Tais-Toi Donc !

Le Blog de Shotaro

4 février 2010
Salut !

L’histoire de Morgan est une sorte de spin-off de mon roman principal ‘Célia, Le Jour où La Magie s’éveilla’. J’ai écrit l’histoire du jeune Morgan quand j’avais transposé l’univers de Célia dans un forum de RPG, c’était le personnage que je jouais et cela explique également l’écriture particulière de ce texte avec les caractères gras, les pensées des personnages encadrées par des étoiles etc. Ainsi, Morgan évolue dans le même univers que celui décrit dans ‘Célia’ mais 10 ans après. C’est un écrit inachevé et qui ne le restera certainement , autant être clair. Peut-être pourrais-je intégrer son histoire dans le roman principal ? Mais j’en doute. Voici la seconde partie :

A l’intérieur, il fouilla dans ses poches et en tira un trousseau de clefs, il monta les trois étages quatre à quatre et à peine la porte d’entrée de chez lui ouverte il s’y engouffra et la referma immédiatement derrière lui, Il n’avait pas envie de tomber sur la vieille Le Vouedec leur voisine. Morgan se dirigea dans le salon et s’effondra dans le canapé, abasourdi. C’était ici et maintenant que son avnir allait se jouer, soit il attendait le retour de sa mère et accepterait l’énorme engueulade (il n’y avait pas d’autre mot) qui l’attendait, soit il préparait son sac et en route pour l’aventure (Ce n’était pas spécialement une partie de plaisir qui s’annonçait pour autant), il avait son destin en main et à quatorze ans, c’est trés lourd à porter…

Morgan se tenait dans l’embrasure de la porte et observait sa chambre. Au fond se trouvait son lit qui ressemblait plus à un champ de bataille, ses draps et couvertures étalés de manière anarchique, il ne faisait pas son lit et sa mère ne s’en occupait pas davantage. A côté il y avait son bureau sur lequel régnait un désordre tout aussi anarchqiue, des livres de cours se battaient âprement pour trouver une place au milieu de la dizaine de crayons et stylos, de feuilles volantes et de l’ordinateur sans âge que son père avait récupéré auprés d’un de ses collègues de travail. Morgan ne pouvait pas faire grand chose avec, l’évolution galopante de l’informatique l’avait rendu obsolète depuis bien longtemps. Sur la chaise était entassées plusieurs couches de vêtements, de temps en temps sa mère venait les récupérer afin de les laver mais il avait le droit à une sévère réflexion au cours du repas du soir. Ce n’était pas pour autant qu’il emmenait régulièrement son linge sale dans le panier prévu à cet effet dans la salle de bain, Morgan ne souhaitait pas énerver sa mère, il n’y pensait tout simplement pas et croyait que nombre de garçons de son âge avaient le même comportement, seulement les relations avec leur famille devait être un peu meilleures que celles qu’il entretenait avec ses parents.

Il attrapa le grand sac à dos qui tranait sous son lit et l’ouvrit sur sa chaise de bureau. Il entreprit ensuite de le remplir avec les affaires qui étaient rangées dans la grande armoire contre le mur opposé de celui du bureau, puis il tria les affaires entassées sur la chaise et enfourna dans le sac celles qu’il souhaitait emmener avec lui. Il farfouillé dans les couverture sur son lit afin de retrouver le vieux walkman qu’il possédait, il devait d’ailleurs être le dernier gosse sur Terre à écouter sa musique sur un baladeur à cassette. Il lui était même devenu trés difficile de trouver des cassettes vierges dans les magasins, aujourd’hui c’était le tout numérique et les baladeurs à disque dur étaient devenus la norme. Il le laissa tomber dans le sac et y jeta presque tout de suite le chargeur pour les piles. Morgan avisa la chambre et chercha ce qu’il avait pu oublier. Son regard s’arrêta sur son bureau ou presque caché par le désordre, trônait une photo de ses parents. Elle avait plus de dix ans cette photo, il n’avait pas quatre ans, ils étaient heureux à l’époque… C’était avant qu’il soit capable de ces choses. Il prit la photo et la rangea dans une poche latérale de son sac, aprés tout, lui les aimait ses parents, même si la réciproque n’était peut-être pas vraie, c’était en tout cas ce qu’il ressentait…

Morgan se rendit à la cuisine et fit la razzia sur tous types de gâteaux secs, sucrés, salés peu importe, il avait conscience qu’il ne remangerait pas un bon repas chaud avant un moment. Il remplit son sac de ses victuailles et le jeta sur son épaule, se dirigea vers l’entrée et attrapa une bouteille d’eau au passage dans le pack qui y était rangé. Au moment ou il allait serrer la poignée et sortir il s’arrêta net. Il y avait du monde sur le palier! C’était la vieille Le Vouedec qui était en pleine discussion. En jetant un oeil dans le judas, Morgan vit que la vieille voisine entretenait le facteur. Cette bonne femme recevait un nombre incroyable de colis, à croire qu’elle commandait dans tous les magasines de vente par correspondance, le facteur montait lui livrer ses paquets tous les jours. Morgan avait toujours connu le facteur sur le palier, jamais la vieille ne l’avait invité à boire un café chez elle pour le remercier de sa peine. Cela dit, le café ne devait pas être une boisson trés prisée chez la Le Vouedec, la bouteille de rouge y avait trés certainement volé la place., même à neuf heures du matin. L’aprés-midi la vieille faisait une longue sieste devant les séries à l’eau de rose qu’elle ne manquait pour rien au monde, bref! Elle cuvait en regardant la télé.

Et elle causait, elle causait!

** Mais laisse-le donc continuer sa tournée vieille folle!!**

Morgan trépignait intérieurement, si ça continuait, il allait se retrouver entre deux feux, impossible de sortir et sa mère pouvait rentrer à tout moment. Il retourna s’asseoir dans le canapé, il pouvait entendre le babillage de la vieille Le Vouedec de là. Bizarrement, il était plutôt calme, il n’appréhendait pas ce qu’il était sur le point de faire : Fuguer. Eh oui! Il allait fuguer, quitter Lorient, ses parents, le collège, cet abruti de Dugast et vivre sa vie. Il pensait monter à la capitale. Paris! Une grande ville, quoi de mieux qu’une grande ville pour s’y cacher et surtout pour y passer inaperçu? Car il avait le secret espoir que ses parents allait tout faire pour le retrouver, ça le mettait d’ailleurs mal à l’aise. Ils seraient certainement effondrés de voir que leur petit garçon avait disparu, il espérait que tel serait le cas, ça le rassurerait de se rendre compte qu’aprés tout, ils l’aimaient.

Il se rendit compte en sortant de ses réflexions que le palier semblait être redevenu calme, il se leva et alla regarder par le judas et s’aperçut que la vieille était rentrée et que le facteur n’était plus là non plus et reparti à sa distribution de courrier. Morgan attrapa son sac, le jeta sur son épaule, ouvrit précocioneusement la porte pour lui éviter de grincer, la referma tout aussi délicatement et commença à descendre les escaliers pas à pas.

Arrivé dans l’entrée, il posa la main sur la poignée de la lourde porte vitrée en fer et eut un moment d’hésitation, imperceptible, mais qui était là quand même. Il l’ouvrit et se retrouva sur le trottoir. Il ne sut quelle direction prendre, c’était ça la liberté. Il pouvait aller où bon lui semblait et bêtement, lui, il ne savait pas.

Il décida de partir dans la direction d’où il était venu pour éviter de croiser sa mère qui devait être sur le chemin du retour. Madame Le Gallo avait dû brosser un beau portrait de Morgan, le tout bien emprunt de la haine qu’elle nourrissait pour les Magiciens. Ostensiblement, Morgan se dirigeait vers la gare.

En arrivant devant la gare, Morgan se rendit compte qu’il avait, dans sa hâte, totalement oublié de prendre de l’argent. Il ne devait pas avoir plus de 10 euros en poche, ça allait être dur de payer un billet jusqu’à Paris avec une somme si dérisoire. Il ne voyait qu’une solution, faire le passager clandestin. Il entra dans la gare et leva les yeux vers le panneau d’affichage annonçant les trains en partance. Il repéra un TGV qui faisait la liaison directe pour Paris et qui partait à 9h30, seulement il déchanta vite en consultant sa montre, il était 9h40.
**Gast! Je l’ai loupé de rien! Si seulement cette vieille bique de Le Vouedec avait fermé son grand clapet sans emmerder le facteur avec ses histoires!!**

Le prochain train en direction de Paris partait à 11h43, mais il n’était pas direct, il passait par Nantes. C’était d’abord un trajet en train Corail puis la correspondance en TGV. Cela n’allait déjà pas être facile, mais si en plus il fallait changer de train! C’était au dessus des forces de Morgan. Il chercha alors le prochain TGV direct pour Paris et il y en avait un qui partait à 11h59 et arrivait à la gare Montparnasse à 16h1O. C’était celui-là qu’il allait prendre, mais échapper aux contrôleurs pendant plus de quatre heures n’allait pas se faire sans mal, ça risquait même de tourner en sport de haut niveau. Mais avant toute chose, sa première difficulté serait de monter à bord. Depuis presque dix ans une loi avait été votée par le gouvernement qui renforçait sensiblement la sécurité pour l’accès aux lieux publics ainsi qu’aux transports comme le train ou l’avion.

La loi était passée comme une lettre à la poste, en effet, un gamin avait fichu un bazar pas possible à l’Hôtel Matignon, il y avait eu des blessés et le jeune, lui, avait été abattu. C’était un jeune Réciteur qui voulait s’en prendre au premier ministre de l’époque. Cette esclandre avait donné des idées à d’autres Magiciens, ainsi avait-on vu fleurir nombre d’attaques terroristes contre les représentants de l’Etat ou ses institutions. Morgan se souvenait mal de cette époque, il n’avait que cinq ans à l’époque, mais il en avait tellement entendu parler par la suite qu’il connaissait bien le sujet. C’est également à cette époque qu’avait été mis en place une politique de regroupement des Magiciens dans des villes dédiées, le gouvernement souhaitait pouvoir contrôler ses concitoyens hors normes. Ce n’étaient pas véritablement des prisons ou des camps, cela ressemblait plus à ces villes de retraités hypersécurisées comme on en trouve aux Etats-Unis ou dans le sud de la France, sauf que là, on sécurisait surtout les gens normaux.

Morgan se dirigea vers les quais et alla s’asseoir sur un banc, faisant mine d’attendre un train, qui s’étonnerait d’un garçon assis dans une gare avec un sac à dos à ses pieds? Il attendait forcément son train. Il ouvrit son sac et farfouilla aprés un paquet de gâteaux sec et en mangea quelques-uns, but une gorgée d’eau et resta là, impassible, patient, calme, absent même. La pluie avait cessé, le ciel restait lourd et chargé, d’un gris profond variant légèrement en fonction de l’épaisseur de la couche de nuages qui défilait au-dessus de sa tête. Ce qui l’entourait lui semblait hyperréaliste, les couleurs humides ressortaient de manière saturée sous ce ciel de plomb. Il était 1Oh15. Cette fichue montre n’avançait pas!

Aprés avoir fait les cents pas plus d’une fois un peu partout dans la gare et ses alentours, en prenant bien soin de ne pas se faire remarquer, Morgan entra une énième fois dans la gare pour enfin, tenter de monter à bord du TGV qui le conduirait à Paris, il était 11h40. Il y avait déjà du monde qui attendait sur le quai devant les barrières qui en condamnait l’accès. En effet pour lutter contre les différents attentats menés par les Magiciens dissidents hostiles à la discrimination des spéciaux, servie par le laxisme calculé du pouvoir en place, l’accès aux trains n’était plus libre comme on avait pu le connaître avant l’Eveil de La Magie. Désormais, il fallait montrer patte blanche et avoir un ticket en bonne et due forme pour pouvoir grimper à bord des wagons. Les réservations étaient obligatoires sur tous les trains et bien entendu, également à bord des TGV.

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