_Après ce reportage, voyons la situation internationale, car ces phénomènes encore inexpliqués ne sont pas une situation purement française. Ainsi a-t-on pu observer des manifestations similaires un peu partout sur la planète : Europe, États-Unis, Chine, Japon, Australie, Inde, Moyen Orient, aucun grand pays et même des nations plus petites, personne n’a été épargné, Eddy Schuman…
_Une tornade sur New York, voilà qui est hautement improbable, certains diront même impossible, pourtant, c’est bien une tornade qui a sévit au cœur de la Grosse Pomme. Selon les forces de police, elle est née vers les quatre heures du matin dans la quatre-vingt-seizième rue, à proximité de Central Park. Le sergent Gilmore patrouillait dans ce coin et a été témoin de la scène :
_Tout était calme, et tout à coup, le vent s’est mis à se lever et à souffler de plus en plus fort. Mon collègue David me dit que le vent tournoie et en effet en observant les papiers et différents débris on s’est rendus compte qu’ils tournoyaient de plus en plus vite et David me dit ‘Tu sais quoi ? Ça ressemble à une tornade, un twister !’ Je lui ai dit qu’il délirait et le vent continuait à augmenter en intensité et on était drôlement secoués dans la voiture. Les débris qui étaient entraînés étaient de plus en plus gros et puis la trombe s’est formée. On a démarré vite fait pour s’éloigner de ce monstre. Et de loin on a vu les vitres des immeubles voler en éclats, des voitures être happées et faire la grande danse ! On a même failli s’en prendre une sur la figure ! Et puis hop ! C’était fini ! Plus rien, juste le bruit des débris les plus légers qui finissaient leur course sur le sol… Incroyable ! Plus rien ! Plus de tornade, pfft ! Disparue !
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Le silence qui suivit le discours de la présentatrice laissa Étienne abasourdit. Ce qu’il venait de voir était tout simplement extraordinaire, non pas les scoops habituels que la télévision avait l’habitude de déverser en les présentant « extraordinaires », non, cette fois ces événement sortaient réellement de l’ordinaire et tenaient de l’impossible physiquement parlant. Le libraire était tellement choqué qu’il tenait encore son bras tendu, la télécommande dans la main de longues secondes après avoir éteint le poste de télévision. Les journalistes spéculaient quant à savoir le pourquoi du comment de tels évènements, ils se demandaient même si des gens ne seraient pas à l’origine de tout ce désordre planétaire et lui, lui le jeune libraire plutôt renfermé il savait. Il connaissait même une de ces personnes et c’était une petite fille de sept ans aux cheveux blonds magnifiques et au regard si profond. Ce petit ange avait fait poussé un arbre énorme sur la place saint-sulpice…
Étienne se demanda si Célia allait bien. Il but une gorgée de whisky et le liquide brûlant dévalant le long de son œsophage le rasséréna un peu. Même s’il ne le savait pas encore son destin allait basculer radicalement ce jour-là. Il se leva et alla s’attabler au PC trônant sur le bureau adosser au mur de gauche à côté de l’entrée. Il surfa pendant plus de deux heures sur l’Internet sur les sites d’information continue et les articles, les reportages fleurissaient en temps réel sous ses yeux. Qu’importait la nationalité des sites qu’il visitait, les gros titres ne traitait que de ces évènements. Des gamins qui lévitent, déplacent des objets sans les toucher, génèrent de la lumière ou du feu spontanément et bien d’autres prodiges. C’est alors que l’évidence éclata dans son esprit, pas un site n’avait encore relevé cet état de fait ni même y consacré un article. Il compulsa à nouveau quelques articles au hasard et un peu partout sur la planète et cela confirma ce qu’il avait remarqué, tous ces phénomènes n’étaient générés que par des enfants, pas un adulte n’était mis en cause. Le plus vieux des gamins qu’il releva dans la multitude d’article avait quinze ans. Étienne continua un bon moment à vérifier l’âge des protagonistes dans les différentes dépêches postées sur ces sites quand celui-ci était indiqué et cela confirma ce qu’il avait remarqué, pas d’adultes, que des enfants ou des adolescents.
Le libraire se laissa choir sur le dossier de son siège et resta là un bon moment à réfléchir, à intégrer tout ce qu’il avait appris. C’était sans précédent, si ces gamins gardaient ces facultés hors normes et rien ne laissait penser que ça ne serait pas le cas, la face du monde allait changer radicalement, il y aurait désormais ceux capables de prodiges et ceux en étant incapables. Il savait déjà que les jours, les semaines et les mois prochains allaient être mouvementés que cela soit d’un point de vue social, politique et même économique, c’était tellement énorme qu’il n’arrivait pas à appréhender à quel point ce bouleversement bousculerait la planète dans son ensemble. Étienne jeta un œil à sa montre, il était près d’une heure du matin. Il se rendit compte qu’il avait faim, il n’avait rien mangé depuis la glace qu’il avait partagé avec la petite Célia plus tôt dans la journée. Il se dirigea vers la cuisine américaine pour se sustenter. En passant à côté du fauteuil il eut l’idée d’attraper la télécommande afin d’allumer la télévision mais se ravisa, son esprit était déjà totalement monopolisé par toute cette pagaille, il était inutile d’en rajouter, le silence lui serait de meilleur conseil et salvateur pour la réflexion. Il passa derrière le bar et ouvrit le réfrigérateur, attrapa un plat préparé et le jeta littéralement dans le four micro-onde. Il mit l’engin en route sans vraiment s’attarder sur le temps qu’il aurait idéalement fallu pour le réchauffer, de la même manière, il le sortit sans attendre que le cycle de réchauffage ne soit arrivé à terme. Plus Étienne réfléchissait à tous ces évènements, plus ses pensées se focalisaient sur Célia. Des gamins généraient du feu, flottaient dans les airs et la petite blonde qu’il connaissait, elle, faisait pousser les plantes. Il aimait cette idée, cette gamine devait toucher sa fibre écologique, un arbre n’est pas dangereux après tout ! A part peut-être quand il trône en plein milieu d’une ville comme Paris. Il se demandait où les services sociaux avaient bien pu emmener cette étrange petite fille qui avait vraiment eu une emprise étrange sur lui, non pas pour le prodige qu’elle semblait capable de réaliser mais pour le coup de foudre qui semblait s’être produit entre ces deux-là. Tout à coup, Étienne sentit une angoisse monter à l’idée qu’il ne reverrait certainement jamais cette petite fille avec qui il partageait quelque chose. Il n’aurait pas su définir exactement ce qui les rapprochait, était-ce le fait qu’ils étaient orphelins tous les deux, ou encore le fait que ce soit lui qui la récupéra près de l’arbre de la place Saint-Sulpice ou avoir partagé cette glace ? Étienne secoua la tête comme pour chasser ces pensées absurdes, il tenta de se convaincre que cette drôle de sensation qu’il éprouvait pour cette gamine était née de la situation exceptionnelle dans laquelle il l’avait rencontrée. Il avait à peine touché son plat et entrepris d’aller se coucher en se disant que la nuit porte conseil et qu’il y verrait plus clair le lendemain matin.

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