Les journalistes grimpèrent dans la camionnette entourée d’enfants fascinés par ce drôle de véhicule affublé d’une antenne sur le toit et même si les adultes étaient restés à l’écart, leur curiosité n’en était pas moins grande.
- Tu me rappelleras de ne plus prendre une régie mobile pour venir faire un reportage chez les ploucs… soupira Cameron.
- Je te trouve injuste avec ces gens, ils sont peut-être un peu rustres mais après tout ce sont des gens de la terre, de quel droit les traites-tu de ploucs ? Et puis, ce n’était pas ton idée de venir par la route plutôt que de prendre l’avion ? Rétorqua David.
- Oui, oui ! Allé ! Roule ! Mon dos réclame le doux massage de la piste !
David éclata de rire et mit le contact. Le véhicule démarra et se dirigea vers le nord comme Pedro le barman leur avait indiqué. Le jeune caméraman mit le compteur journalier à zéro et prit sa vitesse de croisière. Cameron resta muette un bon moment regardant le paysage désertique défiler par la fenêtre alors que David lui, se concentrait sur la route afin de ne pas fracturer les essieux dans les trous parsemant la piste.
- Je crois que ça va être intéressant cette interview. Finit-elle par lâcher.
- Peut-être… M’enfin, on la connait l’histoire de Célia, les médias en ont assez parlé ces dernières décennies, elle n’est pas devenue la Magicienne de légende par hasard… remarqua David.
- C’est bien là tout l’intérêt de la chose justement ! Fit la jeune femme.
- Comment ça ?
- Eh bien, tu serais capable de démêler la vérité de la légende, toi ? Demanda Cameron en mimant les guillemets sur le mot « légende ».
- Ah ! Ca je dois bien avouer que non…
- Etienne Florentin est bien le seul à pouvoir nous raconter la vérité vraie sur la vie de Célia Meyer. Après tout qui mieux que son père le pourrait ? Dit-elle.
- Son père adoptif ! Précisa David.
- Ouais ! Adoptif, d’accord ! Mais il l’a adoptée, elle devait avoir six ou sept ans !
- C’est vrai… Tiens je crois qu’on arrive, on a fait onze kilomètres depuis Negra Agua et il y a une ferme là-bas, sur la droite…
- Eh ben ! C’est pas trop tôt ! S’écria Cameron en s’étirant et se massant les reins, on ne peut pas dire qu’il est facile à joindre ce Florentin ! J’ai le dos en vrac ! Et dire qu’on va devoir se farcir le chemin de retour…
- Le Pulitzer vaut bien quelques sacrifices, mademoiselle la reporter! Nargua David.
Il ne reçut pour toute réponse qu’un coup de poing rageur sur l’épaule. La régie mobile tourna dans le chemin qui menait droit à une vieille fermette poussiéreuse devant laquelle était garé un pick-up tout aussi poussiéreux.
Alors que l’équipe de journalistes arrivait à hauteur du 4×4 pour se garer, la porte de la ferme s’ouvrit et laissa apparaître un vieil homme qui malgré son âge était encore de fort belle stature. Il était grand, les cheveux blancs et de petites lunettes rondes vissées sur le nez. Il resta sur la petite terrasse en bois, les mains dans les poches de son pantalon de toile marron, attendant simplement ses visiteurs. Cameron sauta en bas de la camionnette et fut surprise par la chaleur ambiante. David la rejoignit chargé de deux flight cases ou se trouvait une partie de son matériel de prise de vue et ensemble ils se dirigèrent vers l’homme qui les attendait en les observant avec bonhomie. A peine en bas des marches qui menaient à la petite terrasse, Cameron se présenta et lui demanda s’il était bien la personne qu’ils cherchaient. Etienne Florentin acquiesça et serra la main de la jeune femme arrivée à sa hauteur ainsi que celle du jeune caméraman qui les avait rejoints.
« - Vous avez l’air d’avoir chaud mes pauvres amis, venez donc à l’intérieur, il y fait bien meilleur. Fit le vieil homme en les invitant à entrer.
Cameron entra la première à l’intérieur de la petite bicoque et fut surprise de ce qu’elle y trouva. Elle s’attendait à voir un décor poussiéreux et à l’hygiène très relative comme ce fut le cas de la cantina qu’ils avaient quittée une heure plus tôt mais elle se trouvait dans une pièce impeccable au mobilier moderne. Au fond de la pièce se trouvait une cuisine entièrement équipée disposée à l’américaine dont l’ambiance qui s’en dégageait donnait l’impression que le propriétaire devait aimer cuisiner. Sur la gauche, le côté salon était meublé de confortables fauteuils en cuir devant une petite table en verre sur laquelle traînaient quelques journaux mexicains et accrochée au mur, un écran plat de jolie taille encadré de chaque côté de tableaux représentant les paysages environnants. Enfin, sur la droite trônait une table massive en bois laqué noir entourée par six chaises dans le même style et sur laquelle Cameron remarqua une fine pellicule de poussière et derrière encore, un escalier menant au premier.
- Je suppose que vous devez mourir de soif après toute cette route, mes amis, demanda Etienne.
- Nous nous sommes arrêtés à Negra Agua en venant et nous avons visité la cantina de l’endroit, fit Cameron.
- Oh… Répondit le vieil homme, c’est… Rustique, n’est-ce pas ?
Cameron éclata de rire et acquiesça au jugement d’Etienne. Ceci finit de détendre l’atmosphère même si ce n’était pas véritablement tendu, il y avait une certaine appréhension des deux côtés.
- Alors comme ça, vous voulez que je vous raconte mon histoire ? Fit Etienne en se dirigeant vers la cuisine, mais asseyez-vous, je vous en prie ! Quant à vous jeune homme, posez donc tout votre fatras au pied de la table.
Cameron s’assit au bord d’un des deux gros fauteuils en cuir noir et regarda autour d’elle. Dans un coin, sur une petite table en osier trônaient devant une lampe de bureau bon marché reconvertie comme lampe d’appoint une série de photos représentant pour la plupart d’entr’elles Etienne et Célia à différents âges, tout sourire. Sur certaines, d’autres personnes prenaient la pause avec le père et la fille, qui un natif américain, qui un asiatique et tout ceci témoignaient de la vie trépidante et des nombreux voyages qu’avaient faits Célia et son père, voyages souvent contraints et forcés à l’époque. A ce moment Etienne revint de la cuisine avec un plateau contenant une carafe et trois verres qu’il posa sur la petite table de salon.
- De la citronnade ! J’ai beau avoir plus que quatre-vingt six ans j’adore toujours autant ça, comme lorsque j’étais gamin, annonça Etienne, et elle est faite maison avec les citrons du jardin, finit-il en désignant du pouce l’arrière de la maison.
Etienne servit ses invités et tendit à chacun un grand verre de boisson glacée, il se servit en dernier puis s’assit dans l’autre fauteuil. David avait eu la délicatesse, remarqua Cameron de s’asseoir sur le petit pouf devant la télévision et de laisser ainsi leur hôte bénéficier d’une assise confortable. Après avoir goûté la citronnade et félicité Etienne, Cameron attaqua doucement la discussion pour laquelle elle avait traversé la moitié des Etats-Unis et du Mexique :
« - Vous êtes un homme difficile à joindre, Monsieur Florentin…
- Disons que j’aspire aujourd’hui à une certaine tranquillité, voyez-vous ? répondit Etienne.
- Oui, je peux le comprendre après la vie plus que mouvementée que vous avez eue, acquiesça la journaliste.
- Mais dites-moi, mademoiselle, qu’attendez-vous de moi exactement ? Dans vos mails ainsi qu’au téléphone vous m’avez dit vouloir faire un reportage sur moi, mais que voulez-vous savoir, exactement ? Notre histoire à Célia et moi a été maintes et maintes fois rapportée ici et là…
- Eh bien, Monsieur Florentin vous avez raison, votre histoire a été contée dans tous les journaux télévisés au fur et à mesure qu’elle se déroulait, condensée dans une multitude de livres mais ce qui m’intéresse, moi, c’est de l’entendre de votre bouche, de savoir et de comprendre comment tout ceci est arrivé. Avoir un tableau complet et précis en commençant à l’origine de tout ceci, ce fameux jour de 2024 et plus encore, qui mieux que vous qui avez vécu tout ceci au plus près pourra me raconter cette aventure en détails ? Exposa Cameron.
- Comment allez-vous exploiter tout ça ? C’est l’histoire de toute une vie que vous me demandez là, nous parlons des soixante dernières années, ce n’est pas rien !
- En effet. Nous souhaitons, ma chaîne et moi, réaliser une série de documentaires relatant les faits qui ont émaillés votre vie ainsi que celle de Célia. Et d’un point de vue personnel, j’aimerais fixer tout ceci dans un livre au travers, si cela est nécessaire, de plusieurs tomes, être au plus près de la réalité et au fait de ce qui s’est réellement passé. Fit Cameron en se penchant pour attraper son verre de citronnade.
David lui, s’était levé et vérifiait si le voyage mouvementé qu’elles avaient subis n’avait pas endommagé les cameras qu’ils avaient amené en vue de faire l’interview. A première vue tout avait l’air en bon état, il se saisit d’une batterie longue durée d’une main, attrapa sa camera numérique professionnelle de l’autre, y inséra l’objet et appuya sur le bouton power. La caméra s’alluma, l’objectif tourna lentement pour effectuer la mise au point et bientôt le petit écran LCD pivotant fit apparaître une image. Alors que Cameron était entrain d’essayer de convaincre le vieil homme, David sortit chercher le reste du matériel, il savait que la petite Hattaway était en bonne voie de remporter la partie. L’honorable patriarche n’avait d’ailleurs pas l’air contre l’idée que lui avait soumise la journaliste, autant commencer à monter le nécessaire pour l’éclairage, le son et tout ce qui permettrait de faire un bon et beau documentaire.
Chargé de flight cases de différentes tailles, David entra de nouveau dans la fermette et découvrit Etienne et Cameron devisant gaiement. Cameron avait le chic pour savoir comment mettre quelqu’un dans sa poche et surtout, ce qu’appréciait encore plus David, c’est qu’elle le faisait d’une jolie manière, pas d’égoïsme, pas de cynisme dans sa méthode, elle restait naturelle, tout simplement.
- Eh bien dites-moi, David, c’est votre prénom, n’est-ce-pas ? Vous avez amené la moitié des studios de CNN avec vous ! S’enquit Etienne.
- Ah ! Monsieur, si nous souhaitons faire quelque chose de bien, nous devons y mettre les formes, je vais nous concocter un bel éclairage, un son rond et soyeux et régler les caméras pour restituer une superbe image !
- Eh bien ! Tout ça pour moi ! S’étonna-t-il.
- Vous êtes aussi célèbre qu’une star d’Hollywood, même plus peut-être ! Votre renommée est mondiale ! Répondit le jeune homme avec un sourire.
- Dites-moi, jeunes gens, nous sommes déjà bien avancés dans l’après-midi et je pense que vous allez en avoir pour un petit moment à tout installer mon jeune ami, que pensez-vous de dîner avec moi ce soir ? De plus, j’aurais mauvaise conscience de vous faire aller dormir à la cantina de Negra Agua, j’ai remarqué que mademoiselle Hattaway n’était pas spécialement attirée par le charme rustique de l’endroit alors pourquoi ne pas dormir ici ?
A l’allusion de la cantina David éclata de rire, Cameron lui lançait un regard noir.
- Monsieur, on peut dire que vous avez mis dans le mille ! Pouffa le caméraman, mais nous ne voudrions en aucun cas vous déranger plus que nous ne le faisons déjà…
- En aucun cas, Monsieur ! Coupa Cameron.
- Allons, allons, si je vous le propose c’est que cela me fait plaisir et puis même si j’apprécie la solitude, faire à manger et deviser avec d’autres personnes que les habitués de la cantina comme Ramon ou Pedro me fera le plus grand bien ! Insista Etienne.
Cameron interrogea David du regard mais ce dernier répondit directement à Etienne :
« - Nous acceptons avec grand plaisir, monsieur Florentin. Cameron n’osera pas vous le dire mais elle ne pouvait pas rêver meilleure proposition de votre part, elle est, comme beaucoup d’autres, une grande fan de ce qu’a accompli votre fille et vivre un moment à vos côtés ne pouvait pas lui faire plus plaisir. Répondit David.
- Eh ! Mais tais-toi ! Bavard ! Je ne suis pas une groupie ! Je suis une journaliste qui veut faire son job ! S’indigna Cameron.
Etienne partit d’un grand rire et fit remarquer que ces deux là agissaient comme un véritable petit couple ce qui mit les deux jeunes gens dans l’embarras. Quand il s’en aperçut, Etienne rit de plus belle.
- Je vais vous préparer un bon petit repas typiquement mexicain, vous pouvez vous installer au bar mademoiselle Cameron, nous pourrons continuer notre discussion, quant à vous David, eh bien transformez mon salon en studio de télévision, nous allons la faire cette interview ! fit-il en regardant Cameron sur ces derniers mots.
Cameron, une invitée polie ramena le plateau à la citronnade sur le bar et finit son verre, c’est vrai qu’elle était bonne sa boisson ! Etienne commençait à s’affairer dans la cuisine en préparant ses ustensiles et autres récipients puis il s’arrêta, jeta un œil à sa montre et vint se planter devant la jeune femme afin de débarrasser le plateau en proposant :
« - Dites-moi, il est plus de 18h30 et nous sommes déjà en retard sur l’heure mexicaine pour prendre un apéritif, qu’est-ce-que je vous sers, mademoiselle Cameron ?
- Je vous en prie, monsieur Florentin, appelez-moi Cameron simplement et je prendrai la même chose que vous, s’il vous plaît.
- Bien ! Mais à une condition, appelez-moi Etienne et je vais me servir un whisky, vous êtes toujours sûre de me suivre ?
- Tout-à-fait !
- Vous êtes surprenante, jeune fille, fit Etienne en riant.
Il partit au fond de la cuisine en quête de l’apéritif et Cameron l’observait en silence. Ce vieux bonhomme de quatre-vingt-six ans se portait comme un charme, il était alerte, l’œil vif et rieur, on lui aurait donné une vingtaine d’année de moins. Il portait encore superbement son bon mètre quatre-vingt, sa carrure emplissait sans peine ses vêtements, il ne ressemblait pas aux vieux hommes qu’avait déjà pu croiser Cameron dans sa vie, souvent décharnés et, peut-être un jugement sévère, mais oui, souvent décati aussi. Elle avait en face d’elle un homme très solide qui ne paraissait pas être aussi vieux qu’il l’annonçait, dégageant un charme qui ne laissait pas la journaliste indifférente, non pas qu’elle fut amoureuse du vieil homme, loin de là, mais elle avait le sentiment qu’elle pourrait facilement se lier d’amitié avec lui. Alors qu’elle venait de le rencontrer, Cameron était persuadée qu’Etienne était un homme simple et gentil, elle le sentait au plus profond d’elle-même et ne disait-on pas que la première impression est souvent la bonne ?
- Dites-moi, Etienne ? Je ne suis pas la première à vouloir faire ce genre de reportage ou de sujet sur votre histoire, hors vous n’avez jamais accepté. Pourquoi l’avoir fait cette fois ?
Etienne revenait avec trois verres et une bouteille de Jack Daniels vers le bar, il sourit à Cameron et répondit :
- Disons que vous me plaisez bien les petits jeunes et puis vous ressemblez à ma fille aussi…
- Je ressemble à Célia ? Mais ? Elle est aussi blonde que je suis brune ! S’exclama Cameron.
- Oh je ne parle pas de votre physique, par ailleurs très agréable, Cameron, fit Etienne en se rapprochant de la journaliste par-dessus le bar, vous vous ressemblez plutôt à ce niveau, précisa-t-il en faisant quelques signes avec les doigts.
Cameron écarquilla les yeux et se tourna vivement du côté du salon où David était entrain d’installer un projecteur, totalement absorbé dans sa tâche. Baissant la voix, elle reprit :
- Mais ? Comment savez-vous ?
- J’ai vécu soixante ans avec une Magicienne, Miss, j’ai appris à les sentir, à les ressentir même ! Répondit le vieil homme la voix basse, quel est votre capacité ?
Cameron resta interloquée, fixant Etienne, hébétée. D’un autre côté, s’il y a bien quelqu’un qui pouvait la démasquer aussi vite, c’était bien lui.
- Je… J’émets de la lumière… Pour faire simple je n’ai pas vraiment besoin de lampe torche quand je suis plongée dans le noir… fit-elle avec un sourire gêné.
- Il ne le sait pas, n’est-ce pas ? demanda Etienne en jetant un regard vers David.
- Non, et j’apprécierai que…
- Aucun problème, Cameron, le coupa-t-il, puis se tournant vers David, Dites-moi David, êtes-vous partant pour un petit verre avant le repas ?
- C’est pas de refus, monsieur !
- Laissez tomber les monsieur et votre projecteur mon jeune ami et joignez-vous à nous !
Etienne et les deux journalistes devisèrent de tout et de rien, parlant de l’évolution du monde depuis l’apparition des Magiciens sur Terre. Le repas fut bientôt prêt et ils passèrent à table tout en continuant à discuter comme de vieux amis. Cameron était épatée, elle pensait devoir batailler pour obtenir des informations et décider le célèbre Etienne Florentin à lui accorder son interview, au lieu de ça, tout se passait à merveille, ils étaient accueillis comme des princes dans cette région reculée du Mexique et s’apprêtaient à faire un sujet exceptionnel avec l’entière collaboration de la personne concernée. Cameron insista pour aider Etienne à faire la vaisselle, ce qui donna le temps à David de terminer la mise en place de son petit plateau de télévision. L’éclairage était fait, les caméras prêtes à fonctionner, les micros réglés comme il se doit, il ne manquait plus que les deux acteurs : Etienne et Cameron.
Etienne, de lui-même, alla s’asseoir à la place qui lui était réservée sur le plateau et regarda les deux jeunes gens :
- On commence ? Je sais que vous en mourrez d’impatience, Cameron, fit-il avec un grand sourire.
Cameron se précipita sur le plateau improvisé et s’assit vivement dans le second fauteuil, son bloc-notes en main, relu quelques instants ses indications et son chemin-de-fer qui l’aiderait à structurer le déroulement de l’interview, puis elle interrogea David du regard. Il lui fit signe que tout était prêt.
- Bien ! Nous allons commencer, Etienne, si vous le voulez bien, fit Cameron.
David lança les caméras et fit signe à Cameron que c’était quand elle voulait.
- Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, bonjour ! Je me trouve aujourd’hui dans un petit village du Mexique où je suis venue interviewer quelqu’un qui se fait rare dans les médias et pourtant vous le connaissez tous, c’est en effet une star planétaire, Monsieur Florentin, bonjour.
- Bonjour, mademoiselle Hattaway, fit simplement Etienne.
- Monsieur Florentin, nous sommes aujourd’hui chez vous où vous nous avez gentiment invités et ce pour nous permettre de raconter aux téléspectateurs votre vie aux côtés de votre fille, Célia Meyer. Une vie qui tient plus d’une véritable aventure avec de multiples rebondissements, non ?
- Ah ! Disons qu’il s’en est passé des choses, c’est sûr, je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer !
- Je vous propose d’entrer tout de suite dans le vif du sujet et pour faire simple, de commencer par le début de toute l’histoire. Il est de notoriété publique que vous êtes le père adoptif de Célia Meyer, pourriez-vous nous raconter votre rencontre ?

.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.