? Eh bien je suis capable de soulever des objets par la force de la pensée en signant.

- Ah! Tu es un Signeur tout comme moi. Mais dis-moi qu’est-ce qu’un gamin de ton age fait monté dans un train illégalement en direction de Paris?

- Euh… Je rentre chez mon père, j’étais chez mes grands-parents là…

- Ah oui d’accord… Et tu n’as pas d’argent pour te payer le billet… » dit Sylvain sur un ton ironique.
Morgan baissa de nouveau la tête, mal à l’aise. Sylvain reprit avec un sourire :
« - Tinquiète! Je m’en fiche en fait, tu vis ta vie, je ne suis pas flic…

- Ok… Et toi alors? Qu’est-ce que t’es capable de faire? Parce que d’aprés ce que j’ai vu jusqu’à maintenant, t’as l’air drôlement puissant!

- Oh tu sais, je suis encore un petit Magicien moi aussi, j’expérimente, je cherche, j’évolue… Je peux générer des illusions comme tu as pu le voir par toi même, créer des bulles illusoires plus complexes comme celle-ci. et bien d’autres choses… »

A priori, Sylvain ne souhaitait pas trop en dire sur l’étendue de ses capacités, mais le simple fait de savoir que les possibilités étaient plus grandes que ce qu’il avait cru jusqu’à maintenant, mettait du baume au coeur de Morgan.

« - Dis, tu pourrais m’apprendre à développer d’autres techniques?
- Eh bien, en réalité il n’y a pas vrament de technique, il faut comprendre ta Magie, être à son écoute en quelque sorte… Chacun d’entre nous aborde sa Magie différemment, tout ceci réside dans la manière que chacun réfléchit, modélise, signe etc.. Les cheminements de pensée sont trés importants dans ce processus et nous pensons tous différemment, notamment les Magiciens. Ne t’attends tout de même pas à devenir aussi puissant que moi demain, tout ceci est long et demande un apprentissage et un développement psychologique important afin de maîtriser le flux de magie… Tu comprends ce que je veux dire? »

Morgan n’était pas sûr de réellement comprendre ce dont parlait Sylvain, mais il était néanmoins décidé à essayer de faire évoluer sa Magie.

Les deux garçons parlèrent ainsi tout le long du voyage, Morgan réussit même à générer quelques étincelles grâce aux conseils de Sylvain, mais cela l’avait laminé et ce fichu mal de tête l’avait repris. Bientôt, le train arrivait en vue de la gare Montparnasse et de la capitale. Morgan allait débarquer à Paris avec la vie devant lui et de nouvelles ambitions, il était un Magicien et il deviendrait l’un des plus puissants et on écoute toujours les puissants. Il pourrait peut-être faire changer les choses et les comportements…

Le train arriva en gare Montparnasse. Morgan avait le coeur serré, lorsqu’il descendrait du train il se retrouverait face à lui-même, seul dans la grande ville. Sylvain forma quelques brefs signes et se pencha vers Morgan :
« - Fais attention à ce que tu fais et dis, dorénavant la bulle n’est plus. »
Morgan acquiesça. Sylvain se leva et commença à réunir ses affaires, le train ralentissait de plus en plus, dans peu de temps il s’immobiliserait à son terminus. Morgan quant à lui attrapa son sac à dos et le posa sur ses genoux. Des personnes étaient déjà debout dans le couloir prêtes à descendre, ça avait toujours amusé Morgan cette réaction, si les portes du train n’étaient pas fermées, il était sûr que certaines d’entr’elles sauteraient sur le quai en manquant de se rompre le cou pour gagner trente secondes. Sylvain lui, restait assis, calme. Le train s’immobilisa enfin et on entendit le Pshiiiii!! caractéristique du déverrouillage pneumatique des portes. Les gens à la queue-leuleu commencèrent à descendre de la rame., c’est à ce moment que Sylvain se leva et attendit que quelqu’un le laisse dégager de sa place. Morgan se leva lui aussi.
Ils descendirent du train et sur le quai Sylvain tendit la main en direction de Morgan :
« - Eh bien Morgan, je te souhaite bonne chance dans ta nouvelle vie et ravi d’avoir passer ces quatre heures avec toi!

- Ma nouvelle vie? Mais que…

- Hop! Je ne veux pas en savoir plus! Tu fais ce que tu as à faire, tu m’as l’air d’un petit gars avec la tête sur les épaules et je n’ai pas à juger de la vie que tu souhaites mener. Je sais parfaitement par quoi tu es passé, la vie n’est pas facile pour des gens comme nous. J’espère sincèrement que tu t’en sortiras. »

Morgan serra la main de Sylvain et il se retrouva avec quelquechose dans la main. Il baissa les yeux pour voir de quoi il s’agissait et trouva un papier pliés en quatre qui semblait contenir quelquechose. Il releva la tête vers Sylvain mais à sa grande surprise il avait disparu. Morgan regarda autour de lui mais ne le vit pas.

** Bizarre ce type quand même….**

Morgan entreprit de regarder ce qu’i se trouvait dans le papier et le déplia. A sa grande surprise il découvrit cinq billet de 50 Euros et sur le papier un mot griffonné :

Si tu ne sais pas où dormir, tu trouveras de l’aide à cette adresse :
Hotel Le Petit Excelsior
3 rue de la parcheminerie
75005 Paris
Ils nous connaissent…

Morgan resta songeur devant ce mot de Sylvain mais quelque part il le rassurait franchement, si jamais il était vraiment en galère, il saurait toujours où aller. En relevant la tête il s’aperçut qu’il était le seul sur le quai, les centaines de personnes qui étaient descendues du train étaient allées se précipiter dans les bouches de métro et couraient certainement vers leur prochain train où partout ailleurs dans cette grande ville. Il se dirigea vers la gare et s’enquit des choix qui s’offraient à lui en consultant les panneaux. La gare était un rien lugubre malgré l’agitation qui y régnait. Elle était entièrement façonnée en béton et poutrelles métalliques ce qui la rendait froide et distante. Sur les panneaux on pouvait se diriger vers plusieurs moyens de transport comme le bus, le métro ou le R.E.R., ou alors sortir tout simplement.

Morgan décida de sortir pour découvrir cette ville connue dans le monde entier mais que lui n’avait jamais foulée. Il se retrouva bientôt sur une place entourée d’arrêts de bus, au pied de la tour du même nom que la gare et du quartier : La Tour Mont-parnasse.

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